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4.0 étoiles sur 5
Pas seulement noise, 2 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Noise (DVD)
Ce film résulte d'une carte blanche accordée au cinéaste Olivier Assayas lors du festival Art rock de Saint-Brieuc en 2005. D'une durée de 115', il contient des captations d'extraits de concerts, sans commentaire ni entretien avec les artistes. Seul le nom de l'artiste (ou du groupe et sa composition) est affiché au début de chaque séquence.
Le film débute par un beau morceau interprété au oud avec virtuosité par Alla ; assez atypique par rapport à ce qui suivra, même si nous explorerons des voies diverses. Car, contrairement à ce pourrait laisser supposer le titre pris au pied de la lettre, ce film ne contient pas que du bruit.
Suivent deux prestations très intéressantes. La première, par Le début de l'A (Pascal Rambert & Kate Moran) consiste en une lecture à deux voix de "Les débuts de l'A" accompagnée par la guitare électrique de Alexandre Meyer. Beau.
La seconde, par le duo White Tahina, est un mélange de sons saturés et d'une base rythmique électro par Vincent Epplay sur lequel Joana Preiss (que je connaissais comme
actrice) pose joliment sa voix en allemand. Je pense alors au post-punk électro du début des années 80.
Vient un des gros morceaux du film : 20 minutes avec
Text Of Light, c'est-à-dire deux des membres de
Sonic Youth Lee Ranaldo et Steve Shelley avec d'autres musiciens (Alan Licht, Ulrich Krieger et Tim Barnes), qui rappelle les expérimentations du groupe sur son propre label SYR ou dans le cadre d'autres collaborations, telle celle avec Mats Gustafssons sur "Hidros 3" en 2004, puisqu'un saxophoniste est ici présent. Mais le morceau ici joué est plus bruitiste et "speedé".
Le film évite le crescendo noisy (il est vrai qu'on pouvait difficilement aller plus loin que ce qui précède) puisqu'arrive
Jeanne Balibar pour trois chansons, à la fois dandy et en apparence déjantée, accompagnée notamment à la guitare par Rodolphe Burger, qui a composé son album "Paramour" de 2003 (le seul sorti lors de ce concert). Avec d'une certaine façon un esprit punk : « je ne sais pas chanter mais je chante quand même », comme Kim Gordon qu'on entendra plus loin. Même s'il passe par moments quelque chose, là ne réside pas le plus intéressant du film.
Un duo de blues malien
Afel Bocoum, composé de Alpha Ousmane Sankaré et Mamadou Ousmane Kelly, interprète également trois morceaux qui ont un peu de difficulté à s'intégrer dans l'ensemble des prestations malgré leurs qualités. Leurs guitares évoquent le son d'Ali Farka Touré.
Entre ensuite en scène
Marie Modiano. Je ne la connaissais que de nom (ce n'est pas mon univers), mais j'ai été séduit tant par sa chanson que par son charme sensuel. Un des beaux moments du film, malgré sa brièveté.
On retourne dans le rock avec quatre morceaux de Metric, groupe qu'Olivier Assayas m'avait fait découvrir dans son film "
Clean" en 2004 (alors que leur
premier album n'était pas sorti en France) avec le morceau "Dead disco" qui y était joué en public, mais qu'on ne retrouve pas ici (mais dans le deuxième complément dont j'évoquerai le contenu plus loin). Metric a un intérêt limité hormis par moments le timbre de voix de Emily Haines et quelques morceaux efficaces (par exemple le pré-cité et "Front row" sur l'album de 2009). Mais reconnaissons au groupe ses qualités scéniques.
Et on entre à nouveau (après Text of light) dans le vif du sujet ("Noise") avec Mirror/Dash (alias Kim Gordon et Thurston Moore de Sonic Youth), la tête d'affiche du DVD : 35 minutes et trois morceaux expérimentaux et improvisés. Kim Gordon "chante" parfois (ou pose sa voix), mais je me serais contenté de la musique.
Pourvu qu'on soit ouvert à ce type de performance, ce spectacle est passionnant. Avec la performance de Text of light, c'est ce que j'espérais trouver sur ce DVD.
Le film se termine avec 2 minutes de Door (Jim O'Rourke qui fut pendant quelques années membre "supplémentaire" - puisqu'il ne remplaçait personne - de Sonic Youth) pendant le générique de fin.
Si, parfois, lors de concerts filmés, l'image distrait de la musique, elle aide au contraire ici à rester concentré sur les morceaux les plus bruitistes et expérimentaux, par définition les plus difficiles à suivre, et qui sont aussi les plus longs.
En complément, deux films. Le premier, expérimental, a été réalisé par Olivier Assayas et Luc Barnier pour accompagner la performance de Mirror/Dash en fonds de scène. Il dure donc 35 minutes. Olivier Assayas avait déjà collaboré avec Sonic Youth qui avaient composé la musique de son film "
Demonlover".
Le second, réalisé par Léo Hinstin et Olivier Torrès, est consacré au groupe Metric, sur scène (à Saint-Brieuc) et backstage. Est présent le morceau "Dead disco", dans une version déchaînée et longue de 7'40.
(Commentaire de Krik, posté sur amazon.fr le 02/09/10)
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