Aucun ouvrage français ne s'était attaqué à fond à la question de la possibilité de l'emploi par les rédacteurs originaux du nom propre de Dieu dans le NT. Didier Fontaine pose les questions qu'il fallait poser, et qu'on se refusait à envisager faute de preuves. Mais, une faute de preuve n'est pas une excuse valable pour se fermer des pans entiers d'exégèse. Didier Fontaine engage donc une enquête exégétique qui envisage la question de la Divinité dans le NT d'une manière inédite mais fondée, et qui permet de relativiser bien des dogmes et doxas en vigueur dans le monde des religions ou même dans le monde scientifique. Et qui met au jour des preuves indirectes mais sérieuses qui suffisent à démontrer la nécessité d'une nouvelle perception de la question. L'ouvrage intéressera donc tous ceux qui sont soucieux de mettre en lumière les aspects les plus lacunaires de l'exégèse néotestamentaire. Une idée fondamentale peut aussi être retenue de cette recherche : se contenter des manuscrits que l'on a n'est pas une position indéfendable, ni même satisfaisante. Il n'est pas question de foi fanatique, de manque d'objectivité (à ce niveau on peut taxer n'importe qui de manque d'objectivité, les scientifiques profanes sont athées, les théologiens sont croyants, les Témoins de Jéhovah sont sectaires ... absurde), mais de quête d'une vérité au delà des lacunes d'un texte biblique dont la validité reste relative par rapport au message originel autographe. Je mets 5 étoiles, non pour le caractère absolument fondamental de l'ouvrage (quiconque n'a pas lu la Bible ferait bien de commencer par la lire), mais pour sa nouveauté exégétique, le sérieux des argumentations, et sa valeur heuristique.