L'excellent "Nikita" de Besson est ici revu à la sauce américaine ou, plus exactement, hollywoodienne. Le résultat est d'une indigence rarement vue au cinéma, à tel point que Besson lui-même, écoeuré, a préféré tourner son film suivant, "Léon", aux Etats-Unis et en langue anglaise pour ne pas risquer un massacre semblable. Bridget Fonda a plus l'allure d'une sale gamine que d'une véritable délinquante haineuse et déterminée, et l'esthétisme bourrin appliqué ici ne correspond pas du tout au thème central du film, à savoir le mal de vivre. Gabriel Byrne, Harvey Keitel et Miguel Ferrer sont excellents mais cela ne suffit pas à rehausser le niveau de ce navet décérébré aux allures de téléfilm, qui a donné lieu, aux Etats-Unis, à une série télé encore plus désespérément débile.
Et quand on pense que c'est à John Badham, le réalisateur entre autres de "La Fièvre du Samedi soir" et de "Wargames" que l'on doit ce modèle de cinéma torché... Ca ne s'arrange vraiment pas outre-Atlantique.