Encore encadré par son vieux complice de toujours, Steve Nieve, mais dès lors engagé dans une relation amoureuse à plus d'un titre décisive avec Diana Krall, Elvis Costello, après avoir soldé les comptes d'une jeunesse tumultueuse et exploré pas mal d'impasses artistiques, retrouve enfin sa voie en se réinventant crooner. Et c'est magnifique. Les compositions ont su se faire plus directes que jamais, plus généreuses aussi (un art de la simplicité que le bonhomme semblait avoir perdu depuis longtemps), et l'érudition musicale du Sinatra en herbe, pour une fois, n'étouffe pas le projet avant qu'il ait pu voir le jour. Rien ici de forcé, de boursouflé, ni de démonstratif : mais tout semble couler de source avec une rare élégance, une profonde science de la chose musicale, et le puissant romantisme de l'ensemble s'avère finalement aussi apaisant que doucement galvanisant. North, donc, ou l'album de la maturité et d'une forme de sérénité radiante jusque là inconnue du chanteur. Une collection de chansons superbes à marquer en tout cas d'une pierre blanche.