En fait, "Not Of This Earth" n'est pas la premiere oeuvre discographique de Joe Satriani. Joe avait sorti en 1984 un EP intitulé "Joe Satriani", épuisé depuis quelques années mais dont les titres sont disponibles sur la compil "Time Machine". En 1986 sort donc le premier véritable album du "Satch" comme on le surnomme, et force est de constater que pour un premier essai, c'est excellent. Le style si particulier de ce guitariste de San Francisco se détâche déjà et on reconnaît à la première écoute ce qui a fait le succès de ses albums suivants, à savoir une extraordinaire fluidité dans le jeu (on entend toutes les notes), une dextérité et une technicité hors du commun et une bonne dose de feeling, ce qui le place nettement au-dessus des autres guitar-heroes. L'émotion est omniprésente dans la musique de Satriani, écoutez-donc Rubina (chanson écrite pour sa femme Rubina) pour vous en persuader. Les solos ne manquent pas sur cet album puisque pour ceux qui ne le sauraient pas, la musique de Joe est totalement instrumentale (mis à part sur le fabuleux album "Flying In A Blue Dream", son meilleur), ce qui peut dérouter l'auditeur, surtout à la première écoute de cet album quelque peu instrumental. Alternant entre expérimentations funky sur "The Snake", ambiance pesante sur "Hordes Of Locusts", bande originale de film sur "Driving At Night" (ou comme souvent chez Joe le titre de la chanson reflète vraiment son contenu, écoutez, vous verrez...), ou encore country-blues-rodéo-un-peu-fou sur "The Headless Horseman" qui clôt l'album, Satriani pousse encore plus loin la révolution de la six-cordes amorcée par Hendrix et prolongée par Jeff Beck, Eddie Van Halen et consorts. Les seuls défauts sur cet album sont la production qui n'est pas encore digne du maître ainsi que la trop grande place accordée à la boîte à rythmes. Mais au final, "Not Of This Earth" reste un vrai régal musical, même si le meilleur reste à venir.