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On comprendra encore mieux à travers cet album combien l'impact de Youssou'N'Dour reste inégalé sur le champ de la world music. L'artiste sénégalais, qui s'était signalé dès le début des années 90, comme un créateur ne connaissant pas les limites de genres, continue de produire une musique ethnique riche de mille mélanges. Et les langues qu'il chante dans "Nothing's in Vain" en sont l'illustration parfaite. Tantôt le français ("La femme est l'avenir de l'amour" avec les churs des Nubians et une rythmique enthousiaste) tantôt l'anglais ("So Many Men", "Africa Dream Again", des titres composées avec Pascal Obispo) ou le wolof ("Genné", "C'est l'Amour", malgré son titre). Avec ce mot d'amour qui domine ce message d'espoir qu'est l'album, dont le titre ("Rien n'est en vain") affiche le propos. Pourtant, ici et là, passe un voile de désillusion, comme cette sublime adaptation de la chanson d'Aragon et Brassens "Il n'y a pas d'amour heureux". Youssou'N'Dour trouve mieux que personne le bon équilibre entre ses emprunts aux cultures occidentales et le souffle vital de l'Afrique ("Mbëggéél Noonu La", "Li Ma Weesu"), mêlant les instruments des continents et les voix des pays. La frappe instinctive de Manu Katché répond au tama ("tambour parlant" sénégalais) d'Assane Thiam. Par-dessus flotte la voix exceptionnelle de cet artiste précieux.
--José Ruiz
Critique
Célébrer le retour à l’acoustique et aux racines africaines dans
Nothing In Vain n’offre qu’un panorama incomplet, à ce qui reste toutefois comme un album majeur du Sénégalais.
Certes, le chanteur a souhaité la cohabitation de musiciens traditionnels – et c’est toujours un délice de surprendre, comme ici, ce chant lové autour de la kora - , aux côtés de son propre groupe, et de l’habituelle brigade internationale (le claviériste Jean-Philippe Rykiel, et l’ami de toujours Manu Katché, à la batterie). Évidemment, N’Dour renonce ici à ces textes en anglais, d’une totale ingénuité frôlant le scolaire (à deux exceptions près), préférant son wolof natal, ou, encore plus radical, le répertoire français de haute tenue, lorsqu’il interprète le
« Il n’Y A Pas d’Amour Heureux » de Louis Aragon, mis en musique par Georges Brassens.
La présence de Pascal Obispo (producteur, et compositeur de plusieurs chansons, et d’un duo), tire néanmoins l’ensemble vers un formatage occidental, balisé, et convenable. La satisfaction des sessions reste naturellement le chant de N’Dour, qu’on n’avait pas entendu aussi souple et lumineux depuis longtemps. De là à évaluer qu’il appartient aux très rares artistes aptes à chanter l’annuaire…
Même situé dans un espace récréatif, ce disque reste une étape plus que séduisante du Dakarois.
Nothing In Vain (Coono du réér) atteignit dans son édition américaine la sixième position des classements de vente de musique du monde.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story