Plus jeune, j'avais pas mal d'½illères (curieusement positionnées sur mes oreilles), et je faisais une confiance aveugle à ma Bible d'alors, les Inrockuptibles, pour m'indiquer quelle musique était de bon goût ou non. Depuis, les choses ont changé : les Inrocks sont devenus nuls, mes gouts se sont affirmés, mes ½illères ont disparu, mes oreilles se sont développées et je me suis mis en tête de rattraper le gâchis de mon adolescence, non pas en avouant à des tas de filles que je les aimais passionnément en secret, mais en m'intéressant à des groupes que j'avais laissé de côté avec un air dédaigneux sans leur laisser la moindre chance. Ce qui est marrant, c'est que la plupart du temps, j'avais bien fait.
Alors non, malgré tous mes efforts et ma bonne volonté, je n'aime pas vraiment Jane's Addiction. J'ai acheté leurs disques, après avoir lu un article dithyrambique à leur sujet dans Noise Mag, parce qu'ils n'étaient pas chers et pour combler mes lacunes mais le rock alternatif du début des années 90 n'est décidément pas ma tasse de thé. Le chant criard, les guitares hurlantes, les solos virtuoses, le son immense me déplaisent et ce malgré la conviction indéniable des musiciens et du chanteur. Je peux être temporairement séduit par la furie communicative de ce disque ou par quelques mélodies, mais dans l'ensemble l'emballage et le clinquant de ce hard-rock revisité me rebute trop et je n'arrive pas à m'y intéresser vraiment. C'est à mon sens très lourd, braillard, fier à bras et m'as-tu vu. Indigeste.
Dans ce genre de musique, c'est j'imagine sans peine à peu près ce qui se fait de mieux. On peut en conclure que je n'aime pas ce genre de musique.
Alexis Bidault, 06/01/2012