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Commentaires client les plus utiles
25 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Genre : lettre persane,
Par Athanase (Orléans) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nous, on n'aime pas lire (Broché)
Mme Danièle Sallenave a participé en 2007-2008 à l'opération "A l'école des écrivains - Des mots partagés" lancée dans le cadre du plan "ambition réussite" par le ministère de l'éducation. Cette opération est renouvelée en 2008-2009 auprès de 50 collèges. De retour à Paris, Mme Sallenave rend compte à Gallimard de ses trois visites au collège de la Marquisanne à Toulon. Dois-je avouer que je suis resté sur ma faim ? Son livre est certes un hommage appuyé à l'Ecole et à ses maîtres. On n'en attendait pas moins d'une Normalienne. Mme Sallenave à appris « à quel point la société a besoin de ses professeurs ». C'est la dernière phrase. Jules Ferry le disait sans doute déjà. Mme Sallenave découvre que les jeunes des banlieues aiment le foot, la Star Ac et « la thune ». Tant mieux pour elle, il n'est jamais trop tard pour apprendre mais est-ce une information ou le énième cliché sur les quartiers (« difficiles ») vus des (« beaux ») quartiers ? Au termes des 157 pages de Nous on n'aime pas lire - titre repris in extenso d'un livre de Marie-Aude Murail paru en 1996 sur le même sujet, toujours en vente et que je vous recommande - on n'en sait malheureusement guère plus sur ce qui se joue réellement aujourd'hui au collège ni sur ce qui s'est réellement passé entre elle et les élèves. Elle leur a donné à lire "une pièce de théâtre" qu'elle avait "écrite il y a près de vingt ans, parce que c'est un texte relativement bref, et aussi parce qu'elle met en scène des adolescents, des adolescents d'un autre temps", en espérant que les adolescents de ce temps-ci auraient "envie à leur tour d'écrire des dialogues". "Ce qu'ils ont fait", produisant in fine "une grosse brochure de quatre-vingts pages". Ces précisions données en page 17, le reste du livre est un "carnet de voyage" car Mme Sallenave revient "d'un pays lointain, un collège, un pays où ne vont pas beaucoup les écrivains en général" (p. 18). Bref, Mme Sallenave a inventé l'animation d'auteur en ZEP et en est revenue saine et sauve, ce qui lui vaut d'avoir une tribune pour en parler avec Mme Savigneau dans Le Monde (édition du 31 janvier 2009, p. 22) sur l'air de « tout fout l'camp, ma pauv' dame », la lecture, les Belles Lettres et le reste. Mme Sallenave oublie simplement de dire que tous les jours, depuis des années, des dizaines d'auteurs et d'illustrateurs, à l'invitation d'enseignants qui ne l'ont pas attendue, sillonnent la France et ses écoles pour (re)donner aux jeunes le goût de lire. Ils sont même quelque huit cents réunis aujourd'hui au sein de leur association, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, hébergée par la Société des gens de lettres. Et ÇA MARCHE ! C'est même pour cette raison que le ministère de l'Education, plein d'inventivité, a lancé « cette opération [qui] a pour originalité [sic] de mettre en relation l'univers de l'École et celui de l'écrivain. » [cf. Bulletin Officiel du 15 janvier 2009] et à laquelle Mme Sallenave a émargé. L'oubli de Mme Sallenave n'est pas fortuit. Ce qui est caractéristique, sans doute du milieu parisien des (belles) Lettres, c'est justement ce que Mme Sallenave dit dans son livre de la "littérature jeunesse". Car il s'agit d'une exécution en règle et en deux temps. Un coup de griffe d'abord, en direction "des carrières d'écrivain construites à bon compte en "littérature jeunesse"." (p. 72). On aimerait des noms. Et savoir combien de carrières analogues il y a en « littérature vieillesse ». Puis Mme Sallenave enchaîne avec une charge résolue (p. 128) : "C'est pour cela que je regrette deux choses : 1) qu'il y ait trop de textes de littérature jeunesse, comme on dit aujourd'hui [sic], au programme des collèges ; donc trop de langue moderne [resic], pour ne pas parler du reste, du moralisme qui règne dans ces récits pétris d'une vision du monde étroitement liée à notre époque ; 2) que les professeurs qui s'en échappent, et ils sont nombreux, c'est heureux, aillent trop vers des textes traduits et pas assez vers des textes francophones." On se demande, à lire de tels propos, ce que Mme Sallenave connaît de la "littérature-jeunesse-comme-on-dit-aujourd'hui". Est-ce le moralisme des textes ou leurs engagements qui lui font faire la moue ? Ou simplement leur succès ? S'est-elle interrogée une minute sur les vraies raisons de celui-ci ? On a aussi envie de lui demander si Balzac ou Zola parlaient d'autre chose que de leur époque, soit le XIXème siècle, et si leur langue, quand ils écrivaient, n'était pas aussi "moderne" aux yeux de leurs contemporains. Ma prescription : Mme Sallenave doit faire d'urgence une cure de littérature jeunesse. Elle sera surprise. Ça lui fera même du bien. Car c'est une littérature chaleureuse, charnelle, qui parle aujourd'hui de toutes les époques, de la sienne comme de la nôtre. A consommer sans modération à tous les âges de la vie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Oui mais alors finalement, on fait quoi ?,
Par Laure (Sarthe, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nous, on n'aime pas lire (Broché)
Danièle Sallenave est une militante de la lecture. Normalienne, agrégée de lettres, elle a longtemps enseigné. Elle est aussi écrivain.
Dans « Nous, on n'aime pas lire », elle retrace son expérience dans un collège « ambition réussite » en zone d'éducation prioritaire, le collège de la Marquisanne à Toulon. Il s'agissait de faire parrainer une classe de 3ème par un écrivain, vaste opération médiatique et politique. Trente écrivains se sont engagés. Libres à eux de s'organiser comme ils voulaient. Danièle Sallenave a finalement rencontré deux classes à trois reprises au cours de l'année 2007-2008 et a choisi de leur faire lire une de ses pièces de théâtre, courte, et mettant en scène des ados. Les élèves écrivent à leur tour des dialogues... On n'en saura pas beaucoup plus sur cette expérience, et c'est là où le bât blesse : en quoi cette expérience a pu inciter (ou non) à avoir envie de lire, a-t-elle réussi peu ou prou, qu'en a-t-elle tiré sinon le constat habituel que l'on fait des banlieues ? On reste un peu sur sa faim quant aux échanges avec les jeunes au cours de cette expérience. Trois séances, n'était-ce pas trop court non plus pour un projet si ambitieux ? Néanmoins, il y a pas mal de choses intéressantes dans son récit. C'est un fait, une donnée sociale et collective, ces enfants-là n'aiment pas lire, dit-elle. Peut-être tout simplement parce que la lecture reste pour eux extrêmement difficile, ils ne maîtrisent pas l'acte de lecture, et quand ils ânonnent, ils ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Ils sont fatigués et découragés d'avance. Leur environnement, c'est le foot, la télé, les consoles de jeux, et la cité, bref, tout ce qu'on lit d'habituel sur le sujet. L'Etat met davantage de moyens dans ces établissements, alors pourquoi ça ne marche pas ? des moyens matériels certes (belles bibliothèques, rénovations, matériel informatique) mais pas tellement de moyens humains. Il faudrait réellement pouvoir faire de tous petits groupes d'élèves, et donc, disposer de beaucoup d'enseignants. Elle a une position critique et engagée sur un certain nombre de points évidents, notamment la société consumériste, le « pédagogisme » qui essaie tout un tas de trucs et méthodes, mais aussi sur la formation des enseignants : plutôt qu'une formation extrêmement pointue dans un domaine universitaire, ne faudrait-il pas leur offrir une culture plus générale dans tous les domaines et plus de temps pour lire et travailler sur cet axe ? Beaucoup d'enseignants disent ne pas avoir le temps de lire (comme beaucoup de gens !), ce à quoi elle répond que lire ne devrait pas être une question de temps, quand c'est avant tout un besoin, une nécessité, ce qu'approuveront tous les convaincus et boulimiques de lecture. Là où je ne la rejoins pas, c'est sur la littérature jeunesse, qu'elle fustige sévèrement. Elle intrigue notamment quand elle dit que « beaucoup de carrières d'écrivains se sont construites à bon compte sur la littérature jeunesse » et qu'elle semble juger simpliste la littérature dite de jeunesse, qu'elle trouve trop moraliste. Il y a un demi-siècle peut-être, mais aujourd'hui cela me semble erroné et dépassé ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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