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L'amour, le cinéma, les deux..., 10 mars 2010
Maurice Pialat proposait avec ce film, sa propre histoire d'amour ou du moins sa rupture avec sa compagne de l'époque, sans cesse repoussé au lendemain, dans un film du début des années soixante dix. C'est Jean Yanne qui jouait ce Maurice si rêche, si caractériel. Le film est un des plus beau que pu réaliser celui qui ne voulait pas que le cinéma ne soit que du mensonge.
Nous ne vieillirons pas ensemble (rien que le titre est magnifique), offre à ces deux acteurs principaux, des rôles pour la postérité. Marlène Jobert y est sublime. Beaucoup d'acteur ont sans doute rêvé par la suite d'être dirigé par cet ogre... Rêvé et redouté à la fois. Sophie Marceau dit avoir été mal traité sur le tournage de Police... Maurice Pialat l'aurait fait pleurer. Sandrine Bonaire rapporte des propos élogieux à propos de celui d' A nos amours...
Ce qui est incontestable en fait, c'est la pureté du film, son évidence de par sa réalisation, sa mise en scène, la photographie, son montage.
On se cantonne souvent à citer les derniers films de Pialat, Sous le Soleil de Satan, Van Gogh, Le Garcu... Nous ne vieillirons pas ensemble est pourtant incontestablement le plus beau et aussi l'oeuvre matricielle qui accouchera d' A nos Amour, de Loulou ou de Police.
Maurice Pialat a eu la chance de faire du cinéma à la bonne époque, au bon moment lorsque des gens qui tenaient les cordons de la bourse croyait eux aussi à cet art et à ce qu'il représentait.
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4.0 étoiles sur 5
PATHETIQUE ET ATYPIQUE D'UNE SOUMISSION SUBIT ET CONSENTIT JUSQU'A L'EXTREME LIMITE, 1 juin 2011
Jean, cinéaste de profession partage l'existence de Catherine depuis pas mal de temps. Continuant néanmoins à cohabiter avec sa femme Françoise, il propose à son amante de s'occuper de la technique sonore de son prochain film. Et c'est la que les choses vont s'envenimer, comme c'est probablement le cas depuis des années. Odieux, désagréable, sournois et méprisant, Jean lui fait des reproches aussi sonore que milles cloches sonnant en même temps. Mais Catherine encaisse presque sans rien dire. Cela reste pour elle du domaine de l'anecdotique, et rentrant à Paris quelques jours plus tard, c'est un nouveau déchaînement verbal de Jean. Mais Catherine commence enfin à affirmer et à forger sa personnalité. Et elle qui était comme désemparé et soumise aux quatres volonté de son bien-aimé, commence enfin à réagir. La rupture va bientôt se profiler dans un horizon salutaire. Puis Jean, qui apparemment souhaite changer, lui demande de l'épouser. Mais le mal est fait, et elle le quitte en lui signifiant par courrier et en lui téléphonant qu'elle n'a plus envers lui de sentiments, et que tout est fini. Songeant au suicide, une ultime rencontre avec Catherine et ses explications vont le faire se ressaisir. Film au combien tragique qui repose sur la rhétorique de la fameuse citation : "L'amour rend aveugle", Catherine est éprise de Jean qui pourtant la rabaisse. Mais elle accepte tout de lui, car sa personnalité versatile la fait osciller entre la gaieté et l'humiliation subit. Mais toutes soumissions a ses limites. Et il faudra que Jean ai lancé le maximum de flèches de poisons de mépris en corrélations, pour que la fixation amoureuse se désorganise. Jean Yanne est crédible au plus possible de cynisme, d'arrogance et de méchanceté gratuite. Les piques verbaux et vexatoires qu'il lui délivre sont autant de dénis de la personnalité de Catherine. Marlène Jobert est une accompagnatrice fragile et sensible à souhait. Ce deuxième long métrage de Pialat est également un appel vibrant au respect de son double qui doit être quelque chose de sacré au sein du couple. Et que sans ce respect mutuel, la vie est d'un intéret (très) partiel. Le réalisateur met un point d'honneur avec le plus de plan serrés à se concentrer sur les deux protagonistes, activistes, l'un par agressivité, l'autre par passivité, de la mort programmé de leurs unions qui n'aurait peut être jamais du exister. Un film édifiant, mais militant pour la considération et le respect que se doivent tous les gens vivant ensemble. Et vouloir le posséder en DVD est une très bonne idée !
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Un couple se déchire sous nos yeux et nous ne pouvons regarder ailleurs., 18 avril 2011
Film à valeur quasi-documentaire, nu, si pur que souvent le spectateur s'imagine regarder par le trou de la serrure. Pialat ne fait pas du cinéma, il filme la vie, sans emphase, sans spectacle. Sans effet de style non plus, une séquence par plan, des scènes choisies volontairement amputées de liant. Un peu comme ces films de famille où l'on se voit, enfant, faire de la balançoire, trébucher sur un ballon, puis l'instant d'après assis au bord de la rade, léchant une glace à la pistache.
Nous ne vieillirons pas ensemble est l'histoire d'une séparation, dont les arrêts de jeu semblent sans fin alors même que l'issue est annoncée dans le titre. Accumulation de scènes pour ainsi dire répétitives, d'un schéma identique, s'évanouissant dans un flot d'injures et de violence crue sans pareille. Pour recommencer, dans la voiture de Jean, inlassablement.
Catherine et Jean sont amants, depuis six ans. Lui n'a jamais eu le courage de quitter sa femme, gardant auprès de lui cette source de compassion indispensable à son équilibre. Catherine l'aime éperdument, d'un amour inflexible. En apparence. Il lui passe alors toutes ses humeurs, lui le cinéaste raté approchant de la quarantaine, dégoûté par ses propres faiblesses et sa volonté qui n'est que velléité. Elle, son souffre-douleur, qui revient toujours.
Jean Yanne campe cet homme bourru, violent et aigre, façade affichée contre sa propre tristesse et son besoin de tendresse. Face à lui, si la candeur dans toute sa noblesse pouvait être personnifiée : Marlène Jobert, animal joueur et affectif, instinctif, captivée par un niveau de culture qu'elle ne possède pas, comme un épagneul le serait par la bipédie de son maître.
Atteignant des sommets de violence, essentiellement verbale, certaines séquences communiquent l'impérieux besoin de se murer les oreilles et de sceller son regard. La plus ignoble des séries B, mêlant nazi-zombies et tripes à l'auvergnate, vous laissera désormais assailli de bâillements.
Un sentiment qui est la cause directe de cette sensation de réel : Jean Yanne ne semble pas jouer la comédie, sa crudité est d'un naturel ' alors même qu'il abhorrait son personnage et se lançait dans des affrontements incessants avec Pialat. Les lieux du tournage sont sans éclat, voire s'en protègent : Honfleur réduite à une chambre d'hôtel misérable où seuls quelques mâts se devinent par les volets entrebâillés, d'autres patelins ruraux dans leur aspect le plus sordide, et Paris vue au travers des fenêtres de la voiture de Jean. Un couple se déchire sous nos yeux et nous ne pouvons regarder ailleurs.
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