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5 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Troubles psychiques, analyse troublante,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse (Broché)
On ne peut contester à Freud une intuition juste en quelques endroits ; seulement le raisonnement inféré est faux. Freud ne se situe nulle part : il n’est ni un philosophe (Spinoza est très loin de lui), ni un psychologue (la méthodologie d’un Charcot, d’un Bleuler, d’un K. Lewin lui est bien étrangère), il est sur son nuage. Il construit un fatras qu’il aurait bien aimé ériger en système (une « weltanschauung ») : il dénie ce projet d’autant plus vigoureusement qu’il a souhaité lui donner corps (cf. sa métapsychologie). Il ne pouvait qu’échouer tant les bases sont peu solides. Il y a si peu de choses à retirer de la leçon freudienne que ses successeurs n’en tireront rien de plus. Pitoyable Anna Freud, triste poseur que J. Lacan. Autant le mérite de Freud a été d’ordonner clairement sa pensée si bien qu’elle aujourd’hui est aisément réfutable, autant ses épigones brassent du vent et cela leur rapporte (côté fric, il y a beaucoup à dire : c’est bien de ce côté là qu’il faudrait le plus dire, d’ailleurs). Si Freud ajoute une petite pierre, Ô combien fragmentaire à la réflexion commune, c’est que l’homme ne peut se connaître, qu’il ne peut que rester étranger à lui-même ; l’homme n’est pas au centre du monde : Freud n’a rien inventé. Il a en outre eu le tort de chercher à « interpréter les rêves ». Ces derniers échappent irrémédiablement à l’entendement. Il serait certainement plus fécond de rechercher à les comprendre tels qu’ils sont, au pied de la lettre, en prenant bien soin d’éliminer toute associations « libres » d’idées « à la Freud ». On ne le peut et sans doute pour longtemps : probablement l’économie psychique exige qu’il en soit ainsi. Si l’on avait du temps à perdre à critiquer la psychanalyse, il serait curieux de la passer au rasoir d’Ockham. Ce qui frappe est l’indigence de la pensée sous couvert de mots forgés. L’ennui avec l’inconscient est qu’il n’y a rien derrière : c’est un (hypothétique) concept creux : un artefact. C’est vraiment une caractéristique de notre époque que de manifester une telle considération à une théorie aussi fragile, le summum étant de considérer cette « méthode d’investigation » comme thérapeutique : que quelqu’un me présente un déprimé guéri par cette médecine : je lui offre du champagne. Le mépris à l’endroit de Freud n’a d’égal que le mépris avec lequel Freud lui-même traite ses confrères et autrui : « Si vous me demandez cependant ce qu’ont retiré de l’interprétation du rêve des personnes plus éloignées de nos milieux, les nombreux psychiatres et psychothérapeutes qui font bouillir leur petite soupe à notre feu, les gens prétendument cultivés, qui ont coutume de s’approprier les résultats spectaculaires de la science, les littérateurs et le grand public, alors la réponse est peu satisfaisante », Freud dixit, in N.C., PUF, p.14.
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