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Après avoir tenté sa chance aux États-Unis (le succès ne fut pas celui escompté), Lara Fabian revient sur la scène française avec ce cinquième album baptisé
Nue. On y retrouve les ingrédients qui ont fait la réussite du précédent (
Pure) et qui la fit connaître en France : des ballades romantiques à souhait sur fond d'histoires d'amour déchiré. L'ensemble, agrémenté de guitares acoustiques et de piano mélancolique, donne ce petit supplément d'âme fragilisé par la séparation avec l'être aimé ("S'en aller", "Parce que tu pars"). Mais par-delà le tourbillon des mélodies façonnées par son ami Rick Allison (versant parfois dans le groove avec "Silence"), Lara Fabian cherche à traduire les richesses et les ambiguïtés de son monde intérieur.
Nue oscille entre caresse et coup de poing, force et sensualité. À noter le superbe duo avec Maurane sur "Tu es mon autre". Un exercice de style dans lequel les deux artistes explorent leurs capacités vocales. On est immédiatement conquis.
--Valérie Dupouy
Platine
Le public français ayant, à la différence du reste de l'Europe, réservé un accueil plus que tiède à son opus américain, notre amie Lara se devait de revenir à son meilleur niveau pour ce nouvel album enregistré-mixé à Montréal, et annoncé par le single plutôt efficace "J'y crois encore". Pour ce faire, pudiquement mise à nu devant l'objectif de Kate Barry (fille de Jane Birkin et du compositeur John Barry), la chanteuse a naturellement repris les ingrédients qui avaient fait le succès phénoménal de
Pure, écoulé à plus d'un million d'exemplaires. Malgré un emploi du temps qu'on imagine "surbooké", elle s'est donc consciencieusement attelée à l'écriture de textes poético-sentimentaux très sages, sur des musiques de son alter ego, également arrangeur et réalisateur, Rick Allison. Tout juste le tandem de choc a-t-il laissé s'immiscer quelques intrus dont la présence passe d'ailleurs quelque peu inaperçue : Christine Lidon/Daniel Lavoie ("Je suis mon cur") ou Didier Golemanas/Daniel Seff ("Le roi est une femme"). Pour l'essentiel, Lara renoue ici avec les ballades violonneuses dans la grande tradition de la variété italienne, qui ont fait sa griffe et valorisent sa voix puissante, bien qu'ici plus rentrée et nuancée qu'à l'ordinaire (cf. "Aimer déjà", "Immortelle" avec son obsédant gimmick, "Bambina", en clin d'il à son enfance, et surtout "Tu es mon autre", magnifique duo d'harmonies vocales ton sur ton avec la fée Maurane). Sur "Imagine", mélodie aux accents celtes, celle que l'on a si souvent accusée de hurler en chantant, pousse la provocation jusqu'à dire son texte. Il fallait oser. Malheureusement, Rick Allison s'avère être beaucoup moins inspiré sur les morceaux pop-dance qui sonnent trop "années 80" jusque dans leur production (cf. "S'en aller" ou ce "Rio" teinté d'exotisme bon marché). Si "Tango", single évident au texte très sensuel, rythmé par des guitares hispanisantes, permet à Lara Fabian d'aborder timidement un nouveau style, on peut regretter l'impression générale de monotonie qui se dégage de l'ensemble, que l'ouverture à d'autres auteurs compositeurs aurait permis d'éviter. À signaler enfin, un instrumental de 17 minutes ("Piano nocturne") un rien superflu en clôture d'un album aussi consistant...