Après O GRINGO, sorti en 1980, Lavilliers réussit à maintenir le très haut niveau où il s'était hissé précedemment. Dès le premier morceau, Night bird, Lavilliers nous plonge dans une ambiance de film noir genre Faucon maltais (La "corvette" noir métal remontait le sunset...). Ce morceau dédié à Lisa, sa femme d'alors, est un petit bijou, mi-chanté mi-parlé. On retrouve cette ambiance dans Pigalle la blanche , un reggae lancinant sur lequel la voix de Lavilliers fait des merveilles, et dans la chanson-titre, Nuit d'amour, une descente dans les bas-fonds de la ville où le héros finit forcément "flingué". 2 morceaux rock sont ici au programme : Les barbares dans une version inédite (intéressante car passablement différente) et C'est du rock'n'roll, plus conventionnel. Figurent ensuite trois morceaux époustouflants : Betty, une chanson écrite pour une amie en prison qui est une des chansons les plus sensibles qu'il m'ait été donné d'entendre ; Eldorado qui s'inspire d'évènements vécus par l'auteur (n'en déplaise aux détracteurs de Lavilliers) et qui, grâce aux arrengements de François Bréant, nous fait entendre "le son saturé d'la radio dans la taverne d'Eldorado" ; enfin La malédiction du voyageur, réflexion sur le voyage, la mort, l'amour... Bref je crois que vous avez compris : ce disque est un sans-faute!!!