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Commentaires client les plus utiles
19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La beauté transcendante de l'artifice,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Nuits blanches (DVD)
Enfin, ces "Notti bianche" nous arrivent en dvd, dans une très belle édition de surcroît. Longtemps considéré comme relativement mineur dans la filmographie de Luchino Visconti, ce film n'est peut-être pas le chef-d'oeuvre absolu que certains y voient maintenant. Mais comme le dit Vieri Vazzini dans un des suppléments, on a beau pouvoir en pointer certains défauts, c'est un film fascinant. Remercions le passionné de Visconti qu'est James Gray - The Yards cite ouvertement Rocco, son film préféré - d'avoir permis de le ressortir de l'oubli relatif où il était plongé en faisant sa propre version des Nuits blanches dans le très beau Two Lovers (voir le commentaire de R comme Ralingue).Coincé entre son grand opéra, Senso, et Rocco et ses frères, au réalisme romanesque et lui aussi opératique, ce film est atypique et à vrai dire voulu comme tel par Visconti. En 1956, son éloignement du néo-réalisme est consommé. Rappelons qu'il y avait contribué à ses débuts avec des films aussi différents que le magnifique La Terre tremble et ces autres films moins strictement néo-réalistes mais influencés par lui que sont Les Amants diaboliques et Bellissima. La décision de faire un film "néo-romantique" en adaptant Les Nuits blanches de Dostoeïvski n'est pas seulement en cause. Mais alors que le scénario de Visconti et de Suso Cecchi d'Amico transposait l'action à Livourne, dans le quartier de la "petite Venise" qui pouvait faire penser aux canaux de Saint-Pétersbourg, le choix de tout filmer à Cinecitta a été déterminant. Car tout est artifice dans ce film, tout est pensé et conçu pour faire studio. Une ville de décors, de ciels peints, de néons très lumineux qui contrastent avec des ponts plongés dans une lumière très travaillée, de la neige et du brouillard contrefaits, etc. Et tout est d'une beauté transcendante. Pour autant que l'on aime cette poésie du studio bien sûr, que l'on accepte cette convention du faux que l'on finit par accepter pour vrai dans un monde recréé de toutes pièces. Le travail des décorateurs et la photographie somptueuse de Giuseppe Rotunno (la plupart des grands films de Visconti, à commencer par Le Guépard, et de Fellini) y sont pour beaucoup. Dixit Visconti: "Nuits blanches est du théâtre dans la mesure où c'est une histoire à deux entièrement tournée dans un décor de studio. (...) Nous avions l'intention de faire un film qui soit réaliste, comme je voulais, mais qui donne en même temps la possibilité de circuler un peu dans le rêve. Je dois dire que je me suis attaché à cette petite histoire - très grande pour Dostoïevski, petite dans mon film - je m'y suis attaché justement pour cette possibilité qu'elle offre d'évasion de la réalité, pour ce contraste entre le réveil, où toutes les choses sont désagréables, et ces heures de nuit passées avec cette fille qui devient un peu un rêve, quelque chose d'irréel, de presque impossible. C'est cela, c'est ce jeu, qui m'attirait." Baigné dans l'irréalité, largement intemporel, le film l'est. Le réalisme, il faut un peu plus le chercher, puisqu'on navigue entre ce climat de rêve éveillé en pleine nuit et une dimension allégorique évidente - tout le récit repose sur la tension entre l'amour inaccessible et impossible auquel on ne peut que rêver et celui, plus immédiat et quotidien, qu'on ne sait pas voir (voir synopsis). Cette dimension, bien présente chez Dostoïevski, donne lieu à un choix qui finit par constituer la faiblesse du film, celui d'avoir incarné ce rêve dans des flashbacks et dans un acteur, Jean Marais, qui me semble à côté de la plaque en beau ténébreux irrésistible. Comme le dit le costumier Piero Tosi dans l'autre supplément: "Je n'aimais pas ce personnage. Quand j'ai vu la caméra s'approcher vers lui, alors que chez Dostoeïvski, il est une présence rêvée, j'ai su que c'était fini". Reste que ce film, même avec ses faiblesses relatives, est une perle. Parce qu'il s'agit tout de même d'un très beau film d'amour, celui qu'on exprime de différentes façons, celui qu'on ne peut vivre qu'indirectement ou par procuration; parce que l'artifice mentionné plus haut y est admirable; parce que des séquences restent en mémoire pour leur délicatesse; parce que les grands yeux et les airs de timide de Maria Schell, ses larmes et son sourire éclatant, sont attendrissants; parce que Marcello Mastroianni est extraordinaire, ce qui a certes souvent été le cas, mais disons qu'ici sa sensibilité est exploitée avec maestria. Très beau master (un peu trop) restauré. VOSTF uniquement. Le précieux entretien avec Piero Tosi (23'), déjà sollicité dernièrement pour parler de Mauro Bolognini (voir mon commentaire sur Bubu de Montparnasse), lui permet de revenir sur certains aspects du film ainsi que sur sa longue collaboration avec Visconti. L'entretien avec le critique Vieri Razzini (24'), intéressant mais un peu délayé, remet le film dans son contexte, et parle du réalisme et de l'onirisme du film. On aurait pu rêver des suppléments plus enthousiasmants, mais cette édition reste à la hauteur de ce que fait Carlotta d'habitude, en présentant le film dans de très bonnes conditions et avec un accompagnement relativement conséquent. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Visconti sur les traces de Carné,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nuits blanches (DVD)
Ce film de Visconti, relativement méconnu, est une adaptation d'un roman de Dostoievski. Dans ce film, que ce soit volontairement ou involontairement, le réalisateur italien s'éloigne ostensiblement du néo-réalisme et retrouve la forme esthétique et symbolique du réalisme poétique français à la Marcel Carné: décors fabriqués en studio, musique envoûtante de Nino Rota, photographie très travaillé, amours impossibles, rêves, solitude des êtres...On y retrouve le petit chien du Quai des Brumes. Par rapport à ce populisme tragique, manque toutefois les personnages secondaires haut en couleurs et l'ancrage psycho-sociologique qui fait que le film de Visconti dérive un peu trop vers la théâtralité. Pour les amateurs de rock'n'roll, un bande-son: 13 Women, de Bill Haley. Une curiosité à redécouvrir.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
sublime,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nuits blanches (DVD)
ce film est magnifique,émouvant;Marcello y est poignant de sensibilité,de charme,de naïveté!la ville est fantomatique et les scènes opposant les deux univers ( celui de natalia ,hors du temps et celui de la vie)sont drôles et pathétiques. seul bémol: je n'ai pas cru au retour de Jean Marais et pourtant ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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