The Ring (1927) est le 6è film d'Hitchcock tourné en Angleterre entre Easy Virtue et The Farmer's Wife.
Le titre du film fait appel à de multiples références : l'anneau du bracelet, l'anneau nuptial, le ring de boxe. Il y aura beaucoup d'objets ronds dès le début à la foire (le tambour pour le premier plan, les tentes, le mouvement circulaire des manèges) et la structure du film est cyclique : il commence et s'achève sur un match de boxe.
Hitchcock tourne un film qui n'est ni une comédie ni un suspense. Il traite d'un de ses thèmes récurrents : le triangle amoureux. L'histoire est très simple mais cette simplicité se trouve sublimée par la mise en scène, très imaginative.
Hitchcock multiplie le travail sur l'image : surimpressions, jeux de reflets de miroir ou d'eau (qui déforment l'image, comme la vision de l'homme saoul ou le délire du jaloux), vues en plongée (l' « oeil de Dieu ») lors du combat final, associées à de belles vues d'ensemble où les hommes vus en taille réduite semblent être des instruments du destin, plans subjectifs (on reçoit le coup de poing lors du combat). Les associations d'images par le biais d'un montage intelligent appuient certaines idées : lors du premier cadeau offert à la fille, l'image suivante montre une bouilloire qui siffle; la renommée grandissante du boxeur se perçoit par la montée au sens littérale de son nom sur une affiche dont les différents plans nous surlignent par la lumière son évolution de bas en haut. Lors du mariage, le doigt reçoit la bague et le bracelet-serpent offert par l'amant glisse du bras.
L'anticléricalisme d'Hitchcock est associé au grotesque lors du mariage à l'église : deux soeurs siamoises veulent s'assoir l'une à gauche, l'autre à droite, les témoins se disputent, le soigneur se met un doigt dans le nez, laisse tomber l'anneau, le marié exhibe un pansement sur la joue en forme de croix, le nain entre à côté de l'obèse, etc.
Hitchcock a toujours été fasciné par le monde du spectacle et du théâtre. Ce film en est une brillante illustration.