3e opus de la diva teutonne, Nunsexmonkrock reste un summum de ce qu'une voix humaine est à même de (dé)générer. Pour son premier album en tant qu'artiste solo, Nina sort le grand jeu et explore toutes les capacités que lui offrent sa voix hors du commun.
Antiworld, titre d'ouverture, vous assène un coup de massue dès les premières secondes.La Walkyrie berlinoise y laisse éclater toute sa furie et son dégoût pour un monde privé de sa spiritualité. A noter que cette chanson, bien qu'elle n'ait jamais été un single, reste le titre phare de ce disque.
Passé ce premier titre, Nina s'essaye au "disco-punk" avec Smack Jack, sorte de protest-song anti-drogue, puis devient une sorte de vierge prépubère dans Taïtshi-Tarot avant de se muer en tornade dévastatrice dans Dread Love et perdre pied dans Future is Now avec tout l'humour dont elle est capable!
Viennent ensuite le rocailleux Born in Xixax, le litanique Iki Maska (dans lequel on reconnaîtra quelques lignes de "O Sole Mio"), l'inquiétant Dr Art, le maternel Cosma-Shiva (où la propre fille de la chanteuse fait les choeurs à grands coups de gazouillis), et le cosmique UFO, clôturant l'album original.
L'édition CD nous gratifie de 4 titres bonus, extraits des 2 albums Nina Hagen Band et Unbehagen. On y retrouve TV Glotzer et l'incontournable African Reggae, les 2 singles phares de la chanteuse.
Alors bien sûr, certains détracteurs se feront entendre, qualifiant cette production de "m.... auditive", mais à bien y réfléchir, ce disque reste encore d'une efficacité rare, ce, près de 30 ans après sa sortie, et garde le mérite de sortir des sentiers battus, là où aujourd'hui, les maisons de disques formatent les artistes pour en faire de simples machines à fric! Non, Nina n'est pas de ceux-là et ne le sera jamais. Elle est un électron libre à qui personne ne dicte sa loi. Qui aujourd'hui peut encore se targuer de faire ce qu'il lui plaît?? Plus grand-monde hélas! Merci Dame Nina!!