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Où j'ai laissé mon âme Broché – 15 août 2010


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Descriptions du produit

Extrait

Je me souviens de vous, mon capitaine, je m'en souviens très bien, et je revois encore distinctement la nuit de désarroi et d'abandon tomber sur vos yeux quand je vous ai appris qu'il s'était pendu. C'était un froid matin de printemps, mon capitaine, c'était il y a si longtemps, et pourtant, un court instant, j'ai vu apparaître devant moi le vieillard que vous êtes finalement devenu. Vous m'aviez demandé comment il était possible que nous ayons laissé un prisonnier aussi important que Tahar sans surveillance, "vous aviez répété plusieurs fois, comment est-ce possible ? comme s'il vous fallait absolument comprendre de quelle négligence inconcevable nous nous étions rendus coupables - mais que pouvais-je bien vous répondre ? Alors, je suis resté silencieux, je vous ai souri et vous avez fini par comprendre et j'ai vu la nuit tomber sur vous, vous vous êtes affaissé derrière votre bureau, toutes les années qu'il vous restait à vivre ont couru dans vos veines, elles ont jailli de votre coeur et vous ont submergé, et il y eut soudain devant moi un vieil homme à l'agonie, ou peut-être un petit enfant, un orphelin, oublié au bord d'une longue route désertique. Vous avez posé sur moi vos yeux pleins de ténèbres et j'ai senti le souffle froid de votre haine impuissante, mon capitaine, vous ne m'avez pas fait de reproches, vos lèvres se crispaient pour réprimer le flux acide des mots que vous n'aviez pas le droit de prononcer et votre corps tremblait parce que aucun des élans de révolte qui l'ébranlaient ne pouvait être mené à son terme, la naïveté et l'espoir ne sont pas des excuses, mon capitaine, et vous saviez bien que, pas plus que moi, vous ne pouviez être absous de sa mort. Vous avez baissé les yeux et murmuré, je m'en souviens très bien, vous me l'avez pris, Andreani, vous me l'avez pris, d'une voix brisée, et j'ai eu honte pour vous, qui n'aviez même plus la force de dissimuler l'obscénité de votre chagrin. Quand vous vous êtes ressaisi, vous m'avez fait un geste de la main sans plus me regarder, le même geste dont on congédie les domestiques et les chiens, et vous vous êtes impatienté parce que je prenais le temps de vous saluer, vous avez dit, foutez-moi le camp, lieutenant ! mais j'ai achevé mon salut et j'ai soigneusement effectué un demi-tour réglementaire avant de sortir parce qu'il y a des choses plus importantes que vos états d'âme. J'ai été heureux de me retrouver dans la rue, je vous le confesse, mon capitaine, et d'échapper au spectacle répugnant de vos tourments et de vos luttes perdues d'avance contre vous-même. J'ai respiré l'air pur et j'ai pensé qu'il me faudrait peut-être recommander à l'état-major de vous relever de toutes vos responsabilités, que c'était mon devoir, mais j'ai vite renoncé à cette idée, mon capitaine, car il n'existe pas d'autre vertu que la loyauté.

Revue de presse

Dense et bouleversant, le cinquième roman de Jérôme Ferrari confronte un ancien officier des renseignements en Algérie et son lieutenant à leurs souvenirs et à leur conscience. Voir, céder, participer, laisser faire ou agir, que ce soit pour empêcher ou pour commettre... elles sont nombreuses et complexes les interrogations intimes qui pétrissent les personnages de Jérôme Ferrari. Ce n'est pourtant pas un livre cérébral ou psychologisant qu'il donne à lire, mais une réflexion dense et lyrique sur la mémoire, la culpabilité, la compassion, le devoir et l'honneur, à travers l'histoire du capitaine André Degorce, responsable du service de renseignements de l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Maintenant son attention à des thèmes déjà étreints dans ses précédents romans (notamment dans Un dieu un animal, en 2009, où il était déjà question de guerres et de l'incapacité à revenir au monde après avoir plongé dans les ténèbres), l'écrivain publie l'un des meilleurs livres de cette rentrée. (Sabine Audrerie - La Croix du 2 septembre 2010)

Au coeur du roman, le capitaine Degorce interpelle ses soldats sur l'art de conduire un interrogatoire : "Messieurs, dit-il, la souffrance et la peur ne sont pas les seules clés pour ouvrir l'âme humaine. Elles sont parfois inefficaces. N'oubliez pas qu'il en existe d'autres. La nostalgie. L'orgueil. La tristesse. La honte. L'amour. Soyez attentifs à celui qui est en face de vous. Ne vous obstinez pas inutilement. Trouvez la clé. Il y a toujours une clé." Hors de l'effroi qu'elle inspire, cette harangue résume assez bien la démarche d'un romancier - par ailleurs professeur de philosophie - qui ne cesse d'explorer l'âme humaine dans ses recoins les plus sombres, les plus retors, grâce à une écriture ardente, épurée et lyrique...
Dans l'entrelacs des temps, des lieux qui disent la permanence de la violence aveugle, meurtrière, se dessine un chemin aride et déserté, hors du monde. Un calvaire qu'arpentent deux hommes, face à eux-mêmes et à leurs démons... De cette plongée dans l'abîme, troublante et terrifiante, de cette quête impossible menée par-delà le bien et le mal, ressort cependant une certitude : celle d'avoir lu un des romans les plus saisissants de cette rentrée. (Christine Rousseau - Le Monde du 17 septembre 2010)

Ici, sur fond de guerre de 40, d'Indochine et d'Algérie, Jérôme Ferrari prend les armes et s'engage totalement. Humaniste amer et lucide, il marche sur les traces de Jean Renoir. Un capitaine mû par une haine méticuleuse et endolorie, un prisonnier respecté pour son grade et son intelligence, et un alter ego oscillant entre l'amour et la vengeance : La Grande Illusion plane sur ces pages flamboyantes, dont la morale désabusée rappelle le «chacun a ses raisons» de La Règle du jeu. (Martine Laval - Télérama du 20 octobre 2010)

Le sixième roman de Jérôme Ferrari met en scène l'affrontement de deux combattants devenus des bourreaux pendant la bataille d'Alger. Un huis clos intense, sans complaisance, servi par une langue incandescente...
La situation, pour un romancier, n'était pas exempte de pièges. La grandiloquence, la théâtralité, et bien évidemment les clichés et les « scènes à faire ». Jérôme Ferrari les évite avec une grande finesse, sans tomber dans la sécheresse...
La langue de Ferrari, sobre, au plus près de la pensée et de la parole, porte le récit et les personnages avec une intensité rare. Pour son sixième roman, il atteint une maîtrise qui l'installe dans les tout premiers rangs. (Alain Nicolas - L'Humanité du 22 octobre 2010)

Avec ce roman magistral, Jérôme Ferrari plonge dans l'enfer de la guerre d'Algérie...
Par-delà le bien et le mal, Jérôme Ferrari renvoie ainsi dos à dos les ennemis d'hier pour mieux évoquer le chemin de croix d'hommes banals, prisonniers de leur faiblesse et de leur mauvaise conscience. "Vous savez ce qu'il en est de la dignité de l'être humain, vous savez ce que valent les hommes, vous et moi compris", assène Andreani à son supérieur hiérarchique. Plongés en enfer, rares sont ceux qui partagent les vertus de ce roman magistral : courage, droiture et intransigeance morale. (Julien Bisson - Lire, octobre 22010)

"Je me souviens de vous, mon capitaine, je m'en souviens très bien, et je revois encore distinctement la nuit de désarroi et d'abandon tomber sur vos yeux quand je vous ai appris qu'il s'était pendu"... Ainsi débute Où j'ai laissé mon âme, de Jérôme Ferrari, long monologue intérieur du lieutenant Andreani à l'adresse de son supérieur, - longtemps admiré, puis méprisé - le capitaine André Degorce, près de cinquante ans après la bataille d'Alger (1957)...
Jérôme Ferrari, auteur de plusieurs romans, dont Un dieu, un animal (Actes Sud, 2009), nous fait cadeau d'un récit lyrique sur "la honte d'être soi-même" et "l'impasse morale". Magistral, dostoïevskien. (Emmanuel Hecht - L'Express, septembre 2010)


Détails sur le produit

  • Broché: 153 pages
  • Editeur : Actes Sud; Édition : Actes Sud (15 août 2010)
  • Collection : ROMANS, NOUVELL
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2742793208
  • ISBN-13: 978-2742793204
  • Dimensions du produit: 11,5 x 1,7 x 21,7 cm
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En savoir plus sur l'auteur

Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari, après avoir été, durant quatre ans, professeur de philosophie au lycée international d'Alger, vit actuellement en Corse où il enseigne depuis 2007.
Chez Actes Sud, il a publié trois romans : Dans le secret (2007, Babel n°1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009) et Où j'ai laissé mon âme (2010) Prix France Télévision 2010.

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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile  Par maheva sur 27 novembre 2010
Format: Broché
Que dire de plus que Laure !Ce sublime roman met en scène 2 officiers qui se sont connus en Indochine dans un camp de prisonniers où ils ont subi tortures et humiliations et se retrouvent à Alger à leur tour tortionnaires et bourreaux. Mais leurs réactions sont bien différentes : autant l'un essaie de justifier sa conduite, reniant certaines vérités, autant l'autre, fier de ses exactions accuse le premier de trahison d'un idéal qui leur fut commun. Se pose la question : comment peut-on être à la fois victime et bourreau ? Comment faire concorder le Bien et le Mal ? Roman très fort qui prend la forme d'une dissertation philosophique captivante sur le destin de l'homme. Un des meilleurs de cette rentrée littéraire 2010.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par Cetalir TOP 50 COMMENTATEURS sur 8 juin 2012
Format: Broché
Il est des livres qui laissent des empreintes profondes comme les blessures dont à souffrir leurs personnages et comme les hontes qu'on n'a pas pu, su ou voulu contenir plus longtemps. Le dernier roman de Jérôme Ferrari est de ceux là, sans le moindre doute possible.

Dans ce huis clos intime se déroule un condensé de drames dont personne ne peut sortir indemne. Nous voici projetés en 1957, en Algérie. La guerre fait rage. Les victimes civiles sont de plus en plus nombreuses comme ces filles de joie et leurs clients militaires que l'on vient de retrouver déchiquetés par une bombe placée dans le lupanar. Ou bien comme ce cortège de mariage massacré sur place, sans laisser un seul survivant ni un seul témoin, histoire de faire régner la terreur dans le bled et de contraindre les populations à supporter ceux que le pouvoir nomme des terroristes, comme toujours en ce cas.

Dans ce climat de folie et de terreur perpétuelle, obtenir des renseignements sur l'ennemi est une question fondamentale, vitale au sens propre du terme. Voici l'immense responsabilité qui incombe au Capitaine André Degorce en charge des interrogatoires et de démanteler un par un, minutieusement et laborieusement, les membres d'un réseau terroristes. Un par un, il coche les noms et les cases d'un immense organigramme affiché dans son bureau. Or, on n'obtient pas de renseignements en se montrant aimables. C'est en usant de violence, d'intimidations, de sévices et de tortures, d'exécutions sommaires parfois aussi que l'on parvient à ses fins.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile  Par Philippe Pellissier sur 2 décembre 2010
Format: Broché
Jérôme Ferrari reprend dans ce nouveau roman un thème connu, celui du bourreau et de sa conscience. Mais il en fait quelque chose de très personnel et d'universel à la fois. On retrouve dans son roman philosophique les grand thèmes judéo-chrétiens, mais aussi Hannah Arendt, et Boulgakov, et pourquoi pas Malcolm Lowry. Mais il est inutile de comparer l'oeuvre de J Ferrari à qui ou quoi que ce soit. Son style, sa prose poétique fulgurante sont uniques. Et si on retrouve de roman en roman des thèmes communs, des échos on est à chaque fois estomaqué par la force de l'écriture, la rigueur de la pensée, la puissance de l'émotion. J Ferrari n'est jamais pesamment didactique ou donneur de leçon : il donne à voir, à penser. Et ses mots résonnent longtemps.
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19 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile  Par Laure COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEURTOP 100 COMMENTATEURSVOIX VINE sur 20 août 2010
Format: Broché
Quelques pages à peine et sans avoir jamais lu Jérôme Ferrari, c'est l'évidence : il s'agit là d'une œuvre littéraire forte, grave et engagée, à mille lieues d'un énième roman distrayant qui serait certes plaisant mais resterait léger. L'écriture de Jérôme Ferrari interpelle et séduit, et dans sa perfection stylistique et par la gravité de son sujet.

Le capitaine André Degorce a connu l'horreur des camps de concentration en 1944, résistant pendant la seconde guerre mondiale, il a été déporté à l'âge de 19 ans. Il est aussi rescapé de Dien Bien Phu et des camps du Viet Minh, où il a fait la connaissance du Lieutenant Horace Andreani. Ils se retrouvent tous deux à présent en Algérie, où pendant 3 jours de mars 1957, autour du personnage de Tarik Hadj Nacer, dit Tahar, colonel à l'ALN, l'auteur nous plonge dans l'horreur des victimes devenues bourreaux. Certaines scènes de torture sont difficilement soutenables, pourtant l'on sait par de nombreux documents historiques qu'elles ont été réelles. Marié à une veuve de guerre de dix ans son aînée, André Degorce reçoit les lettres de sa femme, mais ne peut lui répondre, ou alors succinctement, sans jamais approcher la réalité de sa situation.

Roman exigeant dans sa forme et son écriture, il interpelle inévitablement sur la nature humaine et ces arrangements avec soi-même qui s'ils permettent de survivre, ne sont pas moins lucides : malgré ses efforts de respect, Degorce a bien perdu son âme, là, en Algérie, et à jamais. Un roman fort de la rentrée.
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