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Commentaires client les plus utiles
18 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Solitude et accueil,
Ce commentaire fait référence à cette édition : O Solitude (Broché)
Le lecteur naïf qui aborde le livre de Catherine Millot se sent d'abord floué. On lui annonce un « roman », c'est à dire, imagine-t-il, une intrigue, des personnages. Et d'emblée il est conduit à ce qu'on appelle de la « doc », toujours nécessaire mais généralement réappropriée, « romancée » Ici la documentation est présentée à l'état brut, comme telle : la navigation sur un bateau à voile, la côte sicilienne etc. Et des références à n'en plus finir, agaçantes, et de trop pour un lecteur de roman : car la petite histoire d'amour qui a brisé la narratrice dans sa jeunesse est trop mince pour intéresser. Mais tout d'un coup on comprend : il s'agit d'un « roman » comme l'entendait Barthes quand il écrivait « la préparation du roman » : « Roman est le nom de l'Absolu littéraire auquel il entend se vouer. Il s'agit bien d'une écriture sacrée ». Il s'agit bien, dans O Solitude, d'une réflexion étayée par des textes de Quignard, Musil, Proust, Colette, Poe, du Cantique des Cantiques, de Goethe, de Jacob Boehme, etc., et de tableaux, de films, de paysages, de faits divers (la séquestrée de Poitiers), d'une confidence autobiographique qui nous touche au plus profond de notre solitude. On y apprend qu'on peut, oui, aimer la solitude et y vivre, même si c'est du fond de son lit, ce qui s'appelle « la clinophilie » et n'est pas une maladie, ni l'acédie, malgré ce qu'on croit. On y apprend, ou plutôt on y retrouve tout ce qui pousse certains d'entre nous à la vie solitaire, et tout vient alors à sa place, l'angoisse du vide et l'extase, le « rester assis sans rien faire » des taoïstes; les anachorètes, vivre seul et vivre ensemble; les mystiques; et Barthes encore qui au-delà « de l'éternelle pulsion parlante » rêve d'un « pur écrivain qui n'écrirait pas". Mais CM écrit et nous donne confiance en la vieillesse « Vita Nova ». Solitude et oisiveté sont fécondes, mais l'oisiveté est une ascèse, ne nous y trompons pas.On est tout près de la contemplation et de la sainte « quiétude » Le livre de CM est d'une richesse inouïe. Et le lecteur en même temps qu'il la découvre dans ses livres préférés comme dans ses voyages, découvre son propre mode d'être. On ferme le livre pensif, changé. Vita Nova, solitude qui nous ramène chez nous. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Ô solitude ! My sweetest choice !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : O Solitude (Broché)
"Ne pas sortir de chez soi relève de l'exercice d'une liberté. Est-ce pour cela que c'est si mal vu ? On soupçonne le réfractaire, celui ou celle qui se soustrait à la loi du recrutement, à la loi commune. I prefer not to, je préfère ne pas - comme disait Bartleby de Melville. Ne pas sortir de chez soi, c'est un peu faire secession, comme ne plus allumer la télévision." p 85"Comment se soustraire aux obligations sociales, comment préserver son temps et son espace tout en maintenant d'inévitables et d'indispensables points de contact." p 91 A lire en écoutant "O solitude" de Purcell par Alfred Deller Music for a While: 40th Edition Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2.0 étoiles sur 5
Un cocktail mal dosé,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : O Solitude (Broché)
Catherine Millot (à ne pas confondre avec Catherine Millet, écrivain aussi) est écrivain et psychanalyste, auteur de plusieurs livres, mais O Solitude est son premier roman. Je parle de « roman » parce que c'est écrit dessus, comme disait un célèbre fromage, mais la dénomination est trompeuse à mon avis.Le titre lui, annonce bien la couleur puisque Catherine Millot se donne pour ambition de vanter les mérites de la vie solitaire, « Ecrire, cette fois-ci, pensais-je, ce serait pour dire à mon tour le bonheur de vivre seule. » Pour illustrer son propos, elle convoque d'autres solitaires, des artistes comme le peintre Caspar David Friedrich ou le musicien Purcell, des personnages tirés de la littérature, l'œuvre de Proust est souvent citée, ainsi qu' Edgar Poe, mais ce sont aussi et surtout Roland Barthes écrivain philosophe et W.H. Hudson naturaliste, fou des oiseaux et de la Patagonie qui lui fournissent de nombreuses pages enrichissant son livre de références vécues. Mais c'est aussi ce qui me fait tiquer, quand je vois le terme « roman » imprimé sur la couverture de ce livre. Car en fait, le texte est un vaste mélange des genres, la biographie avec Barthes et Hudson ainsi que l'essai psychanalytique ' le naturel revenant au galop. Et là Catherine Millot nous entraîne dans des considérations que j'aurais peut-être appréciées si j'avais un essai entre les mains, mais qui m'ennuient un peu, d'abord parce que glissées à mon insu dans un roman et ensuite parce que ça ressemble furieusement à du jargon roboratif, j'en citerai cet exemple « Si l'expérience de la perte est coextensive à l'émergence du moi, avec sa signification protectrice et défensive, la voie de retour consisterait à parvenir à faire relâche avec ce moi et avec les défenses dont il est bâti. » En rédigeant cette chronique, je m'aperçois que je ne sais pas quel avis porter sur ce livre, car si les points négatifs sont nombreux, le mélange des genres et le charabia du psychanalyste, j'y ai aussi trouvé plusieurs centres d'intérêts, les longues pages sur Hudson m'ont donné envie de le lire, et ce que Catherine Millot dit de la solitude choisie semblait parfois correspondre à mon propre portrait, même si ses propos ne sont pas exempts d'évidences « La vieillesse est un bel âge de la vie, pour peu qu'elle ne soit pas grevée par la maladie ». Donc, puisque ce livre ressemble à un cocktail, en voici la recette après l'avoir dégusté, un tiers de lecture agréable et instructive dilué dans deux tiers de chiants ! « Plus anciennement, les anachorètes, que l'on imagine adeptes de la solitude la plus rigoureuse, n'étaient en réalité pas dépourvus de vie sociale. Parmi eux, les Nitriotes, qui formaient une vaste colonie dans la montagne au sud d'Alexandrie, se réunissaient une fois par semaine. De longue date, on connaît les bienfaits de la solitude pour la vie spirituelle, mais aussi sa nocivité certaine, si elle est trop absolue. C'est alors l'acédie, une forme de mélancolie, qui menace celui qui s'est retiré du monde. » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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