Pris en sandwich entre le populaire Meddle et l'incontournable Dark Side Of The Moon, de surcroit musique de film (La Vallée de Schroeder, qui lui avait préalablement commandé More), il n'en fallait pas plus pour étouffer dans l'aeuf Obscured By Clouds (1972) et lui coller au train une étiquette de disque mineur. De ce fait, il est certainement le moins connu du catalogue. Je n'irai pas jusqu'à en faire le pestiféré de la production des anglais, mais bon... faut dire que les bons titres à se coltiner ne se bousculent pas au portillon et que la matière est globalement oubliable, malgré une implication collective que le groupe n'a jamais eu jusqu'alors. Deux sessions d'une semaine chacune, avant et après leur tournée express au Japon, sont nécessaires au Floyd pour composer et enregistrer la bande-son. Les studios Strawberry du château d'Herouville, le Honky Château comme le qualifie Elton John, servent de cadre à ce projet destiné au film La Vallée, bien accueilli dans l'hexagone. Ailleurs, il n'en va pas de même, l'histoire de l'éveil spirituel d'une jeune fille en Papouasie-Nouvelle Guinée ne passionnant pas les foules. Obscured By Clouds vaut essentiellement par l'instrumental Obscured By Clouds, When You're In, Childhood's End, The Gold It's In The, Free Four (Waters y évoque la pression d'une tournée) et Stay. Le reste n'a rien de déplaisant, reste même très accessible, voire plan-plan, passe-partout, ne marque pas non plus les esprits et s'oublie rapidement. Le film étant un cuisant échec commercial, il n'a pas favorisé la promotion de la musique, contrairement à son homologue More. Le Floyd s'offre un court intermède récréatif qui ne contribue pas à sa gloire (PLO54).