Critique
On pouvait avoir peur de ce deuxième album. Peur de ne plus être envoûté par les mélodies de Jonathan Morali, peur de ne plus leur trouver le même charme mélancolique.
Le très court
« City Talks », premier morceau de l’album, nous donne aussitôt tort.
« Someday We Will Foresee Obstacles », qui prête heureusement son nom au disque, confirme l’impressionnant talent de compositeur et de parolier de Morali. Il y a cependant de la nouveauté. Si l’on parle encore ici de jeunesse perdue, l’empreinte juvénile de
A Whisper & a Sigh est définitivement effacée. Jonathan Morali n’est plus seul dans sa chambre face à ses instruments, il s’est entouré de musiciens… dans un studio d’enregistrement ! Ces derniers se montrent quant à eux parfaitement à la hauteur de la qualité de la douzaine de chansons qu’offre l’album.
Car il n’y a pas de faiblesses, certaines maladresses représentant ici une réelle valeur ajoutée. Morali touchant à tout avec aisance : la pop américaine des années soixante avec « To All Of You », le rock à message humoristique avec
« English Way », la ballade à la Radiohead avec
« Someday Sometimes », et même le chant en canon avec « Passe-Muraille », une des perles de l’album.
Sans oublier le très beau
« I Care », enregistré en duo avec Euro Childs, le chanteur du groupe Gorky’s Zygotic Mynci. L’obstacle a été franchi avec talent, finesse et élégance.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story