Voilà une B.O. qui remet au goût du jour l'alliance entre un jazz élégant et un funk racé, félin, malin. Beaucoup de classe et aucune faute de goût dans la sélection opérée ainsi que dans les morceaux, composés pour l'occasion par David Holmes, qui collent à l'assurance bronzée et bien habillée du gang de Daniel Ocean et insufflent à Ocean's Eleven la caution "culte" ainsi que la respectabilité que ce film mérite amplement.
Impossible de ne pas penser aux seigneurs de la blaxploitation quand on écoute "Boobytrapping", "Ruben's In" ou "Lyman Zerga", tellement le groove gangsta urbain est présent. La différence principale réside dans l'excellente adaptation du genre à la production moderne, qui accroît encore la puissance enveloppante du funk. A noter également l'excellente prestation old school et roublarde de Handsome Boy avec "The Projects".
Evidemment à ne pas manquer, la résurrection de 2002 par Elvis Presley, "A Little Less Conversation".
Si vous avez aimé le glamour et le clinquant de Vegas, le banditisme futé de l'équipée menée par Clooney, alors il n'y aucun moyen que vous ne puissiez succomber au véritable hold-up opéré par le jazz-funk ravageur de la B.O.
Seul bémol : peut-être trop de séquences parlote tirées du film.