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Ockeghem : Requiem
 
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Ockeghem : Requiem [CD]

Johannes Ockeghem , Marcel Pérès , Ensemble Organum CD
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Détails sur le produit

  • Interprète: Ensemble Organum
  • Chef d'orchestre: Marcel Pérès
  • Compositeur: Johannes Ockeghem
  • CD (18 juin 2007)
  • Nombre de disques: 1
  • Format : CD
  • Label: Harmonia Musique d'Abord
  • ASIN : B000OCYGSQ
  • Autres éditions : Téléchargement MP3
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OCKEGHEM: REQUIEM

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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des premiers Requiem polyphonique de la Renaissance, illuminé par Marcel Pérès et les Organum, 28 décembre 2007
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (COMMENTATEUR N° 1)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ockeghem : Requiem (CD)
Sans doute conçu pour les funérailles de son respecté monarque Charles VII en 1461, le Requiem de Johannes Ockeghem demeure le plus ancien requiem polyphonique qui nous soit parvenu.
La monodie de la « missa pro defunctis » est ici intégrée à de longs et subtils contrepoints, révélant la maîtrise compositionnelle et interprétative du chantre franco-flamand qui chantait vraisemblablement lui-même les tessitures médianes, comme en atteste la virtuosité de certains passages destinés à le mettre en valeur.

Pour le « Agnus Dei » et le « Libera me », Marcel Pérès et son Ensemble Organum s'en tiennent au plain-chant et complètent la messe d'Ockeghem en recourant au « Sanctus » (illuminé par la voix claire de trois petits Pages de la Chapelle) et « Lux Eterna » attribués à Antonius Divitis.

Erudite mise en perspective historique et musicologique dans le livret (reproduisant aussi les textes liturgiques), excellentes prises de son réalisées en novembre 1992 à l'Abbaye de Fontevraud, interprétation fervente et lumineuse : voilà un maître disque pour tout amateur du répertoire sacré de la Renaissance.
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un enregistrement de référence, 2 janvier 2011
Par 
Vanhooland Xavier - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ockeghem : Requiem (CD)
Sans doute le premier requiem polyphonique (certainement incomplet) c'est une oeuvre majeure dans l'histoire de la musique. L'enregistrement de référence est certainement celui-ci: Marcel Peres nous livre une interprétation sobre et en coïncidence probable avec la liturgie de l'époque. Oeuvre indispensable.
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25 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Et si Sa mort était notre survie?, 27 février 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ockeghem : Requiem (CD)
Un requiem du 15ème siècle est un rare plaisir, qui plus est dans la tradition franco-flamande terriblement contemplative de l'intérieur de l'âme confrontée à la mort de l'autre qui est aussi nécessairement notre propre mort surtout dans cette région disputée par tant de puissances et dans le siècle qui suit le déclenchement de la Mort Noire, la grande peste du milieu du 14ème siècle. L'Introït qui réunit à la fois un premier Requiem en avant et en après d'un psaume court est fort impressionnant. Le Kyrie joue sur les voix avec une voix haute qui crée comme un appel à l'élévation. L'Epistola est sur un ton beaucoup plus grégorien, voix unique basse et qui sonne comme une longue antienne qui sied fort bien à la lecture d'une lettre de Saint Paul qui est comme la voix de l'église. Le ton neutre et monocorde donne de la grandeur et de l'autorité à la lecture. Dans le Graduale les voix basses sont comme le continuo de la voix haute, la voix implorante de la Vierge comme celle qui va plaider la cause du mort auprès de l'autorité suprême. La longueur de la pièce en fait une lamentation qui de phrase en phrase sonne de plus en plus triste. Le Tractus donne un rôle plus important à la voix seconde en hauteur qui prend un ton plus optimiste, plus élevé, plus élévateur. Cela donne une certaine sérénité en ce qui concerne la rencontre avec Dieu, la confrontation au juge suprême. C'est cette sérénité qui donne le courage d'aller à la mort la tête haute et le c½ur léger, même si le poids des fautes du mort, nos fautes, est considérablement plus lourd que ce que nous pouvons imaginer. Et ce doute se ressent dans la troisième partie de cette pièce où la voix la plus haute reprend le dessus, au moins à égalité avec la voix plus basse. Cette polyphonie est fortement expressive dans le contraste des équilibres ou déséquilibres des voix. L'unisson plus homogène de la phrase finale recrée une certaine sérénité, du moins une confiance dans la justice divine. L'Evangile de Saint Jean sonne alors dans son solo bas comme cette parole de Dieu que personne ne peut éviter, à laquelle personne ne peut échapper, l'annonce de la résurrection est toujours aussi l'annonce de la seconde venue du Christ pour la résurrection finale des hommes pour le jugement dernier. Le texte prend même certaines variations plus orientales, plus slaves peut être, une étrangéité forte que cet évangile a par rapport aux autres. L'Offertorium nous ramène à un son fort, plein et riche, un son de communion dans le mystère profond de l'office religieux, la descente réelle de Jésus parmi les fidèles dans cette offrande symbolique du sacrifice. Un ton montant général mais modéré donne cette élévation nécessaire pour être en communion avec ce miracle de la foi qui donne corps à Jésus dans l'offrande symbolique. Ce ton domine dans le verset associé à cet Offertorium. Le rythme fort lent de la pièce engage chacun à se reposer dans la certitude de la présence du Seigneur, de s'en remettre à sa justice et à son pardon. Le Praefatio qui suit sonne comme cette voix qui vient de l'au-delà, l'au-delà de l'autorité ecclésiastique, voire eucharistique, mais aussi l'au-delà de Dieu, immense et omnipotent par rapport à notre petitesse et notre impuissance que nous ne pouvons que compenser avec notre soumission humble et patiente. C'est dire alors comment le Sanctus dominé par la voix la plus haute est le trait d'union entre nous et la hauteur de ces cieux que nous espérons rejoindre le moment venu, avec le chassé-croisé des voix qui nous font gravir les marches de notre pénitence. L'Agnus Dei prend une pureté absolue dans son plain chant cristallin. Le Communion approche presque d'une forme fuguée qui fait se réunir les divers fidèles dans un acte commun, dans une élévation commune, un recueillement commun. Cela donne au Libera me et Requiem final simplement appelé Responsorium avec une voix soliste grave dans un plain chant est alors comme le sommet d'un pèlerinage, le pèlerinage qu'est la mort qui nous ramène à notre source divine, à notre créateur pour la confrontation finale et totale avec nos fautes dans cette vie. Le Dies illa, Dies irae est alors plutôt une peur de ne pas être à la hauteur de la mission qui est la nôtre dans la vie qui est la nôtre de la naissance à notre mort, cette libération finale dans la vie éternelle. Le ton est si fort et lourd que nous ne pouvons plus douter de la nécessité de penser à notre propre mort qui viendra inéluctablement et qui nous confrontera à notre destinée. Nous regretterons cependant que le texte de l'oeuvre ne soit donné qu'en latin.

Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Université Versailles Saint Quentin en Yvelines, CEGID
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