Trois ans après leur premier essai,
#1, salué par la critique, Warren Fischer et Casey Spooner, alias Fischerspooner, reviennent avec ce deuxième opus plein de promesses. Première impression : le son des New-Yorkais s’est diversifié, et le virage mainstream n’est pas si loin. Moins electro et sans doute plus pop que son prédécesseur, ce
Odyssey est un disque à la croisée des chemins entre ce qu’aurait pu donner une fusion entre Kraftwerk, Daft Punk, Depeche Mode et New Order. Vaste programme… Côté collaborations sur ce disque, on retrouve pêle-mêle David Byrne, Linda Perry, Eric Erlandson (le guitariste de feu Hole) et la très chic réalisatrice-chanteuse-activiste new-yorkaise Susan Sontag.
Coproduit par le frenchie Mirwais (producteur émérite pour Madonna),
Odyssey est l’un des albums emblématiques de ce qu’on appelle l’electroclash, sorte de rencontre au sommet entre la pop, l’electro et la new wave des années 80. L’album s’ouvre par le brûlant
« Just Let Go », et l’on découvre alors un titre où se mêlent beats syncopés et instruments organiques…
« Never Win », qui sert de deuxième single, est tout aussi efficace quoique plus attendu, et le beau titre très aérien
« All We Are » (coécrit par la magicienne du tube Linda Perry) se révèle être un véritable tour de force mélodico-romantique.
Fischerspooner, avec cet opus, n’a pas encore choisi son camp. Et la question –futile mais légitime-que tout le monde se posera après cet
Odyssey est de savoir si le duo ressemble plus à son premier opus ou à son deuxième… Question a posteriori vaine et finalement sans intérêt puisque Warren Fischer et Casey Spooner confirmeront par la suite leurs fortes accointances aussi bien aux musiques électroniques pures, qu’à la pop et à la new wave. Oui, Fischerspooner est sans doute l’une des formations electro les plus schizophrènes qui soit.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story