Luciano Berio est né en 1925 à Oneglia (Italie). Son père et son grand-père étaient organistes, et lui apprirent le piano. De 1946 à 1951, Luciano Berio étudia au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, où il eut en particulier comme professeurs Giulio Cesare Paribeni (1881-1964) et Giorgio Federico Ghedini (1892-1965). C'est à cette époque qu'il découvrit les compositeurs de la seconde école de Vienne, Arnold Schönberg (1874-1951), Anton Webern (1883-1945) et Alban Berg (1885-1935), mais aussi Béla Bartók (1881-1945), Igor Stravinski (1882-1971), Darius Milhaud (1892-1974) et Paul Hindemith (1895-1963). Blessé à la main, il ne put continuer ses études de piano, et gagna un temps sa vie comme accompagnateur de classes de chant. En 1951, il se rendit aux États-Unis à Tanglewood pour étudier avec Luigi Dallapiccola (1904-1975), qui poussa son intérêt vers les principes du sérialisme. Il participa également aux Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt, où il fit la connaissance de György Ligeti (1923-2006), de Pierre Boulez (né en 1925), de Karlheinz Stockhausen (1928-2007) et de Mauricio Kagel (1931-2008). Il commença alors à s'intéresser à la musique électronique, et fonda en 1954 à Milan le « Studio di Fonologia musicale » avec Bruno Maderna (1920-1973) et Luigi Nono (1924-1990) ; il y invita de nombreux compositeurs, tels John Cage (1912-1992) et Henri Pousseur (1929-2009). En 1960, il retourna à Tanglewood et, à l'invitation de Darius Milhaud, devint professeur en 1962 au Mills College à Oakland, Californie. À partir de 1965, il enseigna à l'université Harvard et à la Juilliard School of Music, où il fonda en 1967 le Juilliard Ensemble. En 1972, il retourna en Italie pour s'installer à Rome, puis, de 1974 à 1980, il fut directeur du département d'acoustique de l'IRCAM à Paris et, en 1987, fonda à Florence le « Tempo Reale », un centre de même orientation que l'IRCAM, avant, de1994 à 2000, de devenir compositeur en résidence à Harvard. Il est mort en 2003 à Rome.
Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter quatorze « Sequenza » pour divers instruments solistes, des oeuvres pour bandes magnétiques, dont « Thema (Omaggio a Joyce) », « Momenti » et « Chants parallèles », « Due pezzi » pour violon et piano, « Musica leggera, canone permoto contrario e al roverscio, con breve intermezzo » pour flûte, alto et accompagnement de violoncelle, un Quatuor à cordes, « Sincronie », « Notturno » et « Glosse » pour quatuor à cordes, « Linea » pour deux pianos, Marimba et Vibraphone, un Concertino pour claviers, violons, violoncelle, harpe et cordes, un Concerto pour piano et orchestre, « Ritorno degli snovidenia » pour violoncelle et orchestre, un Concerto pour deux pianos et orchestre, une Sinfonia, plusieurs oeuvres dramatiques, dont « Passagio », « Laborintus II », « Opera » et « Recital I (for Cathy) », « Epiphanies » pour orchestre et voix de femmes, un Magnificat, « Coro » pour quarante voix et instruments, « Shofar » pour choeur et orchestre, « Folk Songs » pour petite formation instrumentale et voix, « El mar la mar », ou bien encore « Quatro canzoni populari » pour piano et voix de femme.
Francesco Tristano, piano.