Beecham appelait ces courtes pièces des Lollipops, des friandises musicales. On pourrait caricaturer cela en prétendait qu'un air folklorique sert de cerise et que Delius enrobe le fruit d'une gangue de chocolat musical. C'est souvent un peu plus que cela. Si tout les morceaux ressemblaient à l'American Rhapsody qui franchement alignent les thèmes yankees trop pompeusement (mais il y aura toujours des amateurs de western pour en raffoler...), cela intéresserait peu de monde. Mais tout Delius s'insinue dans les passages de transition, rêveries nostalgiques, où le langage musical est de haute volée. Le chant populaire devient un alibi qui se fait oublier. Du coup, c'est de la nostalgie pure qui découle de ce CD. Lloyd-Jones dirige cela avec beaucoup d'onirisme et les instrumentistes à vent écossais rivalisent de texture... En suivant avec les partitions, on se rend compte que l'orchestre se laisse aller à des contours émollients qui seraient intolérables ailleurs. Ici, c'est l'indolence qui règne... et c'est parfait !