39 ans, voilà ce qu'aura duré le passage sur Terre de l'ami Boris... 39 petites années qui s'achevèrent brutalement par une bien triste journée de l'été 59, plongeant la littérature française dans un deuil inconsolable... Ah, cruel destin que le sien! Il était beau, il était jeune, il était drôle, il avait un talent fou, bref il avait tout pour lui... Hélas, il avait aussi le coeur trop fragile pour durer bien longtemps... Comme Lautréamont, comme Rimbaud, il aura traversé telle une fusée le ciel des Lettres, l'illuminant à tout jamais de son humour surréaliste et de sa poésie insolite... On le découvre souvent à l'adolescence avec
L'écume des jours ou
J'irai cracher sur vos tombes puis l'appétit aiguisé on passe à
L'Herbe rouge, à
L'Arrache-coeur, puis aux poèmes, au théâtre, aux chansons, aux chroniques... Mais la vérité, c'est qu'on n'a jamais fini de découvrir Boris Vian car à chaque âge de l'existence, on trouve dans son oeuvre une nourriture différente... Moi, en tout cas, je ne m'en lasse pas, de cette oeuvre... En relisant aujourd'hui, à l'approche de la trentaine, des titres que j'avais dévorés à quinze ans, j'y décèle une profondeur qui m'avait jadis échappé ou des beautés auxquelles, plus jeune, j'étais restée insensible... Vian est plus qu'un écrivain, c'est un compagnon de vie...