Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Associer des mots-clés à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Considérez votre mot-clé comme une sorte d'étiquette définissant parfaitement ce produit.
Les mots-clés aident les clients à organiser et trouver leurs articles favoris. |
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Lyrisme,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres complètes, tome 3 (Relié)
J'ai décidé de relire cet auteur qui avait profondément marqué mon adolescence et dont il me restait quelques fulgurances -des passages sont restés en moi durant toutes ces années-, ainsi que son étrange philosophie qui retournait toutes les valeurs morales, qui exaltait ce qui est le mal pour notre société... j'en fus profondément marqué car ses théories étaient servies par une prose poétique absolument remarquable, rare et unique bref j'ai commencé ma relecture par ce tome III qui contient "Pompes funèbres" un roman dont le narrateur est Jean Genêt lui-même et qui se situe au moment de la débâcle allemande à Paris alors que les derniers occupants luttent désespérément pour sauver ce qui est perdu avec l'aide des miliciens français, Genêt rend hommage à son jeune amant Jean Decarnin communiste mort dans la rue dans cette lutte finale p14 "(...)Je l'aime encore. Incomparable avec l'amour pour une femme ou une jeune fille est l'amour d'un homme pour un adolescent. La grâce de son visage et l'élégance de son corps m'ont gagné comme une lèpre. Voici son portrait : ses cheveux étaient blonds et bouclés qu'il portait très longs. Ses yeux étaient gris, bleus ou verts, mais extraordinairement limpides. La courbe, concave, de son nez était douce, enfantine. Il portait très droite sa tête sur un coup assez long et souple. Sa bouche, petite, à la lèvre inférieure très ourlée, restait presque toujours close. Son corps était mince et flexible, son pas rapide et paresseux. (...)" et il fait aussi l'éloge de son supposé assassin un milicien de 16 ans (qu'il voit lors des actualités dans un cinéma) p41 "(...)L'écran fut alors occupé par un bras seul armé d'une main très belle, lourde et large, puis par un jeune soldat français qui portait à l'épaule le fusils du petit traître. La salle applaudit. A nouveau revint le milicien. Son visage tremblait (les paupières surtout et les lèvres) des claques reçues à deux pas de la camera. La salle riait, sifflait, trépignait. Le rire du monde, ni l'inélégance des caricaturistes ne m'empêcheront de reconnaître la désolante grandeur d'un milicien français qui, pendant plusieurs jours lors de l'insurrection allemande, en août 1944, contre l'armée allemande, se retira sur les toits aux côtés des Boches, tirant jusqu'à sa dernière balle -ou l'avant-dernière- sur le peuple français qui montait les barricades. (...)" qui aura une relation viril et tendre avec un allemand Eric qui se cache chez sa maîtresse qui n'est autre que la mère de Jean Decarnin, on rencontre aussi le frère de Jean d'une méchanceté absolue et la petite bonne qui était la petite amie de Jean... d'un enterrement l'autre (celui de Jean et celui de l'enfant mort-né de la petite bonne) construction complexe où chaque phrase est remarquable par sa forme maîtrisée, équilibrée et fleurie -il rend l'infâme sublime!- puis "Querelle de Brest" le roman de Jo Querelle, un marin d'une invraisemblable beauté et d'une sensualité folle qui sous ses apparences d'ange viril incarne le mal absolu : voleur, assassin multirecidiviste, trafiquant, traître... il magnétise -érotiquement, sexuellement- son supérieur le lieutenant Seblon -l'unique pédéraste déclaré, cultivé et lyrique- qui écrit dans son journal intime sa passion totalement débridée du beau matelot, évidemment dans son quotidien il tente de jouer à l'homme hétérosexuel viril... leur navire accoste à Brest où Querelle va écouler de l'opium auprès du patron Nono du fameux bordel "La Féria" dont son épouse -Lysiane- est la maîtresse du frère jumeau de Jo -Robert-... ce Nono joue aussi sa femme aux dés (tu gagnes tu la baises, tu perds je te baise) il y a de nombreuses autres personnages qui peuplent ce magnifiques roman qui apparaît comme une météore dans le paysage littéraire français (voir le film de Fassbinder Querelle) les même thèmes que dans le roman précédent mais une narration plus linéaire (jeunes héros, érotisme exacerbé, sexualité sans oeillières, éloge du meurtre et de la trahison, prose fleurie absolument miraculeuse) p362 "Pour la première fois Querelle embrassait un homme sur la bouche. Il lui semblait se cogner le visage contre un miroir réfléchissant sa propre image, fouiller de la langue l'intérieur figé d'une tête de granit. Cependant, cela étant un acte d'amour, et d'amour coupable, il sut qu'il commettait le mal. Il banda plus dur. Les deux bouches restèrent soudées, les langues en contact aigu ou écrasé, ni l'une ni l'autre n'osant se poser sur les joues rugueuses où le baiser eût été signe de tendresse. Les yeux ouverts se regardaient avec une légère ironie. La langue du policier était très dure." et la dernière p366 "Querelle craignait encore. Il n'osait préciser. En regardant Gil, nous songerons à un jeune Hindou dont la beauté empêcherait de gagner promptement le ciel. Son sourire excitant, son regard lascif provoquaient en lui-même et chez les autres des idées voluptueuses. Comme Querelle, Gil avait tué par hasard -par malheur-, il aurait plu au matelot de faire devenir le gosse pareil à lui-même.(...)", il y a encore un poème de six pages "le pêcheur du Suquet". Je le conseille fortement à tous comme relecture ou comme découverte.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|