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Commentaires client les plus utiles
13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un très grand écrivain bien servi par sa traductrice et son éditeur,
Par Cassandre45 (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres complètes (Relié)
Avec Vassili Grossmann, l'auteur de Vie et Destin, Babel est un vrai grand écrivain russe : il exprime le monde, car les romans-russes sont à l'image du pays, gigantesque, infini, torturé par l'Histoire "avec sa grande hache", mais il est aussi un styliste à la manière de Maupassant qu'il reconnait pour maître. Il sait, dans des nouvelles brèves, trouver le détail-choc qui révèle la vérité souvent cuelle d'une situation.Sophie Benesch nous le restitue avec exactitude. Rendons grâce à la maison d'édition.....C'est dans Babel, plus que dans de gros volumes d'histoire, qu'on retrouvera l'atmosphère misérable et gouailleuse de l'Odessa juive d'avant 1914, la cruauté pourtant libératrice de la guerre civile et de la conquête révolutionnaire, la jeune Union Soviétique profondément ébranlée de Lénine, l'ombre montante du stalinisme qui le tuera. Une petite remarque mélancolique: plusieurs des grands écrivains russes du XXème siècle étaient juifs, Babel, Grossmann, Mandelstam, Pasternak et j'en oublie. Que penser de la Russie actuelle, qui n'aime pas ses Juifs qui sont presque tous partis. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un des sommets de la littérature russe enfin réédité complètement !,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres complètes (Relié)
Arrêté en mai 1939, fusillé huit mois plus tard, Isaac Babel (1894-1940) subit, comme nombre d'écrivains soviétiques, la folie meurtrière du stalinisme. La réédition de l'intégrale de ses ½uvres, superbement traduites par Sophie Benech, permet de redécouvrir un magnifique auteur réhabilité en 1954, un an après la mort de Staline. Plongé dans les turbulences du début du XXe siècle russe, Babel a su restituer les images dont il fut à la fois le témoin et l'acteur dans une série de textes où la violence et la cruauté voisinent avec des scènes de tous les jours. Ses récits éclatés, les tableaux qu'il dresse de son enfance à Odessa, les instantanés des rues pétersbourgeoises, les reportages qu'il effectua au sein de l'Armée rouge sont des documents historiques et de prodigieux morceaux d'épopée embellis par un sens inné de la poésie. Dès l'âge de 10 ans, il subit la violence des pogroms contre les Juifs à Nikolaïev, puis assiste aux révolutions de 1905 et 1917. Avant d'être un journaliste protégé par Gorki, il trouve des emplois dans l'administration, devenant traducteur pour la police secrète (la tchéka), endossant au passage le peignoir du tsar Alexandre III dans un palais investi par les révolutionnaires. Ebloui par la « voie lactée » de la perspective Nevski à Saint-Pétersbourg, il est aussi terrorisé par des scènes de violence comme celle où des moujiks émasculent un Juif devant sa femme. Babel noircit des carnets en songeant à une grande ½uvre à venir, retient le bruit de la viande qui frétille dans la graisse, voit la lune sautiller « dans les nuages noirs comme un veau égaré » et n'oublie pas l'image pitoyable de ces génisses pataugeant dans le sang d'une vache égorgée. Admirateur de Flaubert et aussi de Maupassant, qu'il traduit grâce à un éditeur dont la femme a un petit sourire « indolent et tendre qui fait perdre la tête aux officiers de garnison », il s'attelle à l'écriture, exercice où « le point placé au bon endroit » sait percer le c½ur du lecteur. « Une bonne fiction, disait-il, n'a pas à ressembler à la vie réelle ; c'est la vie qui essaie de toutes ses forces de ressembler à une bonne fiction. » Trop poétique sans doute pour le moule du réalisme socialiste ! Babel ne sera pas de ces écrivains dont Jdanov, le fidèle fossoyeur des arts de Staline, voulait faire les « ingénieurs des âmes ». Trop occidental aussi sans doute, comme dans ses écrits sur la France où il s'étonne de la vitalité des cinq à sept. Avec cette magnifique réédition, l'écrivain, journaliste et même scénariste (pour Sergueï Eisenstein) Isaac Babel s'impose définitivement comme l'une des figures littéraires majeures de cette période démentielle.
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4.0 étoiles sur 5
Babel,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres complètes (Relié)
Les récits de Isaac Babel sont brefs. Ils sont forts, puissants dans leur expression. Nous avons le récit d'un écrivain précis, incisif. Il s'agit là d'une description sans concession de ce qu'est véritablement la guerre vécue par une population. La vie des juifs d'Odessa est aussi un moment fort de ce livre unique. Les oeuvres complètes permettent de découvrir de petits récits, véritables chefs d'oeuvres de la littérature mondiale.
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