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Il y a 15 ans ou plus, RCA sortait une EDITION TOSCANINI de 80 CD en coffret. Vite épuisée, les CD devenaient introuvables. En 2000 RCA entreprend une nouvelle édition remasterisé par un procédé spécial mis au point pour la circonstance (UV22) beaucoup plus performant à 20 Bit dont les résultats sont stupéfiants.
Malheureusement cette édition s'est arrêtée à 12 albums doubles ( soit 24 cd au lieu de 80). Entretemps, d'autres compagnies s'étant saisies du leg tombé dans le domaine public mais sans le souci d'excellence technique de RCA et à des prix deux fois moindre!
Xe volume de cette collection, le triptyque Romain d' Ottorino RESPIGHI par TOSCANINI reste une référence inégalée, musicalement parlant. Notamment dans le final des Pins de la Voie Appienne où les légions romaines monte vers le Capitol au pas cadencé, le maestro maîtrise un crescendo extraordinaire par palier successif, époustouflant, où chaque relance va plus forté que la précédente, une maîtrise unique et géniale de l'orchestre !
Les prises mono de 1951 et 1953 sont parfaitement claire et la matité exempt de réverbération accentue la définition des timbres et la précision des Rythmes. La présence sonore des "Fêtes" de 1949 est moins parfaite techniquement parlant.
Ensuite, dans l'ordre chronologique de l'excellence des enregistrements discographiques, vient le grand cinémascope stéréophonique parfait (un coup de maître unique !) sur grand écran, d'Antonio PEDROTTI avec la Philharmonie Tchèque en 1961, images sonores en technicolor, reparu chez Supraphon en 1980 en CD et seulement en 16 bits ! En 24 bits supraphon détiendrait l'enregistrement, musicalement et techniquement le plus parfait du 20e siècle jusqu'à nos jours !
Depuis plus rien, et c'est un scandale car l'objet sonore est prodigieux et dès que l'on a entendue la Philarmonie Tchèque et Pedrotti ont ne peut plus rien entendre d'autre ! Et j'en sais quelque chose, puisque c'est une de mes partitions emblématiques et j'en ai 20 interprétations ! Un regain de versions de nos jours qui restent cependant très pâles !
La Trilogie Romaine est composé de 3 ensembles : Les Fêtes Romaines, Les Pins de Rome et les Fontaines de Rome. Chacune de ces évocations comporte 4 mouvements décrivant des situations différentes, par exemple, les Fontaines de Rome mettent en scène le paysage et l'atmosphère de 4 fontaines, à l'aube, le matin, à midi et au couchant. Ces chefs-d'oeuvres d'orchestration, extraordinaires, si peu données au concert et réclamant un grand orchestre de 120 musiciens, ont fait l'objet de nombreux enregistrements, mais peu de chef et de preneur de son ont pu restituer la puissance, les subtilités et les couleurs de ces fresques italiennes, spécialités incontestées du berceau des Arts.
Six ouvertures italiennes complète le 2e CD, avec la fougue légendaire du Maestrissimo anti-Duce, mais qui se comportait comme lui, face à l'orchestre, tyrannique au possible, coléreux et insultant, mais sans la séduction du premier ! Les auditeurs lui pardonneront bien volontiers outre-tombe. Il est vrai qu'ils n'ont pas eu à subir les tremblements d'angoisses des musiciens face à la baguette menaçante et au regard courroucé du Deus ex machina !
Les 12 double CD de cette édition sont évidemment à thésauriser, dont le corpus des symphonies de Beethoven d'une finesse et d'une présence sonore qui ne fait absolument pas son âge.