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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
De l'art noble et pur,
Par Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oeuvres pour piano (CD)
Depuis déjà quelques années, Leif Ove Andsnes s'est inscrit comme l'un des pianistes les plus doués de sa génération, faisant davantage parler de lui pour sa musicalité que pour sa seule technique. Ce n'est donc pas forcément dans Liszt qu'on l'attendait de prime abord, ce répertoire étant souvent le terrain de jeu des virtuoses de tout poils. C'est pourtant bien dans Liszt qu'il éveille l'intérêt, car justemment on peut s'attendre à ce qu'il apporte la musicalité trop souvent occultée par la vitrine technique.Andsnes mêle ici des pièces connues, dont il renouvelle souvent l'approche, avec d'autres moins courues, qu'il tire des ombres de l'oubli avec une grande force de persuasion. Les maitres mots sont couleur et imagination, mais aussi profondeur et cohésion. La Fantasia quasi Sonata (Après une lecture de Dante) est une pure réussite, débarassée du sentimentalisme pour se concentrer sur l'exaltation rédemptrice; une relecture passionante qui s'inscrit dans la lignée des grands. De même, sa Ballade n°2 se hisse ici parmi les meilleures; et même la Mephisto-valse n°1, insolente et lyrique, pourtant jouée dans un tempo enlevé, n'a rien à voir avec la démonstration de cirque à laquelle on l'associe parfois, mais relève davantage ici du poème symphonique pour piano. Le pianiste norvégien nous livre également des oeuvres plus tardives ou plus rares. L'Elégie (Die Zelle in Nonnenwerth) nous apparaît comme un rêve éveillé, tandis que l'Andante Lagrimoso, l'une des Harmonies poétiques et religieuses (n°9) les plus rarement jouées, oscille magnifiquement entre tristesse délicate et sérénité raffinée. Avec les Mephisto Valses n°2 et n°4, ou encore avec cette Valse Oubliée n°4, le clavier se fait l'écho des tendances tantôt expressionistes tantôt impressionistes vers lesquelles Liszt avait fait évolué son romantisme premier. Un récital situé aux antipodes du pur artifice technique et du superficiel, avec un toucher qui évite toute lourdeur pour se consacrer aux couleurs, et des lignes constructrices maintenues sans aucun défaillance. Un Liszt intellectuel et contemplatif, plus introverti que passionné, dans une vision imaginative alliée à un contrôle extrême. De l'art noble et pur. La prise de son, excellente, ajoute encore au plaisir que l'on prend à l'écoute de ce magnifique album, l'un des meilleurs que nous ait donné ce début de siècle dans ce répertoire. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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