Californie, années 30. La Grande Dépression sévit. George et Lennie, deux amis, deux journaliers, vivotent de ranch en ranch en faisant les petits boulots qu'on leur propose. Leur rêve? Avoir un jour leur bout de terre à eux! Oh, pas grand chose, juste un lopin, une fermette, de quoi faire un peu d'élevage et cultiver un plant de légumes. Un rêve minuscule, mais qui leur met, quand ils en parlent, des étoiles dans les yeux. Seulement voilà, Lennie est un grand gaillard un peu simple qui ne maîtrise pas sa force, ce qui lui joue parfois de bien vilains tours... Ecrit en 1937, ce récit bref est un bijou d'émotion tue et de tendresse inavouée. On loue souvent Steinbeck pour ses romans les plus épais, notamment
Les raisins de la colère, mais personnellement, ce que je préfère de lui, c'est cette petite histoire qui se lit en une demi-heure et qui vous habite ensuite pour le restant de vos jours. Aucun artifice dans l'écriture. Aucune afféterie dans les dialogues. Mais quelle puissance, quelle sensibilité dans cette prose brute et rocailleuse! Rarement on a aussi bien parlé de l'amitié. La dernière page tournée, on sort de ce livre à la fois bouleversé par son épilogue et heureux d'avoir croisé la route d'un écrivain exceptionnel.