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Les germes de la musique électroacoustique, 14 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ohm: Early Gurus of Electronic Music (CD)
Yannis Xenakis est né en 1922 à Braïla (Roumanie) au sein d'une famille grecque. Il passa sa jeunesse à Athènes, où il acheva ses études en Génie Civil. Pendant la seconde guerre mondiale, il s'engagea d'abord dans la résistance, contre l'occupation nazie puis contre l'occupation britannique (guerre civile). En 1947, gravement blessé, il dut fuit la Grèce et s'installa en France, où il travailla avec l'architecte Le Corbusier. En parallèle, il suivit l'enseignement d'Olivier Messiaen (1908-1992), et s'intéressa d'abord plus particulièrement à la musique sérielle, mais il dénonce rapidement les excès dogmatiques du sérialisme pur, inapte, selon lui, à l'expression des capacités créatrices de l'artiste et de ses émotions. A partir de 1953, il fut l'un des inventeurs de la musique « stochastique » (régie par des lois statistiques), musique comportant une part d'aléatoire déduite de règles mathématiques, et ayant ultérieurement conduit à une procédure de composition semi-automatisée par ordinateur. Mais, en 1957, apparurent ses premières pièces de musique électro-acoustiques puis, en 1969, ses premières compositions pour percussions seules. De 1967 à 1978, en différents lieux, Xenakis proposera de nombreux spectacles sons et lumières, participants du concept qui lui était cher de mariage entre l'architecture, la lumière et la musique. Il est mort à Paris en 2001.
La Monte Young est né en 1935 à Bern, Idaho (USA), dans une communauté mormone. Sa famille s'installe définitivement à Los Angeles en 1949 où, entre 1950 et 1953, La Monte Young fréquente le John Marshall High School et découvre différents styles de musique, en particulier le dixieland et le bebop, et y apprend également l'harmonie avec Clyde Sorensen, qui a été élève d'Arnold Schönberg (1874-1951) à l'UCLA. Entre 1951 et 1954, il prend des cours de clarinette et de saxophone avec William Green au Conservatoire de musique de Los Angeles, et s'inscrit ensuite au Los Angeles City College, où il joue dans de petites formations de jazz, en particulier avec Eric Dolphy, Don Cherry ou Billy Higgins, où il suit également des cours de contrepoint et de composition avec Leonard Stein (1916-2004) et où il découvre la musique classique, et est en particulier impressionné par Claude Debussy (1862-1918), Anton Webern (1883-1945), Béla Bartók (1881-1945), Igor Stravinski (1882-1971) et Arnold Schönberg. Young est très vite attiré par le sérialisme ; il compose alors « Five Small Pieces for String Quartet », marquées par l'influence de Webern, en particulier par les « Six Bagatelles » pour quatuor à cordes et la Symphonie Op. 21, qu'il définira comme des oeuvres l'ayant fortement aidé à faire la transition entre le sérialisme et le minimalisme. La Monte Young découvre également la musique indienne dès 1957 sur le campus de l'UCLA, et il cite Ali Akbar Khan (1922-2009) et Chatur Lal (1925-1965) comme l'ayant particulièrement marqué ; il apprend à jouer de la tampoura avec le Pandit Prân Nath (1918-1996), qui l'initiera à la technique du bourdon. Young reconnaît aussi l'influence de la musique japonaise, en particulier du gagaku, de la musique amérindienne, de la musique des pygmées, et cite l'Organum, Léonin (né vers 1150 - mort vers 1210), Pérotin (né vers 1160 - mort vers 1230) et l'École de Notre-Dame (Paris, XIIième siècle) comme ayant également eu sur lui une influence décisive. En septembre 1958, La Monte Young s'inscrit à l'université de Californie de Berkeley, où il étudie la composition avec Charles Cushing (1905-1982), Seymour Schifrin et William Denny. À l'été 1959, il participe à une école d'été à Darmstadt de Karlheinz Stockhausen (1928-2007), et la découverte de la musique de John Cage (1912-1992) à Darmstadt influence très nettement les compositions de La Monte Young à partir de 1959. A l'automne 1960, il déménage à New-York afin d'étudier la musique électronique avec Richard Maxfield (1927-1969) et John Cage mais, dès l'été 1961, Young recentre son travail sur l'improvisation. Pour développer ses improvisations, il forme un groupe de musiciens, dont certains membres seront occasionnels, tels Terry Riley (né en 1935), Terry Jennings (né en 1940) ou Dennis Johnson (1954-2007), mais dont d'autres seront des membres réguliers, comme Angus Maclise (1938-1979), Billy Linich (alias Billy Name, alias Billy Goat, né en 1940), Tony Conrad (né en 1940), Marian Zazeela (née en 1940) ou bien encore John Cale (né en 1942). Une influence extra-musicale importante chez la Monte Young est la prise de divers produits hallucinogènes, LSD, marijuana, peyote et cannabis, en tant qu'outil créatif et d'extension de la perception et de la conscience ; Young affirme cependant que la drogue n'était pour lui qu'une aide, et que sa musique se serait développée de la même manière sans elle. Musicien appartenant fondamentalement au minimalisme, La Monte Young a contribué à créer un courant musical dit « drone », auquel appartient également Éliane Radigue (née en 1932), Phill Niblock (né en 1933), Robert Fripp (né en 1946), Charlemagne Palestine (né en 1947), Klaus Schulze (né en 1947), Brian Eno (né en 1948) ou Steve Roach (né en 1955), faisant usage de bourdons (« drones » en anglais), qui met en avant des sons, notes et clusters maintenus ou répétés, dans des compositions essentiellement statiques, utilisant des sons de très longue durée. Parmi les oeuvres majeures de La Monte Young, on peut citer son Trio à cordes (1958), « Piano Pieces for Terry Riley » (1960), « Bowed Mortar Relays » (1964), « The Well-Tuned Piano » (1964, 1973, 1981...), « The Four Dreams of China » (1962) et « The Subsequent Dreams of China » (1980), « The Opening Chord » (1981), « The Magic Chord » (1984) et « The Magic Opening Chord (1984) », « The Big Dream » (1984), « Orchestral Dreams » pour orchestre (1985), « Chronos Kristalla » pour Quatuor à cordes (1990), « The Young Prime Time Twins » (1991), ou bien encore « Just Charles & Cello in The Romantic Chord » (2003).
Terry Riley est né en 1935 à Colfax, Californie (USA). Il étudie au Shasta College, à l'Université de San Francisco et au Conservatoire de San Francisco, avant d'être diplômé, en 1961, d'un « Master of Art » à l'Université de Berkeley, où il a comme professeurs Robert Erickson (1917-1997) et Seymour Shifrin (1926-1979). Durant les années 1960, il voyage fréquemment en Europe, mais son maître le plus influent est toutefois le Pandit Prân Nath (1918-1993), un maître du chant classique Indien, avec qui Terry Riley fait de nombreux voyages en Inde durant leur association, pour étudier mais aussi pour l'accompagner aux tablas, à la tampoura et au chant. C'est durant les années 1960 que Terry Riley inaugura les restés fameux "All-Night Concerts", durant lesquels il jouait de l'harmonium, essentiellement en improvisant, de la nuit tombée jusqu'au petit matin suivant. Il a fait partie du San Francisco Tape Music Center, en compagnie de Pauline Oliveros (née en 1932), de Morton Subotnick (né en 1933), de Ramon Sender né en 1934) et de Steve Reich (né en 1936), et il est considéré comme l'un des pères fondateurs de la musique minimaliste américaine. En 1971, il rejoint la faculté du Mills College, pour enseigner la musique classique indienne et, actuellement, il professe et interprète le chant râga indien et le piano ; Jin Hi Kim (née en 1957), Robert Davidson (né en 1965) et Noah Georgeson (né en 1975) sont au nombre de ses élèves. Parmi les oeuvres majeures qu'il a composé à ce jour, on peut noter « In C » pour ensemble libre (1964), « Olson III » pour orchestre et choeur d'enfants (1967), « Poppy Nogood and the Phantom Band » pour saxophone, orgue et time lag accumulator 1967), « A Rainbow in Curved Air » (1969), « Persian Surgery Dervishes » (1972), « Shri Camel » pour orgue accordé en intonation juste et modifié par des délais traités numériquement (1980), « Cadenza on the Night Plain » (1984), « The Harp of New Albion » pour piano accordé en intonation juste (1986), « Salome Dances for Peace » (1989), « Jade Palace » (1991), « Requiem for Adam » (1998), « The Philosopher's Hand » (2000), « Sun Rings » pour quatuor à cordes (2002), ou bien encore « The Cusp of Magic » (2004).
Laurie Spiegel est né en 1945 à Chicago, USA. Elle a effectuée des études au Shimer College, au Brooklyn College et à la Oxford University, dont elle est diplômée en sciences sociales ; au départ autodidacte sur le plan musical, ayant appris par elle-même, étant enfant à jouer de la mandoline, de la guitare et du banjo, elle fit des études musicales auprès...
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