Autant le préciser d'entrée de jeu : cet album de Gilmour, guitariste-chanteur de Pink Floyd "1987", est superbe, vraiment, mais n'est pas le chef d'oeuvre attendu...
En effet, même si c'est avec tout le talent qu'on lui connaît, Gilmour se contente, pour ainsi dire, d'utiliser son fond de commerce. Intros planantes ("Castellorizon", pour ouvrir le disque, "Red sky", aux faux airs de "Shine on you"...), harmonies vocales embrumées (les magnifiques "on an island" et "the blue" - avec Richard Wright!!!!!!!!!! - qui fileront le frisson aux nostalgiques de "Meddle"), solos bluesy beaux à pleurer, etc. Notre héros s'autorise même à marcher sur les plates-bandes de Roger Waters (qui est très méchant), avec l'hypnotique et mécanique "Take a breath", dont l'ambiance rappelle un peu "The Wall". Ajoutez à cela un blues vraiment extra, "This heaven", et saupoudrez le tout avec le talent monstrueux d'un guitariste au toucher unique, et voilà...
On le voit, que du tout bon, mais rien de vraiment neuf. C'est cela qui est dommage : on aurait bien aimé un peu plus de folie, un peu plus de rythme aussi (c'est un peu "mou" sur la longueur, il faut bien le reconnaître...).
En bref, un bel album pépère, sans prise de risque, mais qui ne décevra pas ceux qui attendent de ce grand musicien qu'il fasse, sans plus, "du Gilmour" ou "du Floyd".