Après ses études, le jeune Perdican retourne chez son baron de père pour y épouser sa jeune cousine Camille. Mais les retrouvailles sont pour le moins glaciales : Camille, qui revient du couvent où elle a reçu une éducation pieuse et austère prônant le retrait du monde et le rejet des passions amoureuses, refuse sèchement l'amour de son cousin.
Celui-ci, piqué dans sa fierté, séduit alors une jeune bergère, Rosette, la soeur de lait de Camille, provoquant alors l'orgueilleuse jalousie de Camille qui, jusqu'au bout, tentera de contenir ses élans passionnés par crainte de souffrir.
Autour de cette intrigue, se croisent des personnages éminemment sentimentaux (le trio Perdican/Camille/Rosette propose trois attitudes, trois visions de l'amour) dont le langage lyrique, proche de celui des héros de tragédie, est contrebalancé par les propos comiques voire cocasses des personnages secondaires (la baron, Maître Blazius, Maître Bridaine et Dame Puche).
Une tonalité en contraste donc, oscillant entre légèreté et gravité, balançant le spectateur entre rire et pitié, pour une pièce qui reste foncièrement romantique et dont il faut souligner la richesse et la précision du vocabulaire malgré une intrigue assez simple, somme toute, concentrée sur trois jours autour desquels le destin de trois protagonistes bascule.
Restent des répliques savoureuses, notamment dans la scène d'affrontement des deux amoureux (la tirade de Pedrican est la plus célèbre) mais entre jalousie, dépit, indifférence feinte, mensonges et tromperies, l'orgueil des deux cousins aura finalement raison de leur bonheur car... on ne badine pas avec l'amour.