Stéphane Guillon sort un livre où il a compilé ses meilleures chroniques de l'année écoulée, celle juste avant son licenciement de France Inter. Si le lecteur prend du plaisir à retrouver le ton mordant de l'humoriste-satiriste, il n'en demeure pas moins déçu de se trouver face à un objet strictement commercial. Le titre annonce pourtant la couleur : "on m'a demandé de vous virer", faisant référence à son opus précédent "on m'a demandé de vous calmer" où Guillon prenait le temps d'expliquer sa surprise lorsque Jean-Luc Hees lui avait indiqué qu'une demande provenant de haut lieu lui avait été adressée pour que ses chroniques quotidiennes soient moins acerbes.
Là, rien. Les chroniques nous sont livrées brutes, sans le moindre prologue ni la moindre analyse. Certes, les amateurs de Guillon (dont je suis) ont entendu qu'il préparait un livre pour expliquer en quoi il est certain que son éviction EST politique pour le printemps 2011. Mais cette démarche n'était pas incompatible avec quelques mots pour présenter ses dernières sorties radiophoniques. Son collègue Didier Porte avait ainsi écrit un livre "à chaud", avec peut être quelques énormités paranoïaques, mais surtout avec un argumentaire circonstancié sur les liens implicites et explicites entre ses chroniques et son licenciement.
Aussi, si on se délecte du style Guillon, on est également un peu déçu de tenir un livre qui semble avoir été formaté dans l'urgence pour satisfaire les impératifs de cadeaux de Noël.