Le docteur Noah Praetorius (Cary Grant) est un médecin original. L'attention portée à ses patients et le soutien psychologique lui paraissent aussi, sinon plus importants que la thérapie proprement dite. Ses étudiants à l'université l'adorent. Mais il fait aussi des envieux, en particulier son collègue Ellwell, un vieux grincheux qui enquête sans relâche sur le passé de Praetorius. Praetorius aggrave son cas en épousant Deborah Higgins (Jeanne Crain) alors qu'elle est enceinte d'un homme qui l'a abandonnée et a tenté de se suicider. L'épouse-t-il par amour ou le mariage constitue-t-il l'ultime procédé thérapeutique original du médecin ? Entre temps, le complot contre Praetorius s'aggrave et le voila accusé d'exercice illégal de la médecine et de fréquentation d'un meurtrier.
Certains critiques, comme Jean Tulard, qui est pourtant un admirateur de Mankiewicz, sont très sévères quant à ce film et considèrent que c'est le plus mauvais de Mankiewicz.
Mais Mankiewicz était-il capable de faire un mauvais film ? Je pense que non. Certes, il a voulu un peu se faire plaisir dans ce film et aborde des thèmes qui lui sont chers. Mankiewicz avait très envie de devenir médecin et en profite pour donner au spectateur sa conception de la bonne et de la mauvaise médecine. De même, il avait été mis en cause par les partisans de McCarthy en tant que Président de la Guilde des réalisateurs et avait dû faire face à une tentative de coup d'Etat interne mené avec les méthodes du Professeur Ellwell alors qu'il rentrait d'Europe en bateau sans pouvoir réagir, et n'avait dû son salut qu'à une séance d'explication dont le film reproduit un échantillon.
Mais en dehors de ces motivations très personnelles, le film est comme toutes les aeuvres de Mankiewicz d'une finesse incroyable. Il aborde comme toujours le thème du complot, qui lui est cher, de l'amour, de l'amitié masculine, de la déchéance et de la rédemption. C'est un film jubilatoire, plein d'humour, qui donne envie de vivre et fait réfléchir.