Le disque le plus homogène de Beck, à l'heure blême où il n'avait pas grand-chose à perdre à jouer ces petites perles blues et punk. Son contrat chez Geffen ne le liait pas exclusivement à cette boîte, fait rare qu'il mettait à profit pour éditer ailleurs.
Dans « one foot in the grave », on est soufflé par la maturité de ses compositins et de sa maîtrise d'un rock n'roll / blues minimaliste enregistré avec du matériel de kitchenette. Le premier morceau, blues classique juste à la guitare, donne le ton. La suite lorgne sérieusement vers le punk, les balades ironiques, le teenage rock et le surf garage... mais sans effets, sans arrangements. Mélodies marquantes, énergie nonchalante, efficacité des compositions, ironie et hurlements.
Comme les actuels Jack White ou Cat Power (mais à l'époque où Jon Spencer proposait de redonner un second souffle au blues) ce gamin avait parfaitement intégré la musique de ses aînés et en recrachait sa version. En 1994 donc, il crachait cette quinzaine de chanson râpeuses qui sentent encore la lose et le désanchantement, la potacherie, l'alcool. L'autre Amérique. Celle de Skip James, de Neil Young, de John Lee Hooker.
Sinon, c'est aussi un des disques que j'écoute le plus régulièrement, portant toutes mes humeurs...