Les années 80, quoiqu'en disent ses détracteurs comme les nostalgiques (et ils sont nombreux), ce n'était pas seulement Madonna, Chagrin d'amour et autres horreurs. Il y avait plus d'un bon groupe, décidé à ne pas céder aux boîtes à rythme, à la pop molassone, et à l'imagerie gothique bon marché. Quelques-uns se sont retrouvés regroupés sous l'étiquette power pop, parce qu'ils avaient toujours la mélodie qui tue, acidulée et fraîche comme un milk-shake des années 60, jouée avec la fougue naïve de la même époque. C'étaient les Knacks, Barracudas, The Beat, et Plimsoul donc. Grand groupe mais dont les albums souffrent de la production de l'époque, froide et synthétique, qui menace de faire basculer dans la mièvrerie certaines chansons. D'où l'intérêt du live, qui rend leur dimension rock aux merveilles que sont "How Long Will It Take" ou "I'll Get Lucky". Les guitares sont rêches mais toujours ultra précises, la batterie cogne, et Peter Case chante comme Lennon énervé sur "Dizzy Miss Lizzy" : une merveille.