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5.0 étoiles sur 5
Ouvrage post mortem sur une légende des services spéciaux., 2 mai 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Opérations Spéciales : 20 Ans de Guerres Secrètes (Broché)
Une légende des opérations spéciales vient de disparaître... le colonel Sassi a rejoint ses méos auxquels il était si attaché.
Le colonel Sassi n'avait jamais écrit sur ses exploits de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Indochine. Sa rencontre avec le journaliste Jean-Louis Tremblais a permis de recueillir le fruit de son expérience au sein du Service Action et des troupes aéroportées.
Des jedburghs parachutés sur les maquis français, de la Force 136 préparée à Calcutta et lancée sur le Laos à l'épopée des GCMA sur les Hauts Plateaux, Jean Sassi fut de ces opérations spéciales qui n'en portaient pas encore le nom. Son expérience de la guérilla et de la guerre contre-insurrectionnelle s'étend sur près de 20 années.
Jean-Louis Tremblais a réalisé un travail de qualité en amenant le colonel Sassi à se positionner sur une série de réponses précises à des questions structurées et intelligentes. Le rythme de l'ouvrage est donc rapide, percutant et le colonel Sassi répond de manière alerte, directe et sans langue de bois.
A noter que l'ouvrage est édité par la jeune maison d'édition Nimrod (anciennement Movie Planet) qui s'est spécialisée dans les récits de guerre et d'opérations spéciales d'auteurs anglo-saxons. C'est la première fois, à ma connaissance, qu'elle édite les mémoires d'un ancien. Le choix du colonel Sassi fut un excellent choix ! A renouveler.
Particulièrement conseillé à celles (bonjour, Anne-Marie) et ceux intéressés par les opérations spéciales, les jedburghs et la guerre d'Indochine.
Mes respects, mon colonel et une pensée pour vos Méos dans leurs montagnes. You'll never walk alone...
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5.0 étoiles sur 5
Excellent, 22 août 2011
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Récits absolument HALLUCINANTS !! on a du mal à imaginer aujourd'hui de tels combattants...
On est à milles lieues de la guerre électronique par ordinateur mais diaboliquement efficace pour qui est expert (et le mot est faible) comme le Colonel Sassi. A l'époque on savait mouiller son treillis ! Forces spéciales sans le cliché Rambo. De l'authentique sans concessions.
Un vrai soldat et un vrai patriote.
Un courage, un engagement, une abnégation hors du commun, qui je pense ont malheureusement disparus aujourd'hui...
Qui combattrait encore dans de telles conditions ????!!!!
Respect et RIP mon Colonel !
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5.0 étoiles sur 5
"Le colonel Sassi, une haute et noble figure de notre génération de Soldats (...)" - Hélie de Saint Marc, 16 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Opérations Spéciales : 20 Ans de Guerres Secrètes (Broché)
Un journaliste, Jean-Louis Tremblais, grand reporter au Figaro Magazine, passionné par le peuple Hmong, allié des Français dans leur combat contre les forces nippones pendant la seconde guerre mondiale, allié toujours des Français pendant la lutte contre le Vietminh, anti-communiste, allié ensuite des Etats-Unis à qui il apporta des bataillons de soldats de Forces Spéciales, toujours en lutte contre le communisme à la population passée en 1975 de 100.000 personnes à 10.000 aujourd'hui, se voit proposer par plusieurs interlocuteurs de rencontrer le Colonel Sassi. Ce nom revient régulièrement. Il le rencontre dans la maison de retraite de Taverny où il terminera sa vie en 2009.
Qui est Jean Sassi ? Une figure de légende, un soldat d'exception, d'élite, premier parmi les premiers des Forces Spéciales, engagé dans les rangs des Forces Françaises Libres, volontaire pour les Jedburghs, parachuté dans le Vercors pour fédérer l'action des FFI, puis engagé dans les Alpes pour harceler les troupes allemandes.
Officier, écoeuré par les scènes de violence épurative pratiquées par des résistants de la dernière heure (souvent décrits par les historiens comme des lâches, des collabos se rachetant une virginité), s'engage pour l'Indochine en guerre. L'ennemi, radical, est japonais, le "Prussien de l'Extrême Orient" comme le décrivait mes aïeux qui l'ont combattu également.
Parachuté au Laos, chez les Méos (les Hmongs), il vivra une épreuve au feu terrifiante - en illustration, il fut poursuivi avec sa troupe pendant plusieurs semaines par les Japonais, une épine lui percera un oeil, le rendant borgne pour le restant de sa vie. Quelle dureté à la souffrance ! Quel héroïsme ! Le souvenir est vif.
Jean Sassi confirme les propos écrits par Erwan Bergot dans le bel ouvrage "
Commandos de choc en Indochine. (Les héros oubliés)" à savoir que les Jedburghs français eurent à combattre, après la reddition nippone, les Japonais encadrés par des Jedburghs américains (l'anti-colonialisme était une doctrine adoptée par les Américains à cette époque) qui sont à l'origine de l'affirmation politique de Ho Chi Minh (entraînement, armement).
Le lecteur ayant eu des attaches familiales en Indochine souffrira à la lecture du commentaire du chef Hmong Touby Lyfoung, dans son adieu à Jean Sassi en mars 1955 :
"Nous nous refusons à croire que vous nous abandonnez. Vous étiez la France parmi nous. Nous sommes prêts à tout admettre, que le soleil va s'éteindre, que le ciel va se fendre et les étoiles tomber sur notre tête. Nous sommes prêts à reprendre la guerre contre les communistes, à mourir et à combattre. Mais jamais nous ne pourrons croire que notre mère nous jette dans notre misère. Vous ne pouvez pas vous en aller !".
Ces mots exprimés différemment, cependant avec la même tonalité, je les ai entendus chez Hélie Denoix de Saint Marc, ancien commandant en second du 1er REP, putschiste, dans la présentation qu'il fit de sa vie "
Mémoires - Les champs de braises".
Les engagements, les éclairages sur vingt années d'une vie de soldat hors norme, enrichissent la connaissance que nous avons des trois guerres qu'il a combattues : contre les Allemands, contre les Japonais lors de la seconde guerre mondiale, l'Indochine puis l'Algérie.
J'ai relevé que Jean Sassi était contre la pratique de la torture, désavouant son camarade Jedburgh Aussaresses qui en avait fait la promotion. La torture était hélas pratiquée suffisamment par les ennemis.
Le Colonel Sassi n'est plus. Il a rejoint, certainement, ses amis, du "pays des Nuages", chez les fils du Grand Chien Méo et de l'empereur de Jade.
NB : Merci à Bir-Hacheim, Bagration et P.Vero de m'avoir invité à cette lecture passionnante.
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