Parmi les livres post syndrome 9/11 qui tentent un retour sur les faits, une analyse pertinente, ou de soulever une improbable « complotite » les bouquins de R. BAER ont le mérite, somme toute assez rare, d’être écrit par un acteur de tous ces jeux d’espions. Celui-ci a en effet été un ancien agent de la CIA. Son point de vue que l’on soit d’accord ou non n’en devient que plus intéressant. Après une passionnante autobiographie (la chute de la CIA), ce 2° bouquin certes commercial avant d’être celui d’un chercheur ou un journaliste, reste une enquête sur les liens troubles qu’entretiennent la Maison Blanche et la dynastie des SAOUD ; enquête étayée par les éléments de sa propre expérience professionnelle.
Retraçant l’histoire de la diplomatie américano saoudienne depuis plus de 70 ans, il nous permet ainsi de d’élargir le propos actuel généralement focalisé et restreint sur les Familles BUSH et BEN LADEN. Et de nous démontrer de la sorte que la rapacité aveugle des pétroliers et politiques américains les a amenés aux plus sordides alliances contre-nature avec une dynastie corrompue et ambiguë…
Mais loin d’être le premier à évoquer tout cela, le véritable intérêt de ce livre semble être l’intuition de l’auteur des années auparavant, bien avant la mondialisation du terrorisme islamiste, de l’importance et l’influence occultes de cette société secrète (à la base Egyptienne) que furent/sont les frères Musulmans alors que beaucoup pensent que c’est l’Afghanistan des 25 dernières années qui est à la source des troubles actuels. Du coup, au gré de son passé d’agent de terrain il nous évoque le Soudan, le Liban ou encore la Syrie voire le Tadjikistan comme possibles racines du mal…
Une mise en perspective différente et surtout plus ouverte. Un élément d’explication supplémentaire pour comprendre la complexité de la géopolitique actuelle.
Il devient du coup pertinent de relire les enquêtes d’Ahmed RASHID ou encore d’Eric LAURENT.
Les seuls reproches est le ton parfois très « tabloïd » qu’il emploie (surtout lorsqu’il brosse avec insistance le portrait de la maison SAOUD), l’absence de bibliographie, et aussi cette conclusion quelque peu douteuse car un peu trop patriotique…
On ne se refait pas.