Orchidée fixe (Littérature française) et plus d'un million d'autres livres sont disponibles pour le Kindle d'Amazon. En savoir plus

Acheter neuf

ou
Identifiez-vous pour activer la commande 1-Click.
ou
en essayant gratuitement Amazon Premium pendant 30 jours. Votre inscription aura lieu lors du passage de la commande. En savoir plus.
Acheter d'occasion
D'occasion - Comme neuf Voir les détails
Prix : EUR 0,01

ou
 
   
Plus de choix
Vous l'avez déjà ? Vendez votre exemplaire ici
Commencez à lire Orchidée fixe (Littérature française) sur votre Kindle en moins d'une minute.

Vous n'avez pas encore de Kindle ? Achetez-le ici ou téléchargez une application de lecture gratuite.

Orchidée fixe [Broché]

Serge Bramly
3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
Prix : EUR 18,00 Livraison à EUR 0,01 En savoir plus.
  Tous les prix incluent la TVA
o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o
Il ne reste plus que 1 exemplaire(s) en stock (d'autres exemplaires sont en cours d'acheminement).
Expédié et vendu par Amazon. Emballage cadeau disponible.
Voulez-vous le faire livrer le lundi 22 septembre ? Choisissez la livraison en 1 jour ouvré sur votre bon de commande. En savoir plus.
‹  Retourner à l'aperçu du produit

Descriptions du produit

Extrait

MIRAGE

Il venait de Marseille, il allait en Amérique. Il a débarqué à Casablanca, pour une escale qui allait durer un peu moins de trois semaines, le 21 mai 1942. Ça tombait un jeudi, vous pouvez vérifier.
Le bateau s'appelait le Maréchal Lyautey et portait les couleurs de la C.N.P., la compagnie de navigation Paquet. Trois cent quatre-vingt-treize passagers à bord. Duchamp voyageait avec un billet de seconde classe. Il existe une photo de lui, prise l'après-midi du départ, qui le montre debout à l'avant du navire. La cheminée fume. On dirait que le dernier coup de sirène vient de retentir. Il regarde vers le quai, dressé telle une figure de proue, et agite la main en signe d'adieu. Il me semble, mais je n'en suis pas certaine, que c'est André Gomès qui a fait cette photo. Les Gomès, Henriette et André, avaient déjeuné avec lui à une terrasse du Vieux-Port, quelques heures plus tôt. Victor Brauner et Jacques Hérold les avaient rejoints et ils avaient échangé à table de petits souvenirs, n'étant pas persuadés de jamais se revoir. À Hérold, Duchamp avait offert l'une de ses sculptures miniatures. Ses amis l'avaient ensuite accompagné jusqu'à l'embarcadère. Ils étaient émus et voulaient lui donner un coup de main avec les valises.
De Marseille à Casa, traversée sans histoire.
Mer d'huile, ciel limpide. Le paquebot cabotait à la limite des eaux territoriales espagnoles sans crainte des sous-marins.
Le thermomètre grimpait et les sourires revenaient, avec une sorte d'étonnement, à mesure que s'éloignait le théâtre de la guerre. On paressait sur les transats, les femmes comparaient leurs hâles. Comment ne pas s'imaginer en croisière comme autrefois ? Les journées s'étiraient. Le sentiment de flottement propre aux longs voyages tournait à l'engourdissement. Aux heures les plus chaudes, quand le soleil brûlait, Duchamp restait affalé sur sa couchette, la tête vide, dans une espèce d'hébétude qui le comblait.
Dans la nuit du 19, alors que brillaient à l'horizon les lumières de Gibraltar, le commandant a organisé une petite fête dansante. La nourriture était ce qu'elle était en ces temps de restrictions, mais le vin et les alcools ne manquaient pas à bord. Duchamp y a assisté à sa façon, de loin, je veux dire : à l'écart. Je ne pense pas qu'il se fût lié avec quiconque durant la traversée. Il n'était pas dans cet état d'esprit. L'étudiant en pharmacie à la faculté de Montpellier qui partageait sa cabine le prenait pour un représentant de commerce en fin de carrière (pour leur part, mon grand-père et mon arrière-grand-père Zafrani crurent d'abord à un marchand de jouets). Duchamp ne cherchait pas à le détromper (pas plus qu'il ne détrompa ma famille les premiers temps de leur rencontre) et chacun s'en tenait à bonjour-bonsoir.

Revue de presse

Autodidacte, iconoclaste, touche-à-tout (et réussit-tout), Serge Bramly avait depuis toujours une obsession, une orchidée fixe : dédier un livre à son idole, Marcel Duchamp, dont les oeuvres et autres mémoires savantes colonisent la bibliothèque...
Ainsi, dans Orchidée fixe (calembour emprunté aux notes de l'artiste), Bramly mêle son histoire à celle de Duchamp, à travers deux narrateurs liés, eux aussi, au peintre : la petite-fille d'un homme qui avait hébergé Duchamp, alors qu'il avait échappé au camp de transit près de Casablanca où il avait été interné, après avoir fui l'occupation allemande. Et un universitaire français, enseignant dans le Colorado, que les recherches ont lancé sur les traces de Duchamp. Un roman à quatre voix, même si celle de l'auteur se devine plus qu'elle ne s'affirme. Une histoire de passion, de rencontre, "de milieux et d'époques qui se croisent dans une longue suite de causes et d'effets". L'émouvante déclaration d'amour, surtout, et d'estime du disciple à l'endroit de son maître. (Marine de Tilly - Le Point du 20 juillet 2012)

Le passage au Maroc, en 1942, de l'inventeur du ready-made donne à Serge Bramly le motif d'un excellent roman à tiroirs et à clés. Marcel Duchamp débarque à Casablanca, en provenance de Marseille, le 21mai 1942. Il y demeure quelques semaines avant de pouvoir partir vers New York, où il parvient fin juin. Ces journées d'attente au Maroc sont très mal connues : un blanc dans une vie que les biographes ont tenté de recomposer en détail. Serge Bramly a pris possession de ce vide pour y loger une fiction aussi vraisemblable que savante...
Orchidée fixe peut aussi se lire comme une réflexion très ironique sur la notion de preuve en histoire, sur le genre de la biographie farcie de notes comme il s'en publie tant, et sur le fétichisme qui s'attache aux grands hommes et induit leurs admirateurs à les grimer - à les métamorphoser à leur guise. Bramly, lui, ne se cache pas, joue franchement - et gagne. Aragon a écrit jadis Henri Matisse, roman. Cet excellent livre pourrait donc s'intituler " Marcel Duchamp, roman "... (Philippe Dagen - Le Monde du 30 août 2012)

En 1942, l'artiste Marcel Duchamp fuit l'Occupation et débarque à Casablanca : à partir de ce postulat, Serge Bramly interroge les hasards d'une vie et d'une époque trouble...
Avec subtilité, Serge Bramly récrée une époque et cherche à assembler les pièces d'un puzzle fascinant. Le résultat donne un roman lumineux sur le hasard des rencontres et les aléas de l'existence. (Alexandre Fillon - Lire, septembre 2012)

Biographie de l'auteur

Né en 1949 à Tunis, Serge Bramly est l’auteur de nombreux romans : L’Itinéraire du fou (prix Del Duca), La Danse du loup (Prix des libraires 1983), Ragots et surtout, Le Premier Principe, Le Second Principe (Lattès, 2008), qui a reçu le prix Interallié. Il a écrit également des essais sur la Chine (Le Voyage de Shanghai), sur l’art (Léonard de Vinci, prix Vasari 1995 ; réédité en 2012) et la photographie.
‹  Retourner à l'aperçu du produit