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| 1. Carmina burana chants profanes - o fortuna - Jochum Eugen |
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Commentaires client les plus utiles
27 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Des "Carmina Burana" magistraux,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Orff - Carmina Burana (CD)
« Carmina Burana » signifie Chants de Beuren, du nom de l'abbaye bavaroise où l'on retrouva en 1803 une anthologie de quelque 200 textes médiévaux célébrant, non sans cynisme, l'amour courtois, les plaisirs de la table et du jeu, la force du destin...Dans les années 1930, le compositeur Carl Orff sélectionna certains chants et les assembla en une cantate scénique pour choeur, 3 solistes vocaux et un orchestre dominé par les bois, les cuivres et les percussions. Le succès des "Carmina" provient sans doute de leur expression très directe, déclamatoire, qui exerce un pouvoir de fascination quasiment hypnotique. L'oeuvre se compose de trois grandes parties (Printemps, A la Taverne, Cour d'amour) encadrées par la célébrissime incantation "O Fortuna" qui inscrit la cantate dans une structure cyclique signifiant la toute-puissance de la destinée : thématique circulaire de la roue de la fortune qui féconda l'imaginaire collectif du bas Moyen Age. Parmi les nombreux chefs qui abordèrent l'oeuvre, Eugen Jochum est souvent cité comme une référence incontestable depuis qu'il la grava en 1952 à Munich puis la réenregistra en 1968 pour la stéréophonie -c'est cette dernière version qui est éditée sur le présent CD. La conception profonde de Jochum flatte davantage la grandeur et le hiératisme que la spontanéité des chants. Je trouve qu'il a parfois trop tendance à solenniser le ton, ce qui dissipe les images magiques que souhaitait évoquer le compositeur. Ceci dit, cette conception magistrale est très bien servie par les choeurs fulgurants de l'Opéra de Berlin, et le plateau vocal est prestigieux. Entendre le soprano agile de Gundula Janowitz dans le "Stetit Puella" ou le truculent Gerhard Stolze dans la complainte du cygne rôti, cela suffit à rendre ce disque incontournable. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Eugen Jochum : une énergie vitale contrôlée,
Par claude toon "Juge ou avocat ??" (paris) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Orff - Carmina Burana (CD)
Le compositeur et pédagogue allemand Carl Orff (1895-1982) serait quasiment inconnu sans le succès planétaire de ses Carmina Burana, principalement le ch½ur initial « O Fortuna ». La cantate, écrite en 1937 pour solistes, ch½urs mixtes, ch½urs d'enfants et orchestre, est un bon plat de résistance qui s'inspire du bien vivre des chants profanes des goliards sélectionnés dans le manuscrit de l'abbaye de Benediktbeuern découvert en 1803. L'attitude d'Orff pendant le nazisme fut indécise et suscite encore débat. Mais il faut souligner à sa décharge que cette ½uvre, pourtant plutôt gaillarde, fit un tabac inattendu chez les dignitaires nazis qui s'en emparèrent à des fins de propagande par son coté « colossal germanique ». On privilégiait l'art allemand pour l'éducation populaire des masses par rejet de tout avant-gardisme. On peut craindre, lors d'interprétations médiocres, une approche teutonique et barbaresque de bien mauvais goût. En 1968, Eugen Jochum n'est pas tombé dans ce piège.Le Chef allemand (1902-1987) dirige sous l'½il du compositeur. Spécialiste incontesté de Bruckner, il maîtrise donc parfaitement les grandes masses chorales et symphoniques. Les atouts réunis sont nombreux : le ch½ur et l'orchestre de l'opéra de Berlin, et surtout un trio de chanteurs qui ne sera jamais égalé. Carl Orff donnera sa bénédiction. Cette interprétation historique se voulait fougueuse, puissante mais clair, la direction est contrastée et précise. Et puis cette version proposait un trio de chanteurs géniaux. Cette version fit connaitre l'ouvrage et reste 40 ans plus tard un modèle. Gundula Janowitz : au sommet de son art, la soprano prête sa voix pure et ses aigus cristallins, sans vocalises inutiles, aux trois complaintes de jeune fille amoureuse rêvant de sensualité (Amor volat undique ; Stetit puella ; In truitina). Dietrich Fisher Dieskau : le plus célèbre baryton de l'après-guerre assure les chants dans diverses parties (la nature, l'amour, la taverne), avec sa voix chaleureuse, lui aussi sans affectation propre à l'opéra. Gerhard Stolze : c'est Gollum reconverti en ténor. Une voix mielleuse et sournoise sans égale. Il reste Hérode (Salomé de R. Strauss) ou le nain Mime de Wagner pour l'éternité. Ici, le ténor incarne le plus beau poivrot de l'histoire du disque classique. Il faudra attendre 1988 et Seiji Ozawa pour bénéficier d'une autre approche, plus poétique et légère sans doute, mais avec un trio de chanteurs moins engagé. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
25 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Laissez de côté vos a priori et écoutez vraiment cette magnifique musique, dans cette magnifique interprétation,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Orff - Carmina Burana (CD)
Ce qu'il y a de bien, avec la musique, c'est qu'elle autorise une grande diversité d'opinions. Il y a ceux qui détestent les Carmina Burana. Moi, j'adore, ainsi que, plus généralement, la musique de Carl Orff.Bien que - si l'on en croit le nombre d'enregistrements disponibles - les CB soient une oeuvre fort populaire, elle souffrent d'une mauvaise réputation dans certains cercles. Les raisons, plus ou moins avouées, sont doubles : d'une part, on trouve cette musique excessivement simple et facile, et trop fondée sur de « gros effets » pour être entièrement honnête. D'autre part - ne tournons pas autour du pot - Orff est vu comme un compositeur Nazi, et sa musique itou (d'où ses gros effets) : alors on résiste, comme on aurait voulu résister à l'effet de fascination des grands raouts de Nuremberg. Ces reproches sont pourtant bien injustes. Certes, Orff s'est accommodé du nazisme, et les CB, créées en 1937, ont été finalement encensées par le régime. Mais c'est oublier, d'une part, que les mêmes les ont d'abord violemment critiquées, à cause de leur exaltation explicite des plaisirs du sexe, de la bouffe et de la vie terrestre. C'est oublier, ensuite, que Orff - qui n'a jamais été membre du Parti - a été, sinon blanchi, du moins placé dans la zone « grise acceptable » par les commissions de dénazification américaines de l'immédiat après-guerre, celle du « bénéfice du doute » n'interdisant pas à ses oeuvres d'être jouées : c'est mieux que Furtwangler et mieux que Strauss, que ses compromissions avérées avec le Nazisme n'ont jamais empêché d'être encensé par les mêmes qui condamnent Orff. Enfin, c'est faire peu de cas de ce qui se chante dans cette musique. CB doit une part essentielle de son succès - mais aussi de son rejet - à ses deux premiers numéros : il est aisé d'entendre dans cette musique martiale et tonitruante celle qui aurait pu accompagner l'invasion de la Pologne par la Wehrmacht. Et c'est peut-être, en effet, ce que les Nazis y ont entendu. Ils auraient mieux fait de mieux écouter ! Les paroles se rapportent à la « Fortune, impératrice du monde », elle qui un jour fait que les rois siègent au sommet et que le lendemain ils chutent tout en bas, dépouillés de leur gloire. Comment être plus prémonitoire quand au sort qui attendait le soi-disant « Reich de mille ans » ? L'attraction (ou la répulsion) de cette introduction, irrésistiblement « efficace » en effet (mais fait-on le même reproche au Boléro de Ravel ?) fait en outre négliger tout le reste. CB contient une musique superbe, avec une écriture chorale magnifiquement roborative, un seul air pour ténor mais quel air, des airs pour baryton merveilleusement entraînants et des parties de soprano véritablement célestes. Le plus souvent, la musique d'Orff est faussement simple. On a parfois l'impression qu'il y a comme une désynchronisation entre le texte et la musique, celle-ci ne respectant pas forcément, ni la syntaxe ni le fil du sens, comme si Orff faisait prévaloir sa vigueur rythmique sur son rôle d'accompagnateur du sens. Et en effet : c'est bien de la « musique contemporaine » qu'Orff écrit. On peut également reprocher à Orff d'avoir une écriture strophique simpliste : la plupart des numéros consistent en trois strophes de texte où la musique se répète telle quelle, sans la moindre variation. Mais cette répétitivité fait partie du concept même de l'oeuvre. Ce que l'on encense chez les minimalistes américains (ou dans le Boléro de Ravel) deviendrait critiquable chez Orff ? Bref, en écrivant cette recension, je voudrais surtout encourager ceux qui craignent que CB soient une musique politiquement incorrecte, à les réécouter, sans parti pris, et jusqu'au bout. Depuis sa parution, cette version d'Eugen Jochum est considérée comme une référence, et à juste titre : elle sonne, encore aujourd'hui, quarante ans plus tard, magnifiquement, le choeur est remarquablement clair dans son émission et remarquablement expressif dans sa caractérisation, et le choeur d'enfants sonne merveilleusement... enfantin. Et surtout, elle bénéficie de trois solistes véritablement sidéraux. Dans son air unique, Gerhard Stolze trouve des inflexions d'une noirceur étonnante. Je suis généralement un contempteur farouche de Dietrich Fischer-Dieskau, dont je trouve qu'il en fait toujours mille fois trop, et avec un « instrument » toujours forcé parce qu'intrinsèquement trop léger, mais ici, la combinaison de la clarté du timbre et d'une merveilleux sens du théâtre est irrésistible. Enfin, Gundula Janowitz chante, véritablement, comme un ange dans le ciel (et personnellement,je trouve son "Dulcissime" renversant). Et à ce prix, comment résister ? Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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