Grande nouvelle! Vous pouvez découvrir ou redécouvrir les 5 meilleurs albums de John McLaughlin dans un étui cartonné, tout cela pour un prix dérisoire.Mahavishnu Orchestra est (avec Weather Report et Return Of Forever) l'une des formations les plus remarquables de jazz-rock/fusion. Egalement la plus susceptible de plaire aux amateurs de musiques progressives : la plupart des combos instrumentaux avec violon actuels lui doivent tout ! Mais revenons à notre coffret... Il contient les 5 premiers albums du Mahavishnu, ceux parus entre 1971 et 1974. McLaughlin (guitare) et Billy Cobham se sont rencontrés lorsqu'ils jouaient avec Miles Davis à la fin des années 60. Influencé par les théories du gourou indien Sri Chinmoy, McLaughlin se rebaptise « Mahavishnu ». C'est en 1971 qu'il fonde The Mahavishnu Orchestra sur l'idée originale d'offrir une musique électrique où guitare et violon se tailleraient la part du lion. Pour cela, il recrute Jerry Goodman, le violoniste de The Flock. Autre spécificité, l'utilisation intensive d'une guitare à double-manche (6 cordes et 12 cordes) qui apporte ces sonorités si particulières, auquel s'ajoute des moogs véloces, ce qui n'est pas banal dans le monde du jazz de l'époque. C'est Jan Hammer qui assure les claviers. Rick Laird à la basse et contrebasse complète ce quintette remarquable qui va graver pour la postérité deux disques studio historiques « The inner mountain flame » (1972) et « Birds of fire » (1973), ainsi que le live « Between nothingless and eternity » (1973). Trois albums mirifiques, alternants titres épileptiques puissants et pièces nettement plus calmes et aériennes. Les deux premiers sont produits par McLaughlin himself, tandis que le live l'est par le tandem Krugman/Pearlman (Blue Öyster Cult et Pavlov's Dog). Cette fusion de rock électrique hendrixien, de funk, de musique traditionnelle indienne, de musique classique, de gospel... va être rangée dans le jazz du fait de son aspect très improvisée. Ce mélange est évidemment très progressif. En trois albums, Mahavishnu Orchestra va acquérir le statut de star, malgré sa musique pas toujours facile d'accès (ses détracteurs vont lui reprocher son côté démonstratif). Cette situation inédite, plutôt que de renforcer l'unité du groupe, va conduire à sa perte : Goodman et Hammer reprochent à McLaughlin son leadership sur le groupe : en pleine session d'enregistrement, Mahavishnu Orchestra explose (cela aboutira à la publication de « The lost trident sessions » beaucoup plus tard, album incomplet non présent dans le coffret). Sans perdre de temps, John constitue une seconde version de Mahavishnu Orchestra. Il recrute Jean-Luc Ponty (ex Zappa) au violon, la ravissante Gayle Moran aux claviers et au chant, Ralphe Armstrong à la basse, et enfin Narada Michael Walden à la batterie. Pour l'album suivant, le magnifique « Apocalypse » (1974), il s'entoure en plus du London Symphony Orchestra, dirigé par Michael Tilson Thomas. Ce disque est sans conteste le disque le plus construit, calme et classisant du Mahavishnu Orchestra, même s'il demeure beaucoup d'espaces réservés à l'improvisation. La voix aérienne de Gayle rajoute aussi beaucoup de charme à la musique du groupe qui mérite vraiment cette fois-ci l'appellation d'orchestre. En 1975, paraît son dernier grand album, celui qui termine également ce coffret : « Vision of emerald beyond ». Ce disque confirme la même formation et se révèle un compromis idéal entre la musique largement improvisée des deux premiers essais, et celle plus construite d' « Apocalyse ». Nombreux sont ceux considérant qu'il s'agit du meilleur disque du Mahavishnu. John McLaughlin, d'ailleurs, considère ce line-up comme le définitif. Il y aura bien un 6ème album (« Inner worlds » en 1976, non inclus ici), mais se révélant bien en retrait par rapport aux deux perles progressives que sont « Apocalypse » et « Visions of emerald beyond ». Mahavishnu Orchestra se dissout, McLaughlin créant Shakti. Il reformera Mahavishnu en 1984 avec une nouvelle équipe. A noter que Jerry Goodman rejoindra The Dixie Dregs; Gayle Moran, Return To Forever; Jan Hammer et Michael Walden, Jeff Beck; Rick Laird, Stan Getz et Chick Corea. Billy Cobham évoluera quant à lui en solo où il offrira le magnifique "Spectrum" (avec Tommy Bolin à la guitare), l'un des meilleurs albums de fusion de tous les temps.