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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Plaqué or,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oro (Poche)
Fiez-vous aux apparences ! Le contenu est conforme à l'image. Les ray-ban, la barbe, le fusil d'assaut, la clop (version pétard), les tatouages, les pectoraux. Tout y est. Et aussi une propension à tirer à vue sur tout ce qui le contrarie, à s'entourer d'abrutis alcoolisés qu'il fait travailler comme des nègres -qu'il n'aime pas -, pas plus que les ticos, ou ses associés dans les affaires - qui sont tous pervers et néfastes. Toutes les dix pages ils mordent la poussière -ou la boue-, et c'est bien fait pour eux. Les flics sont pourris, les femmes immondes, sauf sa belle blonde ou les nymphettes vierges qui servent, toutes les dix autres pages, au repos du guerrier. Lequel est, de surcroit, trafiquant de stups, joueur compulsif et chercheur d'or, comme le rappelle, le titre du livre, qui décrit complaisamment les conditions assez peu conformes au droit du travail dans lesquelles l'auteur mène son exploitation, quelque part au c½ur de le forêt impénétrable et hostile du Costa Rica.
Écrit avec un vocabulaire limité à quelque centaines de mots, le narrateur se régale et se vante de ses propres exploits qui sont, pour l'essentiel, les pires turpitudes. Égoïste, jouisseur, brutal, cynique, misogyne, raciste, pilleur de tombes précolombiennes... Sans loi, mais pas sans foi, car une bible l'accompagne, dont il lit toujours un verset avant de déchirer la page pour se rouler un joint ou pour tout autre usage scatologique. On peut aimer ce genre de texte, qui est au récit d'aventure ce que la collection Harlequin est au roman. On peut jubiler de l'outrance dans le mauvais goût et la transgression. Ainsi, dans les jeux vidéo, voit-on le joueur devenir l'affreux qui prend son plaisir à désintégrer les ennemis qui surgissent de tous bords. Cizia Zykë en a fait un fond de commerce lucratif, plaqué or. Il a largement exploité la veine des ses aventures « authentiques » inaugurées dans « Oro », et déclinées ensuite dans tous les continents. Tous les goûts sont dans la nature. Mais les lecteurs seront mieux inspirés de passer leur chemin et de redécouvrir les exploits plus distanciés d'Hubert Bonisseur de la Bath chers à Jean Bruce ou les récits mirifiques du commissaire San Antonio, chers à Fréderic Dard. Avec le même nombre de mots, ils laissent à la littérature une chance que Cizia Zykë, de son côté, pulvérise à la dynamite. Rebondissement inattendu dans son inoxydable scénario, l'auteur vient de passer l'arme à gauche. Paix à son âme ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Tête brulée,
Par Ourser "3 Cent Kil" (Bogota, Colombia) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oro (Poche)
Enfin un grand coup de pompe dans la littérature française ou la guinde et la morale judeo-chrétienne n ont pas leur place.
La même aventure vécue de nos jours l'aurait sûrement mené devant les tribunaux pour diverses raisons... Bref un livre outrageant, dérangeant, non conforme avec un ton bien partial propre à lui, jeune audacieux et sans pitié, il cherchera à effacer la mort de son fils âgé d' un an seulement, chose qu'il parviendra plus qu'à faire ! Un livre sans répit, qui se lit d un coup, qui vous fera voyager d'une certaine manière... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le repos du guerrier ? Une utopie.,
Par Jimmy McNulty (Neuchâtel, Suisse) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oro (Poche)
Petits, le rêve d'aventure, d'évasion et de danger nous amène à l'irrémédiable identification à une caste de super-héros plus ou moins établie (Warner Bros ou Marvel en sont les figures de proue). Le jeune Zykë, sortant toujours du lot, préfère vouer un culte à Robin des Bois. Le héros médiéval n'a de grâce à ses yeux que parce qu'il tisse le lien entre "exploiteurs et exploités" (Zykë est apolitique, il ne faut pas voir en lui quelconque dialectique marxiste), il vole aux riches pour donner aux pauvres, sans rien garder pour lui, ne succombant point à l'avarice ; un flambeur des temps anciens en sorte. L'aventure et la flambe sont ainsi les deux leitmotiv de Cizia qui, appâté par les récits d'orpailleurs, rejoindra le Costa Rica après trois années sagement passées sur les îles Caraïbes au bras de sa dulcinée, Diane.
Il s'en suivra une aventure haletante, grandiloquente et relevant sans doute de la mégalomanie ! La jungle costaricienne se présente comme un agrégat d'animaux et plantes hostiles, l'administration et la police s'avèrent victimes de corruption généralisée tandis que le milieu des orpailleurs est miné par les envieux, les traîtres et les incompétents. C'est pourtant au sein de cet environnement défavorable que Cizia, "El Francés", se taillera un nom et montera une compagnie minière dont il sera "l'actionnaire majoritaire", même si le terme légal n'est pas le plus approprié pour décrire son statut au sein de l'entreprise. L'instinct de Cizia aura vu juste ; les pépites d'or s'accumulent, mais le monticule le plus grand restera celui des problèmes occasionnées par cette exploitation, Zykë l'apprendra à ses dépens... Que dire de plus ? Les 464 pages de cette édition s'avalent à une vitesse faramineuse, dans une style incisif, provocateur (le blasphème semble monnaie courante chez Zykë, comme l'atteste son ouvrage du même nom sorti en 2001) et sans les fioritures des auteurs de salons parisiens, Cizia nous décrit la rude réalité de la jungle qui nous replonge dans ce que le philosophe anglais, Thomas Hobbes, nommait "l'état de nature", en opposition à "l'état politique", où chacun mesure ses droits par rapport à sa force (physique et armée) et ne pense qu'à son intérêt personnel. L'ouvrage amène ainsi à de vraies réflexions philosophiques relevant de l'éthique, la morale, l'esthétisme (obsessionnel chez l'auteur !) et la philosophie politique. Sur la forme, le récit vaut plus par ses intrigues que par son style en lui-même ; amoureux de Flaubert, passez votre chemin ! Aventuriers refoulés, saisissez votre chance ! D'autant plus qu'après la lecture de ce livre, il vous sera difficile de ne pas céder à la tentation d'acheter les ouvrages complétant sa trilogie autobiographique : Sahara et Parodie, hélas difficilement accessibles si ce n'est en occasion. Oro, best-seller mondial, aura ainsi considérablement marqué les débuts de l'aventure éditoriale de Zykë, initiée en 1985 et ne s'étant achevée qu'en 2009, avec sa dernière publication rendant hommage à la première ; Oro & Co ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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