Mailer a fait le choix du roman-vérité en cette sorte d'enquête où tout s'inscrit impitoyablement, l'essentiel et le dérisoire, le grotesque et le tragique. Oswald, c'est l'homme qui a été au bas de l'échelle sociale à la fois aux USA et en UESS. On appelle cela un "hapax", même pas un cas partculier mais un phénomène inclassable, à part des autres. Faut-il y voir l'effet ou la cause de sa paranoïa? La grande frustration de Mailer, et la nôtre du même coup, est le corollaire de son honnêteté: on ne voit Oswald que de l'extérieur, et son chemin de pensée nous reste insaosissable (à supposer qu'il existe). Un pauvre type, c'est sûr (comme son assassin Jack Ruby, dont la psychologie est restituée en quelques pages d'une densité étonnante)... mais quel type, si l'in ose dire, de pauvre type? Le livre se referme sur un mystère insondable, et le fort soupçon qu'il n'y a aucune leço, à tirer de ce genre d'histoire, mais avec tout de même une certitude de taille: de tels paumés sont parmi nous...