...à ces excellentes interprétations, où la musique coule avec une fluidité mozartienne. Une éloquence d'autant remarquable que l'orchestre saxon dose parcimonieusement ses effets : quelle subtilité dans les "Francs juges" !
Une véritable leçon de finesse, de distinction et de virtuosité : on pourra estimer que cet enregistrement de janvier 1997 surclasse le précédent témoignage de Colin Davis avec le
London Symphony. En tout cas, il rejoint les meilleures anthologies que signèrent en leur temps et chacun dans leur genre
Albert Wolff (Decca, juin 1955),
Thomas Beecham (Columbia, 1954),
Adrian Boult (Westminster, août 1956), ou André Cluytens (quatre Ouvertures pour Columbia en 1956, refaites chez Pathé en mars 1961 : qu'attend Emi pour rééditer ces gravures ?)
Point besoin de rappeler la profonde et ancienne connivence qui unit le chef anglais avec le compositeur de la "Fantastique" : accumulée pendant quarante ans, cette expérience se fructifie ici par une prestation en état de grâce, d'où toute vulgarité est bannie.
Même des célèbres et trépidants "Corsaire" et Carnaval romain", on ne saurait concevoir exécution plus droite, épurée : certains mélomanes estimeront-ils le résultat trop aseptisé, le ton trop neutre ? loin des grondantes fureurs de
Charles Munch à Boston !
Capté dans l'acoustique ample et réverbérée de la Lukaskirche, cet admirable disque ne laisse regretter que l'absence de "Rob Roy". Reste non moins d'une heure et quart de pur génie berliozien élevé à une quintessence sans concession par un maestro qui aujourd'hui le comprend et le maîtrise mieux que quiconque.
Signalons enfin que le programme du présent CD est désormais reparu en
collection économique.