D'après les critiques majoritairement positives des acheteurs américains, cette série est plutôt réaliste. Excellente série, ni pro ni anti guerre, qui a le mérite de "poser de bonnes questions" en laissant le spectateur chercher les réponses.
Peut-être une première explication Du faible succès, aux États-Unis, de cette série qui ne sera pas poursuivie (il n'y aura donc pas de "season 2").
Dommage, pour une fois qu'on nous présentait des Américains, et militaires, qui plus est, qui ne sont ni de pur héros (toujours victorieux) ni de purs robots (toujours victorieux)... Il est quand même rassurant de savoir que l'on peut encore dépeindre des citoyens américains autrement que comme des croisés du XIe siècle.
Pour ce qui est des scènes de combat d'infanterie débarquée, difficile de faire la part des choses : certaines séquences semblent réalistes, d'autres plutôt farfelues. Mais il faudrait aller en Irak pour s'en assurer. En attendant, on peut toujours lire "War reporting for cowards" de Chris Ayres (journaliste britannique du London Times, inséré dans une unité de l'USMC en 2003, lors de l'invasion de l'Irak), qui confirme un certain nombre de détails étonnants.
Évidemment, un certain nombre de "figures imposées" du film de guerre américain sont respectées :
le sergent chef de groupe eest hautement professionnel, dur mais juste ;
le lieutenant chef de section, comme ses prédécesseurs du Vietnam, n'est qu'un imbécile, méprisé par ses sous-officiers et suspect de poltronnerie (comme de juste, il est pulvérisé par un obus de mortier, ce qui est une forme de rachat) et son successeur ne vaut guère mieux ;
le lointain capitaine commandant de compagnie n'intervient que comme un "deus ex machina" (il arrive en Humvee et résout le moindre problème en quelques secondes), lorsque le scénario et la situation tactique deviennent ingérables, en prenant généralement le parti du sergent contre le lieutenant ;
le commandant du bataillon est invisible mais, selon la grande tradition hollywoodienne, on voit un général de division (normalement à la tête de 12 à 15 000 hommes)qui donne directement ses ordres à un sergent pour assurer le mouvement, sous le feu des mortiers des insurgés, d'une énorme rame de poids lourds (et qui contiennent un équipement vital : des toilettes de campagne).
Admettons... Après tout, il ne s'agit pas d'un documentaire mais d'une oeuvre de fiction.
Peut-être que c'est l'évocation des problèmes personnels des soldats (de milieux sociaux pas forcément les plus favorisés), auxquels les réalisateurs ont accordé autant de place qu'aux question purement militaires, qui a rebuté la grande majorité du public.