PJ Harvey

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Recording in Progress memorabilia + silent auction now available @SomersetHouse. For more information visit http://t.co/1DryoXis78 @Artangel


Biographie

Polly Jean Harvey voit le jour le 9 octobre 1969 à Yeovil, dans le Somerset, et grandit dans le Dorset, une région rurale de l'Angleterre. Ses parents exploitent une carrière de marbre et vivent dans une ferme, où ils font l'élevage des moutons. A l'occasion, cette ferme se transforme en auberge où, en vrais hippies fans de musique rock, les Harvey offrent gratuitement le gîte et le couvert aux artistes de passage : c'est ainsi qu'un soir, Polly Jean, âgée de trois ans, reçoit une leçon de batterie assise sur les genoux de Charlie Watts en personne !

Du soir au matin, la famille passe des ... Lire la suite

Polly Jean Harvey voit le jour le 9 octobre 1969 à Yeovil, dans le Somerset, et grandit dans le Dorset, une région rurale de l'Angleterre. Ses parents exploitent une carrière de marbre et vivent dans une ferme, où ils font l'élevage des moutons. A l'occasion, cette ferme se transforme en auberge où, en vrais hippies fans de musique rock, les Harvey offrent gratuitement le gîte et le couvert aux artistes de passage : c'est ainsi qu'un soir, Polly Jean, âgée de trois ans, reçoit une leçon de batterie assise sur les genoux de Charlie Watts en personne !

Du soir au matin, la famille passe des disques et l'enfance de Polly est ainsi baignée par la musique des Rolling Stones, de Bob Dylan, de Jimi Hendrix et de Captain Beefheart, mais aussi par celle des chanteurs de blues comme Robert Johnson, Howlin'Wolf ou John Lee Hooker. Dans son adolescence, Polly suivra un peu plus la mode en vigueur chez les jeunes filles de son âge et se mettra à des artistes comme les Pixies, The Police, U2, voire même Duran Duran ou Spandau Ballet !

Désireuse de faire à son tour de la musique, elle étudie pendant huit ans le saxophone et contribue à beaucoup de groupes locaux, dont Automatic Dlamini, un combo dirigé par le guitariste et producteur John Parish, qui deviendra son mentor, lui apprenant la guitare et l'aidant à faire ses premiers pas sur scène. A sa majorité, elle s'installe à Londres pour étudier la sculpture, une discipline que pratique déjà sa mère.

Trop pure

En janvier 1991, elle est prête pour le grand plongeon et forme son propre groupe, un trio appelé PJ Harvey, avec Rob Ellis (ancien batteur d'Automatic Dlamini) et le bassiste Steven Vaughan. Au sein de la formation, Polly chante, joue de la guitare (une vieille Gretsch qui paraît toujours démesurée dans ses bras) et elle écrit le matériel. Le groupe publie deux singles, « Dress » et « Sheela-Na-Gig », sur le label indépendant Too Pure : sur des riffs simples et une rythmique très punk, Polly y chante des textes crus, où elle évoque sans détours les affres de la condition féminine et la sexualité, une belle audace dans la prude Albion. Les réactions étant très élogieuses et les ventes encourageantes, le label Too Pure permet au trio d'enregistrer un album, Dry (un des meilleurs disques de l'année 1992) où on retrouve les deux singles et des compositions originales.

Ce sera un succès critique et Polly se retrouve très vite sous le feu des projecteurs, les performances-coups de poing qu'elle donne sur scène (parfois toute seule à la guitare et vêtue d'une veste en léopard et d'un boa rose) faisant grand bruit. C'est là que, mise à la une du New Musical Express, elle créé le scandale en posant nue pour les photographes, couverte d'un simple sac en plastique transparent : c'est en fait plus sa silhouette squelettique que sa nudité elle-même qui choquent. Par ce biais, elle exhibe ses fêlures et sa difficulté à s'accepter comme femme adulte, faisant preuve de la même sincérité (pour ne pas dire impudeur) que dans ses chansons.

Courtisée par toutes les majors, elle quitte Too Pure pour signer chez Island Records et PJ Harvey cesse peu à peu d'être un groupe pour devenir son nom de scène. Sur la BBC, John Peel la porte aux nues et en fait comme The Fall ou The Undertones une de ses artistes fétiches, qu'il invite souvent dans son studio pour des séances live, transformant chacune de ses sorties d'album en un événement (un CD officiel de ses Peel Sessions a d'ailleurs été commercialisé quelques mois après la mort de Peel).

Island lui accorde un budget pour son album Rid Of Me (1993), l'Américain Steve Albini étant choisi pour le produire. Archétypique du disque volontairement lo-fi, Rid Of Me renferme certains de ses classiques, comme le violent « Snake » ou le morceau-titre, un de ses morceaux de bravoure en live. Sur « Legs » ou « Rub 'Til It Bleeds », ce petit brin de fille aux allures de garçon manqué et à la voix très souple parle à nouveau de sexe comme probablement aucune chanteuse ne l'avait fait jusqu'alors en Angleterre. On la compare alors de plus en plus à Patti Smith, ce qu'elle récuse, n'ayant jamais vraiment été fan de celle-ci. La tournée, remarquée, fait l'objet d'une vidéo, Reeling With PJ Harvey, réalisée par une amie d'enfance de Polly, Maria Mochnacz, qui est aussi sa photographe officielle.

L'accueil réservé à Rid Of Me est globalement très positif, mais, insatisfaite de sa production, Polly en publiera quelques mois plus tard les bandes de travail sous le titre 4-Track Demos, un CD qui contient les maquettes qu'elle avait réalisées seule avant d'entrer en studio et qui montrent l'essence même de sa musique. Elle se sépare alors de Steven Vaughan mais conserve à ses côtés Rob Ellis, qui participera à certains de ses albums et à la plupart de ses tournées.

Le grand public la découvre réellement en 1994 lorsqu'elle apparaît à la cérémonie télévisée des Brit Awards où, en duo avec Björk, elle joue une version bien destroy du « (I Can't Get No) Satisfaction » des Rolling Stones, que le bureau de leur ancien manager Allen Klein empêche légalement de sortir en single, à la consternation générale.

Dépression

Après cela, 1995 est l'année de la révélation pour Polly : sur To Bring You My Love, elle fait appel à son vieil ami John Parish, qui joue de la batterie et un peu de guitare et co-produit l'album avec Flood. Elle a également recruté à la basse et aux claviers Eric Drew Feldman (un ancien musicien de Captain Beefheart), le bassiste Mick Harvey (pris à Nick Cave, et avec lequel elle n'a aucun lien de parenté), le Français Jean-Marc Butty à la batterie et Joe Gore, un guitariste qu'on a remarqué aux côtés de Tom Waits. Le disque se vend à un million d'exemplaires, engendrant même un mini-hit avec « Down By The Water » et lui vaut une foule de distinctions dans la presse, mais sa tournée, qui passe par le festival de Glastonbury, marque encore plus les esprits : maquillée comme une voiture volée, vêtue de tenues très voyantes, elle a un peu laissé de côté la guitare pour mieux se concentrer sur le chant et élaborer un jeu de scène qui déroute les spectateurs. Hélas, son état de santé l'oblige à interrompre prématurément son périple : on parle tour à tour de dépression nerveuse, d'épuisement et d'anorexie, en tout cas, il est évident qu'elle doit prendre du recul par rapport à sa nouvelle vie de rock-star et se rétablir.

Si elle passe trois ans sans sortir d'album sous son nom, cela ne veut pas dire pour autant qu'elle reste inactive, puisqu'elle multiplie les collaborations intelligentes, chantant avec Sparklehorse, Tricky (le duo « Broken Homes ») ou le Français Pascal Comelade sur L'argot du bruit, enregistrant même tout un album en duo avec John Parish (Dance Hall At Louse Point en 1996), participant à Murder Ballads de Nick Cave, avec qui elle vit alors une liaison orageuse, qui l'affecte beaucoup. Toujours prête aux expériences, elle tient un premier rôle au cinéma en 1998 dans The Book Of Life, d'Hal Hartley, où elle joue Marie-Madeleine.

Pour la tournée qui suit son retour discographique et la sortie d'Is This Desire? en 1998, elle ajoute son complice John Parish à son groupe de scène, ne joue de la guitare qu'en fin de set, auquel elle intègre en plus de ses nouvelles chansons (« Electric Light », « Joy », « A Perfect Day, Elise ») des titres de Dance Hall At Louse Point comme « Taut » ou « Civil War Correspondent ». Elle semble alors plus épanouie, plus féminine et naturelle, et fait preuve de beaucoup plus de sobriété devant le public.

Américaine

En dehors de l'Angleterre, c'est en France qu'elle draine les foules, un phénomène qui ne se démentira pas. La tournée Is This Desire? finie, elle prend des vacances, puis s'installe pour quelques mois à New York, tout en exposant ses sculptures à Londres. Dans la Big Apple, elle devient la compagne d'un dramaturge, puis de l'acteur Vincent Gallo. Elle y écrit une bonne partie de l'album Stories From The City, Stories From The Sea, l'autre étant composée dans le Dorset et une fois de retour en studio, elle invite Thom Yorke, de Radiohead, à chanter avec elle dans les choeurs et pour un duo, « This Mess We're In ». Fan inconditionnel, Jean-Louis Murat a entre temps écrit en son hommage une chanson, « Polly Jean ».

Après la sortie de Stories... fin 2000, elle donne un concert à l'Olympia de Paris retransmis en direct sur Internet ; peu après, aux Etats-Unis, elle assure la première partie de U2 dans des stades et des grandes salles et commence à se faire un nom sur ce territoire. Plus orienté vers le son des radios, Stories... se vendra finalement à un million d'exemplaires. Elle a désormais à ses côtés à la guitare Tim Farthing et Margaret Fiedler, de Laika.

En 2003, en éternelle workaholic, elle participe aux Desert Sessions de Josh Homme, le leader des Queens Of The Stone Age, et elle assure une mini-tournée estivale, se produisant à la première édition du festival Rock En Seine à Saint-Cloud, où elle donne en trio avec Ellis et Mick Harvey une prestation très remarquée.

L'année suivante, avec sous le bras son opus Uh-Uh Her (pour lequel elle est revenue au son très brut de ses débuts, jouant de tous les instruments sauf de la batterie) et avec un groupe encore modifié, elle remplit deux Zénith et apparaît même en décembre dans un concert gratuit organisé en banlieue parisienne, ceci par la RATP ! Son premier DVD, Please Leave Quietly, sera le témoignage de cette tournée. Juste après, elle concrétise un de ses rêves de gosse en signant ou co-signant une moitié de l'album Before The Poison de son idole de toujours Marianne Faithfull, qui l'avait rejointe sur scène au Zénith.

Intime

L'album, White Chalk, composé et enregistré au piano avec juste quelques effets de production, la voit revenir à un style plus dépouillé mais tout aussi intense qu'avant. Sur scène, elle se produit seule, alternant la guitare, le piano et l'autoharpe et se cantonne à des salles à l'ambiance plus intimiste. En 2007, A Woman A Man Walked By célèbre les retrouvailles avec le compositeur et guitariste John Parish, pour un disque entre tempête électrique et douceur acoustique.

Début 2011, Let England Shake dévoile une PJ Harvey au sommet de son art que le concept belliqueux des chansons ne doit pas masquer. A travers les douze ballades à la rage ravalée de ce dixième opus, la chanteuse rebelle se fait le témoin des guerres sanglantes menées par sa patrie. Elle parvient une nouvelle fois à réinventer son ton et son style, toujours avec grandeur.

Parmi les chanteuses et auteurs-compositeurs de sa génération, certains lui préfèrent Björk, voire Tori Amos : on peut effectivement ne pas apprécier le personnage de PJ Harvey ou sa musique, mais nul ne peut nier à quel point cette Anglaise pas comme les autres déborde d'énergie, ni qu'elle a su se faire une place unique et résolument enviable dans le paysage musical actuel, celle d'un songwriter parmi les plus prolifiques et les plus sincères. Contrairement à une idée reçue, le blues n'est pas mort et dans sa version moderne (avec guitares saturées, rythmiques brutales et chant couvrant tous les extrêmes), il a bel et bien trouvé sa madone, qui s'appelle Polly Jean Harvey. Copyright 2014 Music Story Frédéric Régent

Polly Jean Harvey voit le jour le 9 octobre 1969 à Yeovil, dans le Somerset, et grandit dans le Dorset, une région rurale de l'Angleterre. Ses parents exploitent une carrière de marbre et vivent dans une ferme, où ils font l'élevage des moutons. A l'occasion, cette ferme se transforme en auberge où, en vrais hippies fans de musique rock, les Harvey offrent gratuitement le gîte et le couvert aux artistes de passage : c'est ainsi qu'un soir, Polly Jean, âgée de trois ans, reçoit une leçon de batterie assise sur les genoux de Charlie Watts en personne !

Du soir au matin, la famille passe des disques et l'enfance de Polly est ainsi baignée par la musique des Rolling Stones, de Bob Dylan, de Jimi Hendrix et de Captain Beefheart, mais aussi par celle des chanteurs de blues comme Robert Johnson, Howlin'Wolf ou John Lee Hooker. Dans son adolescence, Polly suivra un peu plus la mode en vigueur chez les jeunes filles de son âge et se mettra à des artistes comme les Pixies, The Police, U2, voire même Duran Duran ou Spandau Ballet !

Désireuse de faire à son tour de la musique, elle étudie pendant huit ans le saxophone et contribue à beaucoup de groupes locaux, dont Automatic Dlamini, un combo dirigé par le guitariste et producteur John Parish, qui deviendra son mentor, lui apprenant la guitare et l'aidant à faire ses premiers pas sur scène. A sa majorité, elle s'installe à Londres pour étudier la sculpture, une discipline que pratique déjà sa mère.

Trop pure

En janvier 1991, elle est prête pour le grand plongeon et forme son propre groupe, un trio appelé PJ Harvey, avec Rob Ellis (ancien batteur d'Automatic Dlamini) et le bassiste Steven Vaughan. Au sein de la formation, Polly chante, joue de la guitare (une vieille Gretsch qui paraît toujours démesurée dans ses bras) et elle écrit le matériel. Le groupe publie deux singles, « Dress » et « Sheela-Na-Gig », sur le label indépendant Too Pure : sur des riffs simples et une rythmique très punk, Polly y chante des textes crus, où elle évoque sans détours les affres de la condition féminine et la sexualité, une belle audace dans la prude Albion. Les réactions étant très élogieuses et les ventes encourageantes, le label Too Pure permet au trio d'enregistrer un album, Dry (un des meilleurs disques de l'année 1992) où on retrouve les deux singles et des compositions originales.

Ce sera un succès critique et Polly se retrouve très vite sous le feu des projecteurs, les performances-coups de poing qu'elle donne sur scène (parfois toute seule à la guitare et vêtue d'une veste en léopard et d'un boa rose) faisant grand bruit. C'est là que, mise à la une du New Musical Express, elle créé le scandale en posant nue pour les photographes, couverte d'un simple sac en plastique transparent : c'est en fait plus sa silhouette squelettique que sa nudité elle-même qui choquent. Par ce biais, elle exhibe ses fêlures et sa difficulté à s'accepter comme femme adulte, faisant preuve de la même sincérité (pour ne pas dire impudeur) que dans ses chansons.

Courtisée par toutes les majors, elle quitte Too Pure pour signer chez Island Records et PJ Harvey cesse peu à peu d'être un groupe pour devenir son nom de scène. Sur la BBC, John Peel la porte aux nues et en fait comme The Fall ou The Undertones une de ses artistes fétiches, qu'il invite souvent dans son studio pour des séances live, transformant chacune de ses sorties d'album en un événement (un CD officiel de ses Peel Sessions a d'ailleurs été commercialisé quelques mois après la mort de Peel).

Island lui accorde un budget pour son album Rid Of Me (1993), l'Américain Steve Albini étant choisi pour le produire. Archétypique du disque volontairement lo-fi, Rid Of Me renferme certains de ses classiques, comme le violent « Snake » ou le morceau-titre, un de ses morceaux de bravoure en live. Sur « Legs » ou « Rub 'Til It Bleeds », ce petit brin de fille aux allures de garçon manqué et à la voix très souple parle à nouveau de sexe comme probablement aucune chanteuse ne l'avait fait jusqu'alors en Angleterre. On la compare alors de plus en plus à Patti Smith, ce qu'elle récuse, n'ayant jamais vraiment été fan de celle-ci. La tournée, remarquée, fait l'objet d'une vidéo, Reeling With PJ Harvey, réalisée par une amie d'enfance de Polly, Maria Mochnacz, qui est aussi sa photographe officielle.

L'accueil réservé à Rid Of Me est globalement très positif, mais, insatisfaite de sa production, Polly en publiera quelques mois plus tard les bandes de travail sous le titre 4-Track Demos, un CD qui contient les maquettes qu'elle avait réalisées seule avant d'entrer en studio et qui montrent l'essence même de sa musique. Elle se sépare alors de Steven Vaughan mais conserve à ses côtés Rob Ellis, qui participera à certains de ses albums et à la plupart de ses tournées.

Le grand public la découvre réellement en 1994 lorsqu'elle apparaît à la cérémonie télévisée des Brit Awards où, en duo avec Björk, elle joue une version bien destroy du « (I Can't Get No) Satisfaction » des Rolling Stones, que le bureau de leur ancien manager Allen Klein empêche légalement de sortir en single, à la consternation générale.

Dépression

Après cela, 1995 est l'année de la révélation pour Polly : sur To Bring You My Love, elle fait appel à son vieil ami John Parish, qui joue de la batterie et un peu de guitare et co-produit l'album avec Flood. Elle a également recruté à la basse et aux claviers Eric Drew Feldman (un ancien musicien de Captain Beefheart), le bassiste Mick Harvey (pris à Nick Cave, et avec lequel elle n'a aucun lien de parenté), le Français Jean-Marc Butty à la batterie et Joe Gore, un guitariste qu'on a remarqué aux côtés de Tom Waits. Le disque se vend à un million d'exemplaires, engendrant même un mini-hit avec « Down By The Water » et lui vaut une foule de distinctions dans la presse, mais sa tournée, qui passe par le festival de Glastonbury, marque encore plus les esprits : maquillée comme une voiture volée, vêtue de tenues très voyantes, elle a un peu laissé de côté la guitare pour mieux se concentrer sur le chant et élaborer un jeu de scène qui déroute les spectateurs. Hélas, son état de santé l'oblige à interrompre prématurément son périple : on parle tour à tour de dépression nerveuse, d'épuisement et d'anorexie, en tout cas, il est évident qu'elle doit prendre du recul par rapport à sa nouvelle vie de rock-star et se rétablir.

Si elle passe trois ans sans sortir d'album sous son nom, cela ne veut pas dire pour autant qu'elle reste inactive, puisqu'elle multiplie les collaborations intelligentes, chantant avec Sparklehorse, Tricky (le duo « Broken Homes ») ou le Français Pascal Comelade sur L'argot du bruit, enregistrant même tout un album en duo avec John Parish (Dance Hall At Louse Point en 1996), participant à Murder Ballads de Nick Cave, avec qui elle vit alors une liaison orageuse, qui l'affecte beaucoup. Toujours prête aux expériences, elle tient un premier rôle au cinéma en 1998 dans The Book Of Life, d'Hal Hartley, où elle joue Marie-Madeleine.

Pour la tournée qui suit son retour discographique et la sortie d'Is This Desire? en 1998, elle ajoute son complice John Parish à son groupe de scène, ne joue de la guitare qu'en fin de set, auquel elle intègre en plus de ses nouvelles chansons (« Electric Light », « Joy », « A Perfect Day, Elise ») des titres de Dance Hall At Louse Point comme « Taut » ou « Civil War Correspondent ». Elle semble alors plus épanouie, plus féminine et naturelle, et fait preuve de beaucoup plus de sobriété devant le public.

Américaine

En dehors de l'Angleterre, c'est en France qu'elle draine les foules, un phénomène qui ne se démentira pas. La tournée Is This Desire? finie, elle prend des vacances, puis s'installe pour quelques mois à New York, tout en exposant ses sculptures à Londres. Dans la Big Apple, elle devient la compagne d'un dramaturge, puis de l'acteur Vincent Gallo. Elle y écrit une bonne partie de l'album Stories From The City, Stories From The Sea, l'autre étant composée dans le Dorset et une fois de retour en studio, elle invite Thom Yorke, de Radiohead, à chanter avec elle dans les choeurs et pour un duo, « This Mess We're In ». Fan inconditionnel, Jean-Louis Murat a entre temps écrit en son hommage une chanson, « Polly Jean ».

Après la sortie de Stories... fin 2000, elle donne un concert à l'Olympia de Paris retransmis en direct sur Internet ; peu après, aux Etats-Unis, elle assure la première partie de U2 dans des stades et des grandes salles et commence à se faire un nom sur ce territoire. Plus orienté vers le son des radios, Stories... se vendra finalement à un million d'exemplaires. Elle a désormais à ses côtés à la guitare Tim Farthing et Margaret Fiedler, de Laika.

En 2003, en éternelle workaholic, elle participe aux Desert Sessions de Josh Homme, le leader des Queens Of The Stone Age, et elle assure une mini-tournée estivale, se produisant à la première édition du festival Rock En Seine à Saint-Cloud, où elle donne en trio avec Ellis et Mick Harvey une prestation très remarquée.

L'année suivante, avec sous le bras son opus Uh-Uh Her (pour lequel elle est revenue au son très brut de ses débuts, jouant de tous les instruments sauf de la batterie) et avec un groupe encore modifié, elle remplit deux Zénith et apparaît même en décembre dans un concert gratuit organisé en banlieue parisienne, ceci par la RATP ! Son premier DVD, Please Leave Quietly, sera le témoignage de cette tournée. Juste après, elle concrétise un de ses rêves de gosse en signant ou co-signant une moitié de l'album Before The Poison de son idole de toujours Marianne Faithfull, qui l'avait rejointe sur scène au Zénith.

Intime

L'album, White Chalk, composé et enregistré au piano avec juste quelques effets de production, la voit revenir à un style plus dépouillé mais tout aussi intense qu'avant. Sur scène, elle se produit seule, alternant la guitare, le piano et l'autoharpe et se cantonne à des salles à l'ambiance plus intimiste. En 2007, A Woman A Man Walked By célèbre les retrouvailles avec le compositeur et guitariste John Parish, pour un disque entre tempête électrique et douceur acoustique.

Début 2011, Let England Shake dévoile une PJ Harvey au sommet de son art que le concept belliqueux des chansons ne doit pas masquer. A travers les douze ballades à la rage ravalée de ce dixième opus, la chanteuse rebelle se fait le témoin des guerres sanglantes menées par sa patrie. Elle parvient une nouvelle fois à réinventer son ton et son style, toujours avec grandeur.

Parmi les chanteuses et auteurs-compositeurs de sa génération, certains lui préfèrent Björk, voire Tori Amos : on peut effectivement ne pas apprécier le personnage de PJ Harvey ou sa musique, mais nul ne peut nier à quel point cette Anglaise pas comme les autres déborde d'énergie, ni qu'elle a su se faire une place unique et résolument enviable dans le paysage musical actuel, celle d'un songwriter parmi les plus prolifiques et les plus sincères. Contrairement à une idée reçue, le blues n'est pas mort et dans sa version moderne (avec guitares saturées, rythmiques brutales et chant couvrant tous les extrêmes), il a bel et bien trouvé sa madone, qui s'appelle Polly Jean Harvey. Copyright 2014 Music Story Frédéric Régent

Polly Jean Harvey voit le jour le 9 octobre 1969 à Yeovil, dans le Somerset, et grandit dans le Dorset, une région rurale de l'Angleterre. Ses parents exploitent une carrière de marbre et vivent dans une ferme, où ils font l'élevage des moutons. A l'occasion, cette ferme se transforme en auberge où, en vrais hippies fans de musique rock, les Harvey offrent gratuitement le gîte et le couvert aux artistes de passage : c'est ainsi qu'un soir, Polly Jean, âgée de trois ans, reçoit une leçon de batterie assise sur les genoux de Charlie Watts en personne !

Du soir au matin, la famille passe des disques et l'enfance de Polly est ainsi baignée par la musique des Rolling Stones, de Bob Dylan, de Jimi Hendrix et de Captain Beefheart, mais aussi par celle des chanteurs de blues comme Robert Johnson, Howlin'Wolf ou John Lee Hooker. Dans son adolescence, Polly suivra un peu plus la mode en vigueur chez les jeunes filles de son âge et se mettra à des artistes comme les Pixies, The Police, U2, voire même Duran Duran ou Spandau Ballet !

Désireuse de faire à son tour de la musique, elle étudie pendant huit ans le saxophone et contribue à beaucoup de groupes locaux, dont Automatic Dlamini, un combo dirigé par le guitariste et producteur John Parish, qui deviendra son mentor, lui apprenant la guitare et l'aidant à faire ses premiers pas sur scène. A sa majorité, elle s'installe à Londres pour étudier la sculpture, une discipline que pratique déjà sa mère.

Trop pure

En janvier 1991, elle est prête pour le grand plongeon et forme son propre groupe, un trio appelé PJ Harvey, avec Rob Ellis (ancien batteur d'Automatic Dlamini) et le bassiste Steven Vaughan. Au sein de la formation, Polly chante, joue de la guitare (une vieille Gretsch qui paraît toujours démesurée dans ses bras) et elle écrit le matériel. Le groupe publie deux singles, « Dress » et « Sheela-Na-Gig », sur le label indépendant Too Pure : sur des riffs simples et une rythmique très punk, Polly y chante des textes crus, où elle évoque sans détours les affres de la condition féminine et la sexualité, une belle audace dans la prude Albion. Les réactions étant très élogieuses et les ventes encourageantes, le label Too Pure permet au trio d'enregistrer un album, Dry (un des meilleurs disques de l'année 1992) où on retrouve les deux singles et des compositions originales.

Ce sera un succès critique et Polly se retrouve très vite sous le feu des projecteurs, les performances-coups de poing qu'elle donne sur scène (parfois toute seule à la guitare et vêtue d'une veste en léopard et d'un boa rose) faisant grand bruit. C'est là que, mise à la une du New Musical Express, elle créé le scandale en posant nue pour les photographes, couverte d'un simple sac en plastique transparent : c'est en fait plus sa silhouette squelettique que sa nudité elle-même qui choquent. Par ce biais, elle exhibe ses fêlures et sa difficulté à s'accepter comme femme adulte, faisant preuve de la même sincérité (pour ne pas dire impudeur) que dans ses chansons.

Courtisée par toutes les majors, elle quitte Too Pure pour signer chez Island Records et PJ Harvey cesse peu à peu d'être un groupe pour devenir son nom de scène. Sur la BBC, John Peel la porte aux nues et en fait comme The Fall ou The Undertones une de ses artistes fétiches, qu'il invite souvent dans son studio pour des séances live, transformant chacune de ses sorties d'album en un événement (un CD officiel de ses Peel Sessions a d'ailleurs été commercialisé quelques mois après la mort de Peel).

Island lui accorde un budget pour son album Rid Of Me (1993), l'Américain Steve Albini étant choisi pour le produire. Archétypique du disque volontairement lo-fi, Rid Of Me renferme certains de ses classiques, comme le violent « Snake » ou le morceau-titre, un de ses morceaux de bravoure en live. Sur « Legs » ou « Rub 'Til It Bleeds », ce petit brin de fille aux allures de garçon manqué et à la voix très souple parle à nouveau de sexe comme probablement aucune chanteuse ne l'avait fait jusqu'alors en Angleterre. On la compare alors de plus en plus à Patti Smith, ce qu'elle récuse, n'ayant jamais vraiment été fan de celle-ci. La tournée, remarquée, fait l'objet d'une vidéo, Reeling With PJ Harvey, réalisée par une amie d'enfance de Polly, Maria Mochnacz, qui est aussi sa photographe officielle.

L'accueil réservé à Rid Of Me est globalement très positif, mais, insatisfaite de sa production, Polly en publiera quelques mois plus tard les bandes de travail sous le titre 4-Track Demos, un CD qui contient les maquettes qu'elle avait réalisées seule avant d'entrer en studio et qui montrent l'essence même de sa musique. Elle se sépare alors de Steven Vaughan mais conserve à ses côtés Rob Ellis, qui participera à certains de ses albums et à la plupart de ses tournées.

Le grand public la découvre réellement en 1994 lorsqu'elle apparaît à la cérémonie télévisée des Brit Awards où, en duo avec Björk, elle joue une version bien destroy du « (I Can't Get No) Satisfaction » des Rolling Stones, que le bureau de leur ancien manager Allen Klein empêche légalement de sortir en single, à la consternation générale.

Dépression

Après cela, 1995 est l'année de la révélation pour Polly : sur To Bring You My Love, elle fait appel à son vieil ami John Parish, qui joue de la batterie et un peu de guitare et co-produit l'album avec Flood. Elle a également recruté à la basse et aux claviers Eric Drew Feldman (un ancien musicien de Captain Beefheart), le bassiste Mick Harvey (pris à Nick Cave, et avec lequel elle n'a aucun lien de parenté), le Français Jean-Marc Butty à la batterie et Joe Gore, un guitariste qu'on a remarqué aux côtés de Tom Waits. Le disque se vend à un million d'exemplaires, engendrant même un mini-hit avec « Down By The Water » et lui vaut une foule de distinctions dans la presse, mais sa tournée, qui passe par le festival de Glastonbury, marque encore plus les esprits : maquillée comme une voiture volée, vêtue de tenues très voyantes, elle a un peu laissé de côté la guitare pour mieux se concentrer sur le chant et élaborer un jeu de scène qui déroute les spectateurs. Hélas, son état de santé l'oblige à interrompre prématurément son périple : on parle tour à tour de dépression nerveuse, d'épuisement et d'anorexie, en tout cas, il est évident qu'elle doit prendre du recul par rapport à sa nouvelle vie de rock-star et se rétablir.

Si elle passe trois ans sans sortir d'album sous son nom, cela ne veut pas dire pour autant qu'elle reste inactive, puisqu'elle multiplie les collaborations intelligentes, chantant avec Sparklehorse, Tricky (le duo « Broken Homes ») ou le Français Pascal Comelade sur L'argot du bruit, enregistrant même tout un album en duo avec John Parish (Dance Hall At Louse Point en 1996), participant à Murder Ballads de Nick Cave, avec qui elle vit alors une liaison orageuse, qui l'affecte beaucoup. Toujours prête aux expériences, elle tient un premier rôle au cinéma en 1998 dans The Book Of Life, d'Hal Hartley, où elle joue Marie-Madeleine.

Pour la tournée qui suit son retour discographique et la sortie d'Is This Desire? en 1998, elle ajoute son complice John Parish à son groupe de scène, ne joue de la guitare qu'en fin de set, auquel elle intègre en plus de ses nouvelles chansons (« Electric Light », « Joy », « A Perfect Day, Elise ») des titres de Dance Hall At Louse Point comme « Taut » ou « Civil War Correspondent ». Elle semble alors plus épanouie, plus féminine et naturelle, et fait preuve de beaucoup plus de sobriété devant le public.

Américaine

En dehors de l'Angleterre, c'est en France qu'elle draine les foules, un phénomène qui ne se démentira pas. La tournée Is This Desire? finie, elle prend des vacances, puis s'installe pour quelques mois à New York, tout en exposant ses sculptures à Londres. Dans la Big Apple, elle devient la compagne d'un dramaturge, puis de l'acteur Vincent Gallo. Elle y écrit une bonne partie de l'album Stories From The City, Stories From The Sea, l'autre étant composée dans le Dorset et une fois de retour en studio, elle invite Thom Yorke, de Radiohead, à chanter avec elle dans les choeurs et pour un duo, « This Mess We're In ». Fan inconditionnel, Jean-Louis Murat a entre temps écrit en son hommage une chanson, « Polly Jean ».

Après la sortie de Stories... fin 2000, elle donne un concert à l'Olympia de Paris retransmis en direct sur Internet ; peu après, aux Etats-Unis, elle assure la première partie de U2 dans des stades et des grandes salles et commence à se faire un nom sur ce territoire. Plus orienté vers le son des radios, Stories... se vendra finalement à un million d'exemplaires. Elle a désormais à ses côtés à la guitare Tim Farthing et Margaret Fiedler, de Laika.

En 2003, en éternelle workaholic, elle participe aux Desert Sessions de Josh Homme, le leader des Queens Of The Stone Age, et elle assure une mini-tournée estivale, se produisant à la première édition du festival Rock En Seine à Saint-Cloud, où elle donne en trio avec Ellis et Mick Harvey une prestation très remarquée.

L'année suivante, avec sous le bras son opus Uh-Uh Her (pour lequel elle est revenue au son très brut de ses débuts, jouant de tous les instruments sauf de la batterie) et avec un groupe encore modifié, elle remplit deux Zénith et apparaît même en décembre dans un concert gratuit organisé en banlieue parisienne, ceci par la RATP ! Son premier DVD, Please Leave Quietly, sera le témoignage de cette tournée. Juste après, elle concrétise un de ses rêves de gosse en signant ou co-signant une moitié de l'album Before The Poison de son idole de toujours Marianne Faithfull, qui l'avait rejointe sur scène au Zénith.

Intime

L'album, White Chalk, composé et enregistré au piano avec juste quelques effets de production, la voit revenir à un style plus dépouillé mais tout aussi intense qu'avant. Sur scène, elle se produit seule, alternant la guitare, le piano et l'autoharpe et se cantonne à des salles à l'ambiance plus intimiste. En 2007, A Woman A Man Walked By célèbre les retrouvailles avec le compositeur et guitariste John Parish, pour un disque entre tempête électrique et douceur acoustique.

Début 2011, Let England Shake dévoile une PJ Harvey au sommet de son art que le concept belliqueux des chansons ne doit pas masquer. A travers les douze ballades à la rage ravalée de ce dixième opus, la chanteuse rebelle se fait le témoin des guerres sanglantes menées par sa patrie. Elle parvient une nouvelle fois à réinventer son ton et son style, toujours avec grandeur.

Parmi les chanteuses et auteurs-compositeurs de sa génération, certains lui préfèrent Björk, voire Tori Amos : on peut effectivement ne pas apprécier le personnage de PJ Harvey ou sa musique, mais nul ne peut nier à quel point cette Anglaise pas comme les autres déborde d'énergie, ni qu'elle a su se faire une place unique et résolument enviable dans le paysage musical actuel, celle d'un songwriter parmi les plus prolifiques et les plus sincères. Contrairement à une idée reçue, le blues n'est pas mort et dans sa version moderne (avec guitares saturées, rythmiques brutales et chant couvrant tous les extrêmes), il a bel et bien trouvé sa madone, qui s'appelle Polly Jean Harvey. Copyright 2014 Music Story Frédéric Régent


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