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LES POULES PREFERENT LES CAGES. Quand la science et l'industrie nous font croire n'importe quoi Broché – 5 janvier 2000


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Broché, 5 janvier 2000
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Extrait

Les poules préfèrent les cages

Chaque fois que le coeur ou la raison poussent à s'indigner des cruautés infligées à des êtres sensibles pour des motifs qui les dépassent, économiques, scientifiques ou politiques, il est heureux qu'un spécialiste se dresse quelque part pour rétablir la vérité contre les préjugés. Faute de travaux approfondis ou d'études poussées, les ignorants, les imbéciles ou les naïfs ont tendance à croire spontanément, par exemple, qu'une poule, une simple poule, préfère courir au soleil, gratter la terre, battre des ailes et se percher plutôt que de piétiner dans une cage de fer où le jour ne s'aventure jamais. Par bonheur, les savants, ou plutôt, ainsi qu'ils aiment à se présenter eux-mêmes, «les membres de la communauté scientifique», qui se sont penchés sur la question avec des instruments adéquats et des méthodes éprouvées, sont là pour les détromper.

Après avoir étudié «de longues années, et, (selon l'expression du magazine professionnel La France agricole) de façon «relativement sophistiquée», le comportement de «plusieurs groupes de poules», des membres de cette communauté scientifique ont constaté qu'elles manifestaient en semi-liberté une tendance à l'agressivité et au cannibalisme, alors qu'en cage elles se contentaient de s'arracher leurs propres plumes. Les chercheurs, qui n'auront donc jamais trouvé de poules qu'en situation de conflit et en état de stress, en viendraient vite à éliminer d'office le facteur liberté pour se demander si elles n'éprouveraient pas un plus grand «bien-être» en captivité. Dans leur langage, il faut le savoir, «le bien-être d'un animal est jugé satisfaisant s'il se sent en sécurité, n'éprouve pas de douleur, ne présente pas de symptôme d'ennui ou de frustration».

La comparaison impose l'évidence : les poules préfèrent les cages.

En exagérant à peine, la question ne serait donc même pas de se demander comment une poule parvient à survivre en si dure captivité, mais bien de prouver scientifiquement qu'entre la basse-cour et la batterie industrielle, la poule préfère la cage. Il n'y aura bientôt plus lieu de s'étonner qu'à l'aube du XXIe siècle, dans une société «avancée», de haut niveau culturel, scientifique et technique, on se propose de prouver et d'imprimer, en toutes lettres, noir sur blanc, dans des publications officielles destinées à informer ou à convaincre, qu'un être à qui la nature a donné des membres pour courir, des ailes pour voler, un bec pour picorer, lorsqu'il a le choix entre la liberté et la détention préfère être incarcéré. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Revue de presse

Décapant !
Le titre de ce livre éveille la curiosité ! Pourtant, ce n'est que le froid résumé des conclusions d'une étude menée il y a quelques années par des chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique sur le comportement des poules élevées en batterie : non seulement celles-ci ne sont pas gênées par leur cage, mais elles s'y trouvent au contraire plus en sécurité qu'ailleurs. La science et l'industrie ne seraient--elles pas en train de nous faire croire n'importe quoi ?, s'insurge l'auteur. Comment en effet ne pas être ébranlé lorsque l'on sait que l'étude citée a été produite au moment même où la législation européenne s'apprêtait à imposer des cages de plus grande dimension aux éleveurs de poules ? Et si l'on peut prouver scientifiquement que les poules préfèrent les cages, ne va-t--on pas demain nous dire que les Indiens préfèrent les réserves et les esclaves leurs chaînes ?
Avec un style corrosif et véhément, Armand Farrachi dénonce la logique de destruction du productivisme et s'interroge sur le devenir d'une société qui n'hésite pas à soumettre le bien-être de l'homme et l'équilibre de la planète aux besoins de l'économie. Ce pamphlet, c'est l'écueil du genre, n'évite pas les approximations. Mais il fait rire souvent, et surtout réfléchir. --Dominique Sicot-- -- L'Entreprise


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Détails sur le produit

  • Broché: 138 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (5 janvier 2000)
  • Collection : Sciences frontières
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226113886
  • ISBN-13: 978-2226113887
  • Dimensions du produit: 20 x 1,4 x 13 cm
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile  Par Megasouk sur 8 avril 2012
Format: Broché
Comme toujours, Farrachi écrit de façon précise et juste. Cet ouvrage met en lumière pas mal d'absurdités défendues par la communauté scientifique et ouvre la voie à de nouvelles façons de penser les problématiques industrielles actuelles. Riche et clair, lu d'une traite !
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Par Guy Matthieu sur 28 novembre 2014
Format: Broché Achat vérifié
Analyse satirique de la justification scientifique d'une économie folle et sans scrupule . Plein de vérité et amusant à lire.
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1 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile  Par Alain FELER sur 1 mai 2012
Format: Broché
Ce livre, initialement écrit en 2000 et rafraîchi pour l'édition 2012, étant chaudement recommandé par l'économiste de Charlie Hebdo (Bernard Maris), j'y suis allé voir.
C'est vraiment un plaisir de lecture, une leçon de morale comme je n'en avais plus eu depuis l'école primaire (ça date), et un texte enrichissant à tous points de vue.
Bien qu'inclinant du côté de la cause animale depuis longtemps, et estimant que la nature a des droits, je n'avais jamais aussi clairement qu'ici compris le rapport intime entre ces causes et celles de nous autres, pauvres humains.
Du coup, bien que l'auteur ne cache pas sa sympathie et compassion pour les poules, canards, cochons et autres, ce livre n'est pas absolument pas réservé aux adhérents de la SPA, et justifie tout à fait son sous-titre.
Il est d'une grande éloquence, et fourmille d'indications amusantes et assez documentées, comme par exemple le post-scriptum sur la gloutonnerie naturelle des canards qui, selon une étude achetée à l'INRA par le syndicat du foie gras, disqualifie les critiques du gavage...
L'auteur a un talent particulier, comme un fabuliste, pour donner une portée universelle aux faits particuliers qu'il relate et commente.
Son livre pourrait bien devenir un jour un classique de la littérature d'avertissement.
---
De plus, sa maison d'édition, Yves Michel, a l'air bien sympathique et mérite d'être soutenue.
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