Parmi l'information phénoménale contenue dans ce livre, il est parfois difficile de suivre son principal fil conducteur: le christianisme s'est greffé sur le paganisme et la religion juive (L'Ancien Testament). Les dirigeants chrétiens (les évêques) ont pris ces morceaux de ces deux religions qui leur semblaient les plus appropriés pour servir leurs intérêts personnels.
Influence du paganisme
Dans les premiers siècles AD les païens croyaient encore fermement que leurs dieux étaient utiles pour la protection de leurs villes contre des fléaux et des tremblements de terre. Pour eux, une apparence posthume n'était pas une nouveauté et le fait que Dieu rendait visite à l'homme sur terre était considéré comme un événement tout à fait normal. Les oracles avaient une importance capitale dans leur vie personnelle, politique ou sociale. Des textes d'oracles ont été pillés et copiés à volonté par tous les prêcheurs chrétiens. De vieux Apollons (de Delphi, Claros ou Didymes) nous parlent encore aujourd'hui.
La foi chrétienne et le péché
Les Pères de l'Eglise n'ont jamais encouragé une révolution sociale dans les sociétés qui étaient pourtant basées sur l'esclavage. Ils ont prêché l'humilité, le détachement du monde, l'égalité et l'amour universel à leurs paroissiens. Mais eux, par contre, amassaient des fortunes énormes. Ils se sont même donné (et toute leur bureaucratie) des salaires (ce qui avant était considéré comme une hérésie).
Cardinalement, ils ont introduit la notion de péché dans leur credo, ce qui a modifié fondamentalement l'attitude des gens envers la seule certitude de leur vie: la mort.
Pour les païens, une résurrection corporelle était considérée comme absurde, mais certainement pas pour les évêques. Comme l'a écrit Origène d'Alexandrie: `les terreurs de l'enfer sont une pure invention, mais il faut matraquer verbalement nos simples croyants afin de les effrayer.'
La foi chrétienne est à l'origine d'une importante augmentation de l'intolérance dans le monde, aussi bien contre d'autres sectes chrétiennes que contre les païens.
Les martyrs et leurs vies inventées (la fiction chrétienne) ont été utilisés comme de la pure propagande: `peu de chrétiens sont morts pour leur foi, on peut facilement les compter sur deux mains.' (Origène)
Les évêques fronçaient les sourcils quand leurs paroissiens se mariaient pour une deuxième fois et propageaient la chasteté. Les vierges, en tant qu'héritières de la propriété de leurs parents, ainsi que les veuves, pourraient alors faire don de leurs héritages à l'Eglise (aux évêques) pour sauver leurs âmes.
Autorité (ayez peur de votre évêque comme pour un roi et honorez le comme un dieu!)
Les évêques étaient nommés à vie (une aberration pour les païens). Les élections dans l'Eglise étaient des histoires de pots de vin, de factions et de distributions de cadeaux. Ceux qui avaient été élus, n'avaient que des yeux pour les richesses de l'Eglise.
Pour Origène, les évêques devaient se comporter comme des tyrans: effrayer les gens et se rendre inaccessible. `Nous sommes plus sauvages avec nos pétitionnaires que n'importe quel pouvoir civil.'
Constantin
L'empereur romain Constantin s'est battu pour le trône sous le drapeau chrétien contre son adversaire principal païen, Licinius. Après sa victoire, il s'est converti, étant un semi-arien, à la bannière gagnante. Tout en souhaitant installer l'unité parmi les chrétiens, il a été immédiatement confronté à la violence sectaire chrétienne. De plus, les Pères de l'Eglise lui ont demandé de valider tout de suite tous les legs que l'Eglise avait reçu: `un sujet particulièrement sensible en raison de la présence du clergé au moment de la mort.'
Plus tard, l'Eglise lui a demandé d'être intolérant pour l'ensemble du culte païen.
Robin Lane Fox a écrit une étude scientifique lucide, mémorable et accablante, basée sur une bibliographie phénoménale et une analyse minutieuse des principaux textes historiques.
Ce livre est une lecture obligatoire pour tous ceux qui s'intéressent à la vraie nature des dogmes chrétiens et à l'histoire de l'humanité.