La première scène, liée au générique, est ahurissante. Une formidable cavalcade où le martèlement des chevaux frappant la terre au galop est d'une incroyable percussion, un son sourd pénètre cette terre rocailleuse et assomme le spectateur (moi en l'occurrence). Je sens déjà la sauvagerie de la scène, les malfrats deviennent barbares, cruels, sans pitié pour ces travailleurs. Quelques instants plus tard, Clint entre en scène pour aider l'un de ces pauvres. Justicier ou malfrat, ce n'est que plus tard que je me rends compte qu'il n'est en fait ni l'un ni l'autre, juste un pasteur, un prêcheur, un prédicateur aux méthodes peu orthodoxes.
Clint est fidèle à lui-même et à ses convictions. Qu'il porte ou non le col blanc, il garde son regard impénétrable et envoutant. Toujours impeccable, encore plus mystérieux, le « cavalier solitaire » arrive de nulle part, vient en aide aux plus faibles, avant de repartir vers l'inconnu sans demander son reste. Clint, alias le Pale Rider en VO, est un ange solitaire venu du ciel, chevauchant avec son col blanc et sa couverture les plaines pour prêcher la bonne parole. Et là où les mots ne suffisent plus, il y a les poings et les balles pour aider à faire passer le message.
Le scénario en lui-même reste basique (ce n'est qu'un western, après tout). D'ailleurs, la fin ne nous échappera pas et semble parfaitement connu dès le début. Alors quel intérêt porter à revoir ce film ? Clint d'abord, acteur - réalisateur. Grandiose ! Le décor aussi, fabuleux. LaHood se situe en Californie, mais loin de la plage et du soleil, au bord de montagnes enneigées et de forêts de séquoias géants. Lumineux et Grandiose... La scène du début avec cette incroyable cavalcade (je ne m'en suis toujours pas remis) qui cogne encore plus fort dans mes tympans, je ressens encore les soubresauts de mon caeur à chaque coup de sabot sur la terre ferme et poussiéreuse. Grandiose et Assourdissant... Le combat final dans une ville poussiéreuse et quasi fantomatique : Clint face à ces sept mercenaires qui va tous les tuer un à un, tranquillement, sereinement et sa façon de marcher qui, à chaque pas, fait tilter les éperons de ses santiags. Grandiose...